Résidence fiscale : du droit interne à la primauté conventionnelle

En fiscalité française, l’étendue de l’obligation fiscale dépend du domicile fiscal. La nationalité n’est pas déterminante : l’analyse se concentre sur les critères de rattachement et la réalité des situations (famille, activité, revenus, patrimoine).

Un contribuable domicilié en France est imposable sur ses revenus mondiaux. Un contribuable non domicilié est imposable, en principe, sur ses revenus de source française.

Les critères de domiciliation fiscale en France

Critère personnel

Foyer ou séjour principal

Le foyer (centre de la vie familiale) prime. À défaut, on examine le séjour principal (présence habituelle, appréciée par les jours et le faisceau d’indices).

Critère professionnel

Activité principale

Est prise en compte l’activité à laquelle vous consacrez le plus de temps, ou celle procurant la part la plus importante des revenus mondiaux.

Critère économique

Centre des intérêts économiques

Investissements, siège des affaires, revenus majoritaires, structuration patrimoniale : le lieu des flux et de la substance économique est analysé.

Conventions fiscales : critères de départage en cas de double résidence

Lorsque deux États revendiquent chacun la résidence fiscale, la convention fiscale retient une série de critères hiérarchisés pour déterminer une résidence unique.

  • Foyer d’habitation permanent : logement à disposition de manière durable et continue.
  • Centre des intérêts vitaux : liens personnels et économiques les plus étroits.
  • Séjour habituel : comparaison des durées de présence.
  • Nationalité puis, à défaut, procédure amiable entre autorités compétentes.

Chiffres clés : seuils et repères utilisés en pratique

Présence
0
jours

Repère classique pour apprécier le séjour principal. L’analyse reste globale : le foyer familial peut primer.

Dirigeants
0
M€

Seuil utilisé dans certaines présomptions liées aux dirigeants de grandes entreprises dont le siège est en France, avec analyse conventionnelle.

Départage
0
critères

En cas de double résidence, le départage conventionnel suit une hiérarchie : foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité.

Contentieux : risques, preuves et axes de défense

Famille

Foyer en France

Le maintien du conjoint et des enfants en France pèse très lourd. La stratégie se construit sur la réalité du centre de vie et la documentation.

Logement

Occupation réelle

Le contrôle vise l’usage : consommations, abonnements, livraisons, usages bancaires, présence répétée.

Économie

Flux et substance

Revenus bruts, direction effective, investissements et patrimoine : cohérence, traçabilité et comparaisons sont centrales.

FAQ : domicile fiscal, résidence conventionnelle, non-résidents

Quels sont les critères alternatifs de domiciliation fiscale en France ?
Foyer ou séjour principal, activité professionnelle principale, centre des intérêts économiques. Un seul critère peut suffire.
À quoi servent les conventions fiscales en cas de double résidence ?
Elles déterminent une résidence unique en appliquant des critères hiérarchisés : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité.
Le seuil de 183 jours est-il automatique ?
C’est un repère fréquent pour le séjour principal, mais il ne neutralise pas le critère du foyer familial. L’analyse reste globale et factuelle.
Quelles pièces préparer pour sécuriser une situation de non-résident ?
Baux, factures, assurances, scolarité, attestations d’emploi, preuves de présence, relevés bancaires, revenus par pays, documents de gouvernance et de direction effective.