Fiscalité immobilière — Le dossier

Droits de mutation : maîtriser les DMTO

Les droits de mutation à titre onéreux représentent, en 2026, 6,32 % du prix d'un immeuble ancien dans la majorité des départements, au titre de la hausse départementale applicable aux actes passés et aux conventions conclues du 1er avril 2025 au 31 mars 2028 — souvent le premier poste de frottement d'une opération immobilière. Le CGI offre aux assujettis à la TVA deux régimes qui changent l'économie d'une acquisition : l'engagement de revendre (TPF à 0,715 %) et l'engagement de construire (droit fixe de 125 €). Cette page rassemble l'ensemble du dossier : les deux engagements, leurs souplesses et leurs contentieux.

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— En bref
Taux 2026
6,32 % (immeuble ancien, taux standard, jusqu'au 31 mars 2028) · 5,81 % dans les onze départements restés à 4,50 % (5,09 % dans l'Indre) · 0,715 % (immeuble neuf vendu sous TVA sur le prix total) · +0,6 % bureaux, locaux commerciaux et de stockage en Île-de-France (CGI, art. 1599 sexies)
Levier n° 1
Engagement de revendre : TPF à 0,715 % contre revente dans les 5 ans (CGI art. 1115)
Levier n° 2
Engagement de construire : droit fixe de 125 € contre production d'un immeuble neuf dans les 4 ans (CGI art. 1594-0 G A)
Souplesses
Substitution entre engagements, prorogation, reprise par un sous-acquéreur
Pour qui
Marchands de biens, promoteurs, foncières et tout assujetti à la TVA
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Les droits de mutation en 2026

La vente d'un immeuble ancien supporte les DMTO au taux global de 6,32 % dans la majorité des départements, conséquence de la hausse du droit départemental votée en loi de finances 2025 et applicable jusqu'au 31 mars 2028. Onze départements sont restés au taux de 4,50 %, soit 5,81 % au global (Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Ardèche, Charente, Drôme, Lozère, Oise, Hautes-Pyrénées, Saône-et-Loire, Guadeloupe, Mayotte), et l'Indre à 3,80 %, soit 5,09 % (tableau DGFiP des taux au 1er juin 2026). Les bureaux, locaux commerciaux et locaux de stockage situés en Île-de-France supportent en outre une taxe additionnelle de 0,6 % (CGI, art. 1599 sexies), sauf lorsque la vente est soumise à la TVA et relève du taux de 0,715 %.

La vente d'un immeuble neuf (achevé depuis moins de cinq ans) n'acquitte que la taxe de publicité foncière au taux de 0,715 % lorsqu'elle est soumise à la TVA sur le prix total (CGI, art. 1594 F quinquies, A) ; revendu par un particulier, ou vendu sous le régime de la TVA sur la marge, le même immeuble supporte les droits de droit commun. Des travaux d'envergure (gros œuvre, façades hors ravalement, surélévation, remise à neuf aux deux tiers de chacun des six éléments de second œuvre) peuvent rendre un bien ancien neuf au sens fiscal.

Pour les assujettis à la TVA, ces taux ne sont pas une fatalité : deux engagements pris dans l'acte d'acquisition permettent de ramener la charge à 0,715 %, voire à un simple droit fixe. C'est là que se joue l'économie réelle d'une opération d'achat-revente ou de promotion.

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Les deux engagements du CGI

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L'engagement de revendre

TPF à 0,715 % contre revente dans les 5 ans (CGI art. 1115) — l'outil quotidien du marchand de biens :

  • Ouvert à tout assujetti à la TVA depuis 2010
  • Exécuté par une revente à tout moment dans le délai ; délai réduit à 2 ans pour les ventes à la découpe
  • ~16 800 € d'économie sur une acquisition de 300 000 €
Lire la page engagement de revendre
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L'engagement de construire

Droit fixe de 125 € contre production d'un immeuble neuf dans les 4 ans (CGI art. 1594-0 G A) :

  • Construction, surélévation, remise à neuf ou achèvement
  • Prorogation d'un an renouvelable, sur demande motivée
  • ~25 000 € d'économie sur une acquisition de 400 000 €
Lire la page engagement de construire
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Choisir — et pouvoir changer

Le choix se fait à l'acte, mais il n'est pas irréversible :

  • Substitution d'engagements : passer de l'engagement de revendre à l'engagement de construire sans droit supplémentaire ; ou, dans les cinq ans de l'acquisition initiale, remplacer l'engagement de construire par un engagement de revendre, moyennant la taxe de 0,715 % et l'intérêt de retard décompté du premier jour du mois suivant l'expiration du délai légal de présentation de l'acte initial à la formalité (CGI, art. 1594-0 G, A, II ; BOI-ENR-DMTOI-10-40, § 500)
  • Reprise par un sous-acquéreur lui-même assujetti : transmettre l'engagement en cours de délai
  • Vue d'ensemble des engagements du marchand de biens
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Souplesses, échéances et contentieux

La vie d'un engagement ne s'arrête pas à l'acte : délais qui se resserrent, projets qui évoluent, administration qui conteste. Le dossier complet, page par page.

