TVA hôtel : murs d’hôtel, SCI, bail commercial, taux et risques | BENSAID Avocats

TVA hôtel : murs d’hôtel, SCI, bail commercial, taux et risques

La TVA hôtel ne concerne pas seulement les prestations facturées aux clients. Elle touche aussi la location des murs d’hôtel, notamment lorsque l’immeuble est détenu par une SCI et donné à bail commercial à une société d’exploitation. C’est un point de structuration majeur, avec un risque direct de redressement fiscal en cas d’erreur de traitement.

TVA hôtel : rappel des règles applicables

En principe, les locations immobilières relèvent du champ de la TVA, mais certaines sont exonérées. L’article 261 D du CGI prévoit ainsi l’exonération de nombreuses locations de logements meublés à usage d’habitation. Cette exonération connaît toutefois plusieurs exceptions importantes en matière d’hôtellerie et de parahôtellerie.

Sont notamment taxées de plein droit les prestations d’hébergement fournies dans le secteur hôtelier ou dans des secteurs ayant une fonction similaire. La doctrine administrative récente précise également le régime des prestations parahôtelières et des locations assorties de services annexes.

Prestations hôtelières

Les prestations fournies dans les hôtels et établissements comparables relèvent de la TVA de plein droit.

Prestations parahôtelières

La TVA peut aussi s’appliquer à l’hébergement meublé lorsque les conditions du régime parahôtelier sont réunies.

Locations à l’exploitant

La location des locaux consentie à l’exploitant hôtelier suit un régime spécifique souvent mal anticipé lors de la structuration.

Location des murs d’hôtel : pourquoi la TVA s’applique aussi à la SCI

Dans de nombreux groupes hôteliers, une société d’exploitation rend les prestations aux clients, tandis qu’une société de détention, souvent une SCI ou une SNC, détient les murs de l’hôtel et les donne à bail commercial à l’exploitant.

Cette structuration répond à des objectifs patrimoniaux, de refinancement et de transmission. Mais sur le plan fiscal, elle implique une vigilance particulière : la location des murs d’un hôtel n’est pas traitée comme une simple location nue exonérée.

En effet, les locations de locaux nus, meublés ou garnis consenties à l’exploitant d’un établissement d’hébergement hôtelier ou parahôtelier sont en principe soumises de plein droit à la TVA. En pratique, cela signifie que la société bailleresse doit facturer la TVA sur les loyers, même si elle n’exploite pas elle-même l’hôtel.

Point clé : le caractère civil de la SCI, l’absence de prestations commerciales fournies par le bailleur ou même le silence du bail sur la TVA ne suffisent pas à écarter l’imposition.

TVA hôtel : ce qu’a jugé le tribunal administratif de Nîmes

Dans un jugement du 10 janvier 2024, TA de Nîmes, n° 2103946, une SCI propriétaire de locaux à usage d’hôtel, donnés à bail commercial à une société d’exploitation, contestait les rappels de TVA mis à sa charge.

Le tribunal a confirmé le redressement fiscal. Il a rappelé que le propriétaire qui loue des locaux à l’exploitant d’un établissement hôtelier imposable à la TVA est lui-même imposable à la TVA sur ces loyers.

Location civile nue

Le fait que les murs soient loués nus est sans incidence dès lors que la destination finale des locaux est l’exploitation hôtelière.

Absence de services du bailleur

Le bailleur ne peut pas se défendre en soutenant qu’il ne fournit pas lui-même de prestations commerciales ou hôtelières.

Clause du bail

L’absence de clause TVA dans le bail commercial ne neutralise pas l’application de la TVA de plein droit.

SCI hôtel et TVA : quels risques en cas d’erreur ?

Le principal risque est le rappel de TVA sur plusieurs exercices, avec intérêts de retard et, selon les cas, majorations. C’est un sujet classique dans les contrôles sur pièces et dans les vérifications portant sur les structures hôtelières ou para-hôtelières.

  • TVA non facturée sur les loyers des murs d’hôtel.
  • Erreur de ventilation entre activités soumises à des régimes ou taux différents.
  • Mauvaise articulation entre exploitation hôtelière, restauration, salles de réunion et espaces privatifs.
  • Traitement erroné du droit à déduction sur les travaux ou l’acquisition de l’immeuble.

Quelques conseils pratiques pour sécuriser la TVA d’un hôtel

1. Vérifier la structuration dès le bail

Le traitement TVA doit être sécurisé dès la rédaction du bail commercial et non après un contrôle fiscal.

2. Confirmer le taux applicable

Le taux de 10 % est en principe applicable aux loyers entrant dans ce régime spécifique, mais la ventilation doit être maîtrisée.

3. Sécuriser le droit à déduction

La société de détention peut, sous conditions, récupérer la TVA sur l’acquisition ou les travaux affectés aux murs d’hôtel.

4. Documenter la ventilation

Un hôtel combine souvent plusieurs usages. La méthode de ventilation de TVA doit être robuste, cohérente et documentée.

En pratique, il est souvent inutile de formuler une option à la TVA pour la partie strictement hôtelière lorsque la taxation résulte déjà de plein droit du CGI. En revanche, il est essentiel d’analyser précisément les surfaces, les usages et les flux pour éviter un redressement.

FAQ TVA hôtel

La location des murs d’un hôtel est-elle soumise à la TVA ?

Oui. Les locations de locaux consenties à l’exploitant d’un établissement hôtelier ou parahôtelier sont en principe taxées de plein droit à la TVA.

Une SCI qui loue les murs d’un hôtel doit-elle facturer la TVA ?

Oui, en principe. La SCI bailleresse est redevable de la TVA sur les loyers lorsqu’elle donne les locaux à bail à une société exploitant une activité hôtelière imposable.

Quel taux de TVA s’applique aux murs d’hôtel ?

Le taux réduit de 10 % s’applique en principe à ces locations lorsqu’elles relèvent du régime spécifique de l’article 261 D, 4° du CGI.

Faut-il exercer une option à la TVA pour les murs d’un hôtel ?

Non, pas pour la partie relevant de la taxation de plein droit. Il faut en revanche bien qualifier les surfaces et usages qui relèvent d’autres règles.

Le bail peut-il exclure la TVA si les parties ne l’ont pas prévue ?

Non. Le silence du bail ou l’absence de stipulation relative à la TVA n’empêche pas l’administration de rappeler la taxe si le régime légal impose la taxation.

© BENSAID Avocats — Les informations publiées sur cette page ne constituent pas un conseil juridique. Mise à jour : .

François Ouairy avocat fiscaliste Paris spécialisé en fiscalité immobilière, fiducie et contentieux fiscal
François Ouairy
Avocat associé en charge du bureau de Paris
Fiscalité immobilière · Fiducie · Fiscalité financière

Nous contacter

Notre approche commence par une évaluation approfondie de votre situation. Nous vous invitons à compléter ce formulaire avec précision afin de nous permettre d'apprécier la pertinence d'une intervention.

Délai de réponse : 48 heures ouvrées

BENSAID avocats se classe parmi les meilleurs en TVA et fiscalité immobilière

Notre approche

Le cabinet privilégie un nombre limité d’interventions afin de garantir l’implication directe des associés sur chaque dossier.

Nous évaluons systématiquement la pertinence d’une intervention avant tout engagement.

Notre expertise
Explorez nos domaines et cas pratiques

Notre écosystème juridique Fiducie-Sûreté | Fiducie Gestion | Bensaid Avocats