Recodification — TVA

À compter du 1er septembre 2026, les dispositions du CGI relatives à la TVA basculent vers le Code des impositions sur les biens et services (CIBS), Livre II (ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025). Il s'agit d'une recodification à droit constant — la règle de fond reste identique, seule la numérotation évolue. Les références actuelles au CGI demeurent juridiquement valables jusqu'au 31 décembre 2027 (période de transition).

TVA immobilière, travaux

TVA à 10 % et 5,5 % sur les travaux dans l'habitation : régime et fin de l'attestation

Les travaux réalisés dans des locaux d'habitation achevés depuis plus de deux ans bénéficient de deux taux réduits de TVA : 10 % pour les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien (article 279-0 bis du CGI) et 5,5 % pour les travaux de rénovation énergétique (article 278-0 bis A du CGI). Ces taux sont écartés lorsque les travaux concourent à la production d'un immeuble neuf ou augmentent la surface de plancher de plus de 10 %. Depuis le 1er mars 2025, en application de la loi de finances pour 2025, l'attestation que le client devait remettre à l'entreprise est supprimée : elle est remplacée par une mention certifiée portée sur le devis ou la facture. Le cabinet sécurise le taux applicable, en amont des chantiers comme en cas de contrôle.

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— En bref
Taux de 10 %
Travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien (art. 279-0 bis du CGI)
Taux de 5,5 %
Travaux de rénovation énergétique répondant aux conditions réglementaires (art. 278-0 bis A du CGI)
Locaux visés
Locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans
Exclusions
Travaux concourant à un immeuble neuf (art. 257 du CGI), augmentation de la surface de plancher de plus de 10 %, surélévation
Formalisme 2025
Attestation supprimée, remplacée par une mention certifiée sur le devis ou la facture (LF 2025, art. 32, depuis le 1er mars 2025)
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Travaux dans l'habitation : deux taux réduits, une frontière avec l'immeuble neuf

Le principe est simple en apparence : les travaux portant sur des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans relèvent du taux de 10 % lorsqu'il s'agit de travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement ou d'entretien (article 279-0 bis du CGI), et du taux de 5,5 % lorsqu'il s'agit de travaux de rénovation énergétique remplissant les conditions de l'article 278-0 bis A du CGI.

La difficulté tient à la frontière avec l'immeuble neuf : les taux réduits sont écartés lorsque les travaux, sur une période de deux ans, concourent à la production d'un immeuble neuf au sens de l'article 257 du CGI (remise à neuf des fondations, des éléments de structure, des façades hors ravalement, ou de l'ensemble des éléments de second œuvre dans les proportions fixées par le texte) ou lorsqu'ils augmentent la surface de plancher des locaux existants de plus de 10 %. Une rénovation lourde peut ainsi basculer, dans son ensemble, au taux normal de 20 %, avec des rappels significatifs à la clé.

Le formalisme a par ailleurs changé : l'attestation que le client remettait à l'entreprise avant le commencement des travaux est supprimée par la loi de finances pour 2025 (art. 32), pour les opérations intervenues depuis le 1er mars 2025. Le client certifie désormais que les conditions d'application du taux réduit sont remplies au moyen d'une mention portée sur le devis ou la facture. La simplification est réelle, mais la responsabilité attachée à une mention inexacte demeure : le client à l'origine de l'inexactitude est solidairement tenu au paiement du complément de taxe.

Le cabinet privilégie un nombre limité d'interventions afin de garantir l'implication directe des associés sur chaque dossier, et évalue systématiquement la pertinence d'une intervention avant tout engagement.

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Le régime des taux réduits, point par point

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Le taux de 10 % : amélioration, transformation, aménagement, entretien

L'article 279-0 bis du CGI soumet au taux de 10 % les travaux portant sur des locaux d'habitation achevés depuis plus de deux ans.

  • Travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien, main-d'œuvre et matières premières ou fournitures comprises
  • Locaux affectés à l'habitation : résidence principale ou secondaire, maison ou appartement, que le client soit propriétaire, locataire ou occupant
  • Exclusion de la part correspondant à la fourniture d'équipements ménagers ou mobiliers et de certains gros équipements dont la liste est fixée par arrêté
  • Le nettoyage et l'aménagement des espaces verts restent au taux normal
02

Le taux de 5,5 % : la rénovation énergétique

L'article 278-0 bis A du CGI réserve le taux de 5,5 % aux prestations de rénovation énergétique des locaux d'habitation achevés depuis au moins deux ans.