Proroger un engagement de construire

La demande d'un an renouvelable : forme, délai d'un mois, acceptation tacite à deux mois. Lire la page.

Proroger un engagement de revendre

Aucune prorogation prévue par l'article 1115, hors le cas des immeubles en ZAC acquis par l'aménageur (CGI art. 1594-0 G, A, IV bis). Avant l'échéance, seule la substitution d'un engagement de construire ouvre un nouveau délai. Lire la page.

Le délai réduit de deux ans

Ventes à la découpe et droit de préemption du locataire : la computation du délai de deux ans, lot par lot. Lire l'analyse.

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Notre approche au cabinet

Le cabinet intervient sur l'ensemble du cycle des droits de mutation : structuration pré-acquisition — choix de l'engagement, qualification de l'assujettissement, articulation avec la TVA immobilière —, rédaction des clauses aux côtés du notaire, suivi des délais, substitutions et reprises, et défense en contrôle et au contentieux lorsque l'administration remet le régime en cause.

Cette pratique s'appuie sur une activité soutenue en TVA immobilière — les deux matières se répondent à chaque étape d'une opération — et sur des publications régulières dans les revues des praticiens (Defrénois, Lextenso).

Le cabinet est reconnu pour sa pratique de la TVA et de la fiscalité immobilières (forte notoriété Leaders League, cabinet référencé Best Lawyers 2026 en droit fiscal).

  • Best Lawyers 2026 — Tax Law
  • Leaders League — Forte notoriété TVA
  • Publications Defrénois / Lextenso
— Questions fréquentes

Les droits de mutation en pratique

Quel est le taux des droits de mutation en 2026 ?

6,32 % pour un immeuble ancien dans la majorité des départements, 5,81 % dans les onze départements restés à 4,50 % et 5,09 % dans l'Indre (tableau DGFiP au 1er juin 2026), 0,715 % pour un immeuble neuf vendu sous TVA sur le prix total (CGI, art. 1594 F quinquies, A). Le relèvement du taux départemental à 5 %, dont procède le taux global de 6,32 %, ne vaut que pour les actes passés et les conventions conclues entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028 ; le taux de 5,81 % des onze départements restés à 4,50 % n'est pas concerné par ce terme ; pour les actes passés à compter du 1er avril 2028, le taux revient à celui en vigueur au 31 janvier 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 116, IV). Le relèvement à 5 % ne s'applique pas lorsque le bien acquis constitue pour l'acquéreur une première propriété au sens du I de l'article L. 31-10-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il est destiné à l'usage de sa résidence principale (même article, II, B) : l'acquisition reste alors taxée au taux départemental de droit commun (5,81 % dans la plupart des départements). S'y ajoute, pour les bureaux, locaux commerciaux et locaux de stockage situés en Île-de-France, une taxe additionnelle de 0,6 % (CGI, art. 1599 sexies), sauf pour les ventes relevant du taux de 0,715 %.

Comment un professionnel peut-il réduire ces droits ?

Deux régimes, réservés aux assujettis à la TVA : l'engagement de revendre (TPF à 0,715 %, revente sous 5 ans) et l'engagement de construire (droit fixe de 125 €, immeuble neuf sous 4 ans). Le choix se chiffre opération par opération.

Des travaux peuvent-ils changer la fiscalité de mon bien ?

Oui. Des travaux d'envergure (gros œuvre, façades hors ravalement, surélévation, remise à neuf aux deux tiers de chacun des six éléments de second œuvre) peuvent rendre l'immeuble neuf au sens fiscal (CGI, art. 257, I, 2, 2°), avec des conséquences en DMTO comme en TVA. L'analyse se fait sur devis et métrés.

Que se passe-t-il si l'engagement pris n'est pas tenu ?

Les droits initialement exonérés deviennent exigibles avec l'intérêt de retard, à acquitter dans le mois qui suit l'échéance (CGI, art. 1840 G ter). Avant l'échéance, trois issues existent : la substitution vers l'autre engagement, la prorogation (accordée sur demande pour l'engagement de construire, avec acceptation tacite à défaut de refus motivé dans les deux mois ; inexistante pour l'engagement de revendre, hors ZAC) et la reprise par un sous-acquéreur lui-même assujetti.

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