Pôle Patrimoine & Transmission, Assurance-vie

La clause bénéficiaire d'assurance-vie

La clause bénéficiaire est la disposition qui désigne, au contrat d'assurance-vie, la ou les personnes qui recevront le capital au décès de l'assuré. Sa rédaction commande l'efficacité de la transmission : une clause standard « mon conjoint, à défaut mes enfants » convient rarement aux patrimoines construits. Le cabinet accompagne la rédaction sur mesure, la clause démembrée (usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants), la clause à options et l'articulation avec la fiscalité des articles 990 I et 757 B du CGI.

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Pourquoi la clause bénéficiaire mérite une rédaction sur mesure

La clause bénéficiaire prime sur le testament et échappe, dans une large mesure, aux règles de la succession : le capital d'assurance-vie n'entre pas dans l'actif successoral (Code des assurances, article L. 132-12) et se transmet au bénéficiaire désigné selon les termes exacts de la clause. C'est précisément pourquoi sa formulation doit être pensée avec la même rigueur qu'un acte de transmission.

Le contrat peut être modifié à tout moment tant que le bénéficiaire n'a pas accepté sa désignation : l'article L. 132-8 du Code des assurances régit la faculté de désigner et de révoquer librement le bénéficiaire. Une acceptation prématurée fige le contrat et prive le souscripteur de toute latitude de rachat ou de changement, un point que le cabinet sécurise systématiquement.

La fiscalité dépend de l'âge de l'assuré au moment du versement des primes. Les primes versées avant 70 ans relèvent de l'article 990 I du CGI ; celles versées après 70 ans relèvent de l'article 757 B. Une clause bien rédigée répartit les capitaux entre bénéficiaires en tenant compte de ces deux régimes et des abattements propres à chacun.

La maison privilégie un nombre limité d'interventions afin de garantir l'implication directe des associés sur chaque dossier, et évalue systématiquement la pertinence d'une intervention avant tout engagement.

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Nos interventions sur la clause bénéficiaire

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Rédaction sur mesure

La clause type proposée par l'assureur ne reflète pas les équilibres familiaux ni les objectifs patrimoniaux. Le cabinet rédige une clause adaptée à votre situation réelle.

  • Désignation nominative ou par qualité, avec rangs et représentation en cas de prédécès
  • Répartition différenciée entre bénéficiaires selon leurs abattements respectifs
  • Coordination avec le plan de transmission global et les libéralités déjà consenties
  • Prévention de la requalification en primes manifestement exagérées (C. assur. art. L. 132-13)
  • Sécurisation de la faculté de révocation (C. assur. art. L. 132-8), dépôt de la clause chez un tiers de confiance
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Clause démembrée

Attribuer l'usufruit au conjoint survivant et la nue-propriété aux enfants permet de protéger le conjoint tout en transmettant le capital à la génération suivante.

  • Usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants, un capital, deux niveaux de protection
  • Mise en place d'un quasi-usufruit sur les sommes d'argent (C. civ. art. 587)
  • Rédaction d'une convention de quasi-usufruit encadrant l'emploi des fonds et la créance de restitution
  • Répartition de l'abattement de 152 500 € entre usufruitier et nu-propriétaire au prorata (CGI art. 990 I)
  • Constitution de la créance de restitution, déductible de l'actif successoral au second décès
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Clause à options & articulation fiscale

La clause à options laisse au conjoint le choix, au dénouement, de la quotité qu'il souhaite recevoir, un outil de souplesse rare, à manier avec précision.

  • Clause à options : le conjoint retient une quotité (par exemple 100 %, 75 % ou la nue-propriété), le solde revenant aux enfants
  • Optimisation croisée des régimes 990 I (avant 70 ans) et 757 B (après 70 ans)
  • Exonération totale du conjoint ou partenaire de PACS (loi TEPA du 21 août 2007)
  • Non-taxation du capital démembré au conjoint survivant (réponse ministérielle Ciot du 23 février 2016)
  • Articulation avec les enveloppes financières du foyer, voir fiscalité financière
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Expert référent, Jonathan Bensaid

Associé fondateur du cabinet, Jonathan Bensaid conduit les dossiers de transmission patrimoniale et de planification successorale, dont la rédaction des clauses bénéficiaires complexes, les configurations démembrées et l'articulation entre assurance-vie, quasi-usufruit et libéralités. Il intervient en France et sur les dossiers franco-suisses entre Paris et Genève, en coordination avec les banques privées et les family offices.

  • Clause bénéficiaire
  • Clause démembrée
  • Quasi-usufruit
  • Assurance-vie, 990 I & 757 B
  • Planification successorale
  • France · Suisse
— FAQ

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la clause bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie ?