  • Prestations de rénovation énergétique : pose, installation, adaptation ou entretien de matériaux, équipements, appareils ou systèmes ayant pour objet d'économiser l'énergie ou de recourir à des énergies renouvelables, par l'amélioration de l'isolation thermique, du chauffage et de la ventilation ou de la production d'eau chaude sanitaire
  • La nature et le contenu des prestations éligibles, ainsi que les niveaux de performance requis, sont précisés par arrêté conjoint des ministres chargés du budget, du logement et de l'énergie
  • La fourniture et l'installation de chaudières susceptibles d'utiliser des combustibles fossiles sont exclues des taux réduits par la loi de finances pour 2025, à compter du 1er mars 2025 ; l'entretien et la réparation de ces équipements obéissent à leurs règles propres
  • Articulation avec les dispositifs d'aide à la rénovation, qui obéissent à leurs propres conditions
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Les exclusions : immeuble neuf et surélévation

Les taux réduits sont écartés lorsque les travaux aboutissent, en fait, à produire un immeuble neuf.

  • Travaux qui, sur une période de deux ans, rendent à l'état neuf la majorité des fondations, la majorité des éléments hors fondations déterminant la résistance et la rigidité de l'ouvrage, la majorité de la consistance des façades hors ravalement, ou l'ensemble des éléments de second œuvre dans les proportions fixées par le texte
  • Travaux augmentant la surface de plancher des locaux existants de plus de 10 %, ou surélévation de l'immeuble
  • Conséquence : l'ensemble des travaux relève du taux normal de 20 %, et l'opération peut emporter les effets attachés à la livraison d'un immeuble neuf
  • L'appréciation est technique et globale : elle suppose souvent le concours du maître d'œuvre et une documentation soignée
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La fin de l'attestation : la mention sur le devis ou la facture

La loi de finances pour 2025 remplace l'attestation préalable par une certification portée sur le devis ou la facture.

  • Le client certifie, par une mention portée sur le devis ou la facture, que les conditions d'application du taux réduit sont remplies (nature des locaux, achèvement depuis plus de deux ans, nature des travaux)
  • L'entreprise conserve le document à l'appui de sa comptabilité, dans les délais de conservation applicables
  • En cas de mention inexacte du fait du client, celui-ci est solidairement tenu au paiement du complément de taxe ; il conserve son exemplaire et les factures jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant l'émission des factures
  • Les commentaires BOFiP publiés à la suite de la réforme (BOI-TVA-LIQ-30-20-90 et suivants) précisent les modalités pratiques de la certification, notamment pour les travaux d'urgence et les travaux réalisés en copropriété
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Notre approche

Le cabinet intervient sur la TVA applicable aux travaux immobiliers à tous les stades : qualification des travaux en amont du chantier (taux de 10 %, de 5,5 % ou taux normal), analyse de la frontière avec la production d'un immeuble neuf, revue du formalisme (mentions sur devis et factures, répartition des responsabilités entre l'entreprise et le client), et défense en cas de remise en cause du taux à l'occasion d'un contrôle. L'analyse s'articule avec le droit commun de la TVA immobilière et, le cas échéant, avec l'autoliquidation applicable à la sous-traitance du bâtiment.

  • Travaux dans l'habitation
  • Taux réduit 10 %
  • Rénovation énergétique 5,5 %
  • Immeuble neuf
  • Mention sur devis et facture
— FAQ

TVA sur les travaux : vos questions

Quels travaux bénéficient du taux de TVA de 10 % ?

Les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien portant sur des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans, en application de l'article 279-0 bis du CGI. Le taux couvre la main-d'œuvre et les matières premières ou fournitures facturées par l'entreprise, à l'exclusion de la part correspondant aux équipements ménagers ou mobiliers et à certains gros équipements dont la liste est fixée par arrêté. Le nettoyage et l'aménagement des espaces verts restent au taux normal.

