Recodification — TVA

À compter du 1er septembre 2026, les dispositions du CGI relatives à la TVA basculent vers le Code des impositions sur les biens et services (CIBS), Livre II (ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025). Il s'agit d'une recodification à droit constant — la règle de fond reste identique, seule la numérotation évolue. Les références actuelles au CGI demeurent juridiquement valables jusqu'au 31 décembre 2027 (période de transition).

TVA — Procédure de contrôle des remboursements

Contrôle du remboursement
de crédit de TVA :
la procédure LPF L.198 A

Depuis le 1er janvier 2017, l'administration fiscale dispose d'une procédure spécifique pour contrôler sur place les demandes de remboursement de crédit de TVA — codifiée à l'article L.198 A du LPF. Cette procédure, qui s'ajoute aux contrôles classiques, encadre strictement les délais et les modalités d'intervention. L'administration dispose de 60 jours à compter de la première intervention sur place pour rendre sa décision, et d'un délai global de 6 mois au-delà duquel le silence vaut rejet tacite. Si l'administration ne respecte pas ces délais sans rendre de décision, il est fait droit à la demande de remboursement — un mécanisme protecteur du contribuable. Cette page synthétise la procédure et les bonnes pratiques pour faire valoir ses droits.

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— En bref
Texte applicable
LPF art. L.198 A (depuis 1/1/2017)
Délai de décision
60 jours à compter de la 1re intervention sur place
Délai total
6 mois — silence = rejet tacite
Sanction
Délais expirés sans décision = remboursement automatique
Doctrine
BOFiP BOI-CTX-PREA-20 (MAJ 15/05/2024)
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Une procédure encadrée — l'opportunité du contribuable diligent

Le remboursement d'un crédit de TVA est l'une des respirations financières les plus importantes pour les entreprises à activité d'investissement (immobilier, équipement) ou à coefficient d'exportation élevé. La procédure d'instruction sur place de l'article L.198 A du LPF, instituée par la loi de finances pour 2017, encadre les contrôles que l'administration peut diligenter sur ces demandes.

L'enjeu est opérationnel : la procédure n'a pas vocation à bloquer indéfiniment les remboursements. Les délais imposés à l'administration (60 jours à compter de la première intervention, 6 mois maximum total) protègent le contribuable contre les blocages abusifs. Si l'administration ne respecte pas ces délais sans rendre de décision motivée, le remboursement est de droit.

Le cabinet accompagne les entreprises confrontées à un contrôle sur leurs demandes de remboursement : préparation de la documentation, suivi des délais, dialogue avec le service vérificateur, défense en cas de rejet tacite ou explicite, contentieux le cas échéant.

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5 étapes de la procédure de contrôle (LPF L.198 A)

1. Dépôt de la demande de remboursement

La demande est déposée simultanément à la déclaration CA3 (formulaire 3519 pour le régime général) ou via la procédure dédiée. La demande est assimilée à une réclamation contentieuse et instruite comme telle. La date de dépôt fait courir les délais opposables à l'administration.

2. Instruction sur place — première intervention

L'administration peut décider de procéder à une instruction sur place dans les locaux de l'entreprise. La première intervention est précédée d'un avis d'instruction précisant les modalités et la date. À compter de cette première intervention, le délai de 60 jours commence à courir pour la décision.

3. Délai de 60 jours pour décision

L'administration dispose de 60 jours à compter de la première intervention sur place pour rendre sa décision (acceptation, rejet partiel ou rejet total). Ce délai contraint la durée du contrôle — au-delà, l'administration ne peut plus prolonger sa demande de pièces ou son analyse. Le respect de ce délai est essentiel pour la défense du contribuable.

4. Délai global de 6 mois

L'administration dispose au total de 6 mois à compter du dépôt de la demande pour rendre sa décision. Au-delà de ce délai, le silence vaut rejet tacite. Mais surtout : si aucune décision n'est rendue dans les délais (60 jours après 1re intervention, ou 6 mois total), il est fait droit à la demande — la situation devient automatiquement favorable au contribuable. Le suivi rigoureux des délais est donc cruciale.