La clause bénéficiaire est la stipulation par laquelle le souscripteur désigne la ou les personnes qui recevront le capital au décès de l'assuré. Régie par l'article L. 132-8 du Code des assurances, elle peut désigner les bénéficiaires nommément ou par qualité (le conjoint, les enfants nés ou à naître). Le capital versé au bénéficiaire désigné ne fait, en principe, pas partie de la succession de l'assuré (C. assur. art. L. 132-12), ce qui confère à sa rédaction une portée patrimoniale déterminante.

Pourquoi éviter la clause bénéficiaire type de l'assureur ?

La clause standard « mon conjoint, à défaut mes enfants par parts égales, à défaut mes héritiers » ignore la structure réelle du patrimoine, les familles recomposées, les écarts d'abattement entre bénéficiaires et les objectifs de protection du conjoint. Une clause sur mesure permet de répartir le capital entre les régimes des articles 990 I et 757 B du CGI, d'intégrer un démembrement, d'organiser la représentation en cas de prédécès et d'éviter la requalification des primes en primes manifestement exagérées (C. assur. art. L. 132-13).

Comment fonctionne la clause bénéficiaire démembrée ?

La clause démembrée attribue l'usufruit du capital au conjoint survivant et la nue-propriété aux enfants. Le conjoint dispose des fonds sa vie durant, les enfants recueillant la pleine propriété à son décès sans nouvelle taxation. Lorsque l'usufruit porte sur des sommes d'argent, il prend la forme d'un quasi-usufruit (Code civil, article 587) : le conjoint peut employer librement les capitaux, à charge de restitution d'une somme équivalente. Voir notre page dédiée au quasi-usufruit.

Comment se répartit l'abattement de 152 500 € en cas de clause démembrée ?

Pour les primes versées avant 70 ans, l'article 990 I du CGI ouvre un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € et de 31,25 % au-delà. En présence d'un démembrement, l'usufruitier et le nu-propriétaire sont réputés bénéficiaires chacun à hauteur de leur part, déterminée selon le barème de l'article 669 du CGI. L'abattement de 152 500 € se partage alors entre eux au prorata de leurs droits respectifs. Une répartition précise dans la clause évite les mauvaises surprises fiscales.

Quelle fiscalité pour les primes versées après 70 ans ?

Les primes versées après le 70e anniversaire de l'assuré relèvent de l'article 757 B du CGI. Seul le montant des primes excédant un abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires confondus) est soumis aux droits de succession, selon le lien de parenté. Les produits et intérêts générés par ces primes demeurent, eux, exonérés. Il est souvent judicieux de désigner des bénéficiaires distincts pour les primes relevant du 990 I et celles relevant du 757 B.

Le conjoint ou le partenaire de PACS est-il taxé sur le capital reçu ?

Non. Le conjoint survivant et le partenaire lié par un PACS sont totalement exonérés des droits et prélèvements sur le capital d'assurance-vie, en application de la loi TEPA du 21 août 2007. Cette exonération vaut tant pour les capitaux relevant de l'article 990 I que pour ceux relevant de l'article 757 B. Le démembrement de la clause au profit du conjoint usufruitier reste néanmoins utile pour organiser la transmission aux enfants nus-propriétaires.

Qu'apporte la réponse ministérielle Ciot en matière de clause démembrée ?

La réponse ministérielle Ciot du 23 février 2016 a mis fin à une incertitude : lorsque le conjoint survivant est désigné usufruitier d'une clause bénéficiaire démembrée, il n'est redevable d'aucun prélèvement ni droit au dénouement du contrat, du fait de son exonération légale. Les enfants nus-propriétaires bénéficient quant à eux de l'abattement de 152 500 € au prorata de leur part. La créance de restitution née du quasi-usufruit sera déductible de l'actif successoral au second décès, ce qui allège la transmission finale.

Qu'est-ce qu'une clause à options et à qui s'adresse-t-elle ?

La clause à options laisse au bénéficiaire de premier rang, le plus souvent le conjoint, la faculté de choisir, au décès, la quotité du capital qu'il souhaite recevoir : la totalité, une fraction, ou seulement l'usufruit. Le solde revient alors aux bénéficiaires de rang suivant, généralement les enfants. Cette souplesse permet d'ajuster la transmission à la situation réelle du foyer au jour du décès, sans figer par avance une répartition qui pourrait s'avérer inadaptée. Sa rédaction exige une grande précision pour éviter toute ambiguïté d'interprétation.

Cité par

Une clause bénéficiaire à rédiger ou à réviser ?

Premier échange confidentiel, sans engagement. Nous répondons sous 48h ouvrées.

Jonathan Bensaid, avocat fondateur

Article rédigé par

Me Jonathan Bensaid, avocat fiscaliste, fondateur du cabinet Bensaid Avocats, inscrit aux Barreaux de Paris & Genève.