— 01
Un demi-point de plus sur les acquisitions dans l'ancien
Ce que la pratique appelle « frais de notaire » recouvre pour l'essentiel des impôts : le droit départemental d'enregistrement ou la taxe de publicité foncière (article 1594 D du CGI), la taxe communale additionnelle et le prélèvement pour frais d'assiette et de recouvrement. Avant la réforme, le taux départemental était fixé par la plupart des départements au plafond de 4,50 %, portant la charge globale à environ 5,81 % du prix pour une acquisition dans l'ancien.
L'article 116 de la loi de finances pour 2025 ouvre aux conseils départementaux la faculté de relever ce taux jusqu'à 5 %, à titre temporaire. La mesure répond à la contraction des recettes de DMTO des départements consécutive au ralentissement du marché immobilier. Au 1er juin 2026, selon le tableau publié par la DGFiP, 89 départements et collectivités, dont Paris et l'ensemble de l'Île-de-France, appliquent le taux de 5 %. Onze restent à 4,50 % : Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Ardèche, Charente, Drôme, Lozère, Oise, Hautes-Pyrénées, Saône-et-Loire, Guadeloupe et Mayotte ; l'Indre conserve 3,80 %. Le tableau est mis à jour chaque mois sur impots.gouv.fr. Le calendrier est fixé par le III de l'article 116, complété par l'article 121 de la loi de finances pour 2026 : une délibération notifiée au plus tard le 15 avril 2025, ou entre le 1er décembre 2025 et le 15 avril 2026, ou entre le 1er décembre 2026 et le 15 avril 2027, s'applique aux actes passés à compter du premier jour du deuxième mois suivant sa notification ; une délibération notifiée entre le 16 avril et le 30 novembre d'une année s'applique au 1er janvier de l'année suivante.
Deux catégories d'opérations échappent au relèvement : les primo-accédants qui acquièrent leur résidence principale, expressément préservés par le texte, et les ventes de terrains à bâtir et d'immeubles neufs soumises à la TVA sur le prix total, qui restent taxées au taux réduit de 0,70 % prévu par l'article 1594 F quinquies, A du CGI (soit 0,715 % frais d'assiette compris), que le relèvement ne modifie pas. En revanche, les ventes soumises à la TVA sur la marge (article 268 du CGI) et les ventes d'immeubles anciens soumises à la TVA sur option restent au taux de droit commun, donc au taux relevé.
Depuis la loi de finances pour 2025, trois textes ont complété le dispositif sans en modifier ni le plafond de 5 % ni le terme du 31 mars 2028 : le décret n° 2025-946 du 8 septembre 2025, qui fixe les cas de dispense de l'engagement prévu par l'article 1594 F septies ; l'article 121 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, qui ouvre une nouvelle fenêtre de notification des délibérations, du 1er décembre 2026 au 15 avril 2027 ; le BOI-ENR-DMTOI-10-20 du 17 juin 2026, qui reprend la réponse ministérielle Berger.
Le cabinet privilégie un nombre limité d'interventions afin de garantir l'implication directe des associés sur chaque dossier, et évalue systématiquement la pertinence d'une intervention avant tout engagement.