5. Voies de recours

En cas de rejet (explicite ou tacite), le contribuable dispose des voies de recours classiques : recours hiérarchique auprès du service supérieur, recours contentieux devant le tribunal administratif (puis CAA et Conseil d'État). La demande de remboursement étant assimilée à une réclamation contentieuse, le délai de saisine du tribunal court à compter de la décision (explicite ou tacite après 6 mois).

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Notre approche au cabinet

Le cabinet accompagne les entreprises sous contrôle L.198 A : préparation de la documentation justificative en amont, suivi des délais et du déroulement des interventions sur place, dialogue argumenté avec le vérificateur, recours hiérarchique en cas de rejet, contentieux devant les juridictions administratives.

Pour les contrôles à enjeu (montants importants, opérations complexes), nous préparons en amont un dossier de réponse type qui anticipe les demandes du vérificateur et démontre la cohérence économique et juridique des opérations sous-jacentes au crédit de TVA.

— Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure de l'article L.198 A du LPF ?

La procédure d'instruction sur place des demandes de remboursement de crédit de TVA, codifiée à l'article L.198 A du LPF et applicable depuis le 1er janvier 2017. Cette procédure permet à l'administration de contrôler sur place les pièces justifiant le crédit de TVA, en encadrant strictement les délais et les modalités. Elle se distingue des contrôles classiques par sa rapidité et son cadre formalisé.

Quels sont les délais imposés à l'administration ?

Deux délais cumulatifs : (1) 60 jours à compter de la première intervention sur place pour rendre la décision ; (2) 6 mois maximum à compter du dépôt de la demande de remboursement. Au-delà du délai de 6 mois, le silence de l'administration vaut rejet tacite. Mais si aucune décision n'est rendue dans les délais, il est fait droit à la demande — protection forte du contribuable.

Que faire en cas de rejet du remboursement ?

Trois voies de recours : (1) recours hiérarchique auprès du service supérieur (interlocuteur départemental ou régional) ; (2) réclamation contentieuse complémentaire argumentée ; (3) recours contentieux devant le tribunal administratif (la demande de remboursement étant assimilée à une réclamation, le délai de saisine du TA court à compter de la décision explicite ou tacite). Une stratégie graduée est généralement la plus efficace.

Quels documents préparer pour faciliter l'instruction ?

Documents typiques demandés par l'administration : factures d'amont détaillées (avec vérification des mentions obligatoires de l'art. 242 nonies A annexe II), pièces justifiant le droit à déduction (affectation à l'activité taxable), déclarations antérieures CA3 et historique du crédit, contrats clés (acquisition, travaux, locations) sous-jacents aux montants déduits, justification de la qualité d'assujetti et de l'affectation. Une préparation en amont accélère considérablement l'instruction.

L'instruction sur place peut-elle déboucher sur un contrôle plus large ?

Oui, indirectement. Si l'instruction sur place révèle des irrégularités significatives (factures non conformes, déductions abusives, situation incohérente), l'administration peut élargir le contrôle au-delà du seul remboursement et engager une vérification de comptabilité classique. La rigueur dans la préparation du dossier de remboursement est donc essentielle pour ne pas ouvrir cette porte.

Quels intérêts moratoires en cas de remboursement tardif ?

Si le remboursement intervient après les délais (ou est obtenu sur recours contentieux), le contribuable peut prétendre aux intérêts moratoires (LPF art. L.208) au taux de l'intérêt de retard (CGI art. 1727 — 0,20 %/mois soit 2,40 %/an), à compter de la date à laquelle le remboursement aurait dû intervenir. Ces intérêts compensent partiellement le préjudice financier d'un blocage prolongé.

Une demande de remboursement de crédit TVA contrôlée ou bloquée ?

Premier échange confidentiel pour analyser la procédure, suivre les délais, et défendre vos intérêts auprès du vérificateur ou en contentieux.

François Ouairy, avocat associé

Article rédigé par

Me François Ouairy, avocat associé en charge du bureau de Paris, expert en fiscalité immobilière, fiducie et fiscalité financière.