Mobilité internationale, axe France-Israël

L'alya et le fisc français : préparer son départ pour Israël

Le transfert de résidence fiscale vers Israël ne se résume pas à un changement d'adresse : il se prépare, idéalement douze à vingt-quatre mois avant le départ. Trois mécanismes structurent le dossier. L'exit tax de l'article 167 bis du CGI, d'abord, qui frappe au taux global de 31,4 % depuis 2026 les plus-values latentes des contribuables détenant plus de 800 000 euros de titres ou 50 % d'une société, après six ans de résidence sur les dix dernières années ; la convention franco-israélienne du 31 juillet 1995 ne comportant pas de clause d'assistance au recouvrement, le sursis de paiement n'est pas automatique et doit être demandé 90 jours avant le départ, avec garanties. La règle des six ans sur dix de l'article 750 ter du CGI, ensuite, qui maintient les enfants restés en France dans le champ des droits de donation et de succession français. Le partage conventionnel des retraites et des revenus conservés en France, enfin. Le cabinet conseille en droit français les familles en projet d'alya et travaille avec des correspondants israéliens pour le volet local.

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— En bref
Résidence
Critères internes de l'article 4 B du CGI, puis cascade conventionnelle de l'article 4 de la convention du 31 juillet 1995 : foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité
Exit tax
Article 167 bis du CGI : 6 ans de résidence sur 10, titres de plus de 800 000 € ou 50 % des bénéfices ; taux global de 31,4 % depuis 2026 ; sursis sur option vers Israël (2074-ETD, garanties, 90 jours)
Année du départ
Imposition des revenus mondiaux jusqu'à la date du transfert, puis des seuls revenus de source française ; déclarations 2042 et 2042-NR l'année suivante
Retraites
Pensions privées imposables exclusivement en Israël (article 18 de la convention) ; pensions publiques en principe imposables en France (article 19)
Transmissions
Aucune convention successorale ; l'héritier ou donataire resté en France 6 ans sur les 10 dernières années demeure taxable en France sur l'ensemble des biens reçus (CGI art. 750 ter, 3°)
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Un départ qui se prépare, pas un départ qui se constate

Le droit fiscal français ne connaît pas l'alya : il connaît le transfert du domicile fiscal. Tant que l'un des critères de l'article 4 B du CGI demeure rempli en France (foyer, séjour principal, activité professionnelle non accessoire ou centre des intérêts économiques), le contribuable reste imposable en France sur ses revenus mondiaux, quelle que soit la réalité de son installation en Israël. C'est la convention du 31 juillet 1995, par sa cascade de l'article 4, qui départage les doubles résidences : foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, puis nationalité. Un appartement conservé à Paris, un mandat social maintenu ou un patrimoine demeuré majoritairement français peuvent suffire à faire basculer l'analyse.

La date du transfert commande tout le reste : la fin de l'imposition mondiale, le fait générateur de l'exit tax, le point de départ du décompte des six ans de l'article 750 ter du CGI pour les proches restés en France, et le début du régime israélien du nouvel immigrant. Les patrimoines concernés sont significatifs : participations de dirigeants, immobilier de rapport, contrats d'assurance vie, professions libérales cédant leur outil de travail.

L'attention se concentre souvent sur l'exit tax ; l'expérience des dossiers montre que les redressements naissent plus souvent d'une résidence mal purgée (année de chevauchement, foyer resté en France, revenus déclarés au mauvais guichet) ou d'une transmission mal datée, une donation consentie quelques mois trop tôt ou trop tard pouvant représenter plusieurs centaines de milliers d'euros de droits.

Le cabinet conseille exclusivement en droit fiscal français et coordonne le volet israélien (statut d'oleh hadash, obligations locales) avec des correspondants installés en Israël. Il privilégie un nombre limité de dossiers afin de garantir l'implication directe des associés.

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Le départ pour Israël, point par point

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La résidence fiscale : critères internes et cascade conventionnelle

Le transfert n'est acquis que si l'analyse est concluante aux deux étages : droit interne français, puis convention.

  • Article 4 B du CGI : domicile en France si le foyer ou le lieu de séjour principal, l'activité professionnelle non accessoire ou le centre des intérêts économiques y demeure
  • En cas de double résidence, la cascade de l'article 4 de la convention de 1995 s'applique : foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, puis accord des autorités compétentes
  • Points de vigilance récurrents : logement conservé à disposition en France, conjoint ou enfants mineurs restés en France une partie de l'année scolaire, mandats sociaux et patrimoine majoritairement français
  • La qualité de résident israélien suppose d'être assujetti à l'impôt en Israël à raison de son domicile ; le statut d'oleh et son exonération de dix ans appellent une analyse fine de cette condition, documentée dès l'installation
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L'année du départ : imposition scindée et obligations déclaratives

L'année du transfert est coupée en deux : résident jusqu'au départ, non-résident ensuite.

  • Jusqu'à la date du transfert : imposition en France des revenus mondiaux ; après cette date : imposition des seuls revenus de source française (retenue à la source, revenus fonciers, plus-values immobilières)
  • L'année suivant le départ : déclaration 2042 pour la période de résidence et 2042-NR pour les revenus de source française postérieurs au départ, auprès du service des impôts des particuliers non-résidents
  • Revenus de source française après le départ : impôt calculé au taux minimum de 20 %, porté à 30 % au-delà d'un seuil actualisé chaque année (de l'ordre de 29 000 € de revenu net imposable), sauf option pour le taux moyen si celui-ci est plus favorable (CGI art. 197 A)
  • Prélèvements sociaux sur les revenus fonciers (location nue) et plus-values immobilières de source française : 17,2 % pour un résident d'Israël, la location meublée relevant en revanche du taux de 18,6 % depuis la LFSS 2026 ; le taux réduit de 7,5 % (prélèvement de solidarité seul) reste réservé aux personnes affiliées à un régime de sécurité sociale de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse
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L'exit tax vers Israël : un sursis qui n'est pas automatique

La convention de 1995 ne comporte pas de clause d'assistance au recouvrement : le régime de faveur du sursis automatique ne joue pas.