Quels travaux bénéficient du taux de 5,5 % ?

Les prestations de rénovation énergétique réalisées dans des locaux d'habitation achevés depuis au moins deux ans, dans les conditions de l'article 278-0 bis A du CGI : pose, installation, adaptation ou entretien de matériaux, équipements, appareils ou systèmes ayant pour objet d'économiser l'énergie ou de recourir à des énergies renouvelables, par l'amélioration de l'isolation thermique, du chauffage et de la ventilation ou de la production d'eau chaude sanitaire, dans les conditions de performance précisées par arrêté. La fourniture et l'installation de chaudières susceptibles d'utiliser des combustibles fossiles sont exclues des taux réduits par la loi de finances pour 2025, l'entretien et la réparation de ces équipements demeurant traités selon leurs règles propres.

L'attestation TVA pour les travaux existe-t-elle encore ?

Non. La loi de finances pour 2025 (art. 32) a supprimé, à compter du 1er mars 2025, l'attestation que le client devait remettre à l'entreprise avant le commencement des travaux. Elle est remplacée par une mention portée sur le devis ou la facture, par laquelle le client certifie que les conditions d'application du taux réduit sont remplies : locaux à usage d'habitation, achèvement depuis plus de deux ans, nature des travaux et absence de production d'un immeuble neuf. Les commentaires BOFiP publiés à la suite de la réforme en précisent les modalités pratiques.

Qui est responsable si la mention portée sur le devis ou la facture est inexacte ?

Le régime reprend la logique de l'ancienne attestation : lorsque l'inexactitude de la mention est le fait du client, celui-ci est solidairement tenu au paiement du complément de taxe résultant de la différence entre le taux réduit appliqué et le taux normal. L'entreprise, de son côté, doit conserver le devis ou la facture comportant la mention à l'appui de sa comptabilité et demeure responsable de la correcte liquidation de la taxe sur les éléments dont elle a connaissance. La rédaction de la mention et la répartition contractuelle du risque méritent une attention réelle sur les chantiers significatifs.

Quand des travaux de rénovation font-ils perdre les taux réduits ?

Lorsque les travaux, sur une période de deux ans, concourent à la production d'un immeuble neuf au sens de l'article 257 du CGI : remise à l'état neuf de la majorité des fondations, de la majorité des éléments hors fondations déterminant la résistance et la rigidité de l'ouvrage, de la majorité de la consistance des façades hors ravalement, ou de l'ensemble des éléments de second œuvre dans les proportions fixées par le texte. Les taux réduits sont également écartés lorsque les travaux augmentent la surface de plancher des locaux existants de plus de 10 % ou procèdent d'une surélévation. L'ensemble des travaux relève alors du taux normal de 20 %.

Les taux réduits s'appliquent-ils aux résidences secondaires et aux locaux loués ?

Oui. Les articles 279-0 bis et 278-0 bis A du CGI visent les locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans (au moins deux ans pour le taux de 5,5 %), sans distinguer selon que le local constitue la résidence principale ou secondaire de l'occupant, ni selon la qualité du client : propriétaire occupant, propriétaire bailleur, locataire ou syndicat de copropriétaires peuvent en bénéficier. En revanche, les locaux à usage professionnel ou mixte appellent une analyse de l'affectation réelle des surfaces concernées par les travaux.

Que se passe-t-il en cas de contrôle si le taux réduit est remis en cause ?

L'administration réclame le complément de TVA entre le taux appliqué et le taux exigible, assorti de l'intérêt de retard et, le cas échéant, de majorations. Le redevable de ce complément dépend de l'origine de l'erreur : l'entreprise en principe, le client lorsque l'inexactitude de la mention certifiée lui est imputable. La défense repose sur la documentation du chantier : devis et factures, mention certifiée, descriptif des travaux, éléments techniques établissant que les critères de l'immeuble neuf ne sont pas atteints. Une revue préalable du dossier est déterminante avant toute réponse à l'administration.

Cité par

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François Ouairy, avocat associé

Article rédigé par

Me François Ouairy, avocat associé en charge du bureau de Paris, expert en fiscalité immobilière, fiducie et fiscalité financière.