  • Champ de l'article 167 bis du CGI : résident fiscal français 6 ans sur les 10 années précédant le départ, détenant des titres d'une valeur globale supérieure à 800 000 € ou au moins 50 % des bénéfices d'une société ; l'assiette couvre plus-values latentes, créances d'earn-out et plus-values en report (150-0 B ter)
  • Taux global de 31,4 % depuis 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, après la hausse de CSG de la LFSS 2026), avec option possible pour le barème
  • Le sursis automatique est réservé aux départs vers l'UE ou vers un État ayant conclu avec la France une assistance au recouvrement comparable à la directive européenne ; la convention franco-israélienne se limite à l'échange de renseignements (article 26) : le départ vers Israël relève en pratique du sursis sur option
  • Sursis sur option : déclaration 2074-ETD, désignation d'un représentant fiscal en France et constitution de garanties égales à 12,8 % du montant des plus-values et créances concernées, le tout au plus tard 90 jours avant le transfert ; dégrèvement après 2 ans de conservation (titres inférieurs à 2,57 M€) ou 5 ans, ou en cas de retour en France
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Retraites, comptes et biens conservés en France

L'alya ne purge pas les liens économiques avec la France : chaque élément conservé a son régime propre.

  • Pensions privées (retraites de base et complémentaires d'un emploi privé, rentes viagères) : imposables exclusivement dans l'État de résidence (article 18 de la convention), donc en Israël après le transfert, où le régime des olim peut trouver à s'appliquer ; les pensions servies au titre de services publics restent en principe imposables en France (article 19, § 2), sauf pour le retraité résident d'Israël qui en possède la seule nationalité
  • Immobilier conservé : revenus locatifs et plus-values imposables en France ; en cas de vente, prélèvement de l'article 244 bis A du CGI (19 % et prélèvements sociaux) et désignation d'un représentant fiscal accrédité, la dispense étant réservée aux résidents de l'UE et de l'EEE (hors cessions inférieures à 150 000 € ou détention de plus de trente ans)
  • IFI : le non-résident reste taxable sur ses biens et droits immobiliers situés en France (CGI art. 964) dès 1 300 000 € de valeur nette taxable
  • Comptes et contrats : le PEA et l'assurance vie peuvent en principe être conservés après le départ, avec un régime de retenue à la source propre aux non-résidents ; les comptes français devront être déclarés côté israélien, l'obligation déclarative des olim étant rétablie depuis 2026, dans un contexte d'échange automatique CRS entre les deux États
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Le calendrier optimal : donner, purger, dater. Un cas chiffré

Cas anonymisé inspiré de dossiers du cabinet : un dirigeant de 58 ans, marié, deux enfants dont un reste en France.

  • Situation : titres de sa société valorisés 5 M€ (prix de revient 1 M€), un appartement parisien de 2,4 M€ conservé en location nue, projet d'alya à dix-huit mois
  • Donation avant le départ : une donation-partage de titres à hauteur de 1,6 M€ purge la plus-value latente correspondante et sort ces titres de l'assiette de l'exit tax ; les droits sont identiques que la donation intervienne avant ou après le départ tant que l'enfant donataire reste résident de France (CGI art. 750 ter, 3°, règle des 6 ans sur 10), mais seule la donation antérieure au transfert purge la plus-value
  • Exit tax au départ : plus-values latentes résiduelles d'environ 2,7 M€, soit près de 848 000 € d'imposition théorique à 31,4 %, placés en sursis sur option (2074-ETD, garanties, représentant fiscal, demande déposée 90 jours avant le départ) ; dégrèvement au terme de 5 ans de conservation
  • Date de départ : fixée après l'encaissement du dividende de l'exercice et avant le 31 décembre, pour éviter une année de chevauchement ; l'appartement conservé bascule dans le champ du 244 bis A, de l'IFI et des prélèvements sociaux à 17,2 %, ce qui est chiffré avant l'arbitrage entre conservation et cession
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Notre approche

Le cabinet intervient en droit fiscal français à chaque étape du projet d'alya : audit de résidence et sécurisation de la date de transfert, chiffrage et gestion de l'exit tax (2074-ETD, garanties, représentant fiscal), calendrier des donations avant le départ au regard de l'article 750 ter du CGI, traitement de l'année de départ et des déclarations 2042 et 2042-NR, structuration des biens, comptes et contrats conservés en France. Pour le volet israélien (statut d'oleh hadash, obligations déclaratives locales), le cabinet travaille avec des correspondants israéliens et assure la cohérence d'ensemble du dossier.

  • Alya
  • Transfert de résidence
  • Exit tax
  • Convention France-Israël
  • CGI art. 750 ter
— FAQ

Alya et fiscalité française : vos questions

À quelle date cesse-t-on d'être résident fiscal français en cas d'alya ?

À la date du transfert effectif du domicile fiscal, appréciée au regard des critères de l'article 4 B du CGI puis, en cas de double résidence, de la cascade de l'article 4 de la convention du 31 juillet 1995 (foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité). La date d'obtention du statut d'oleh ou celle du vol d'alya ne suffisent pas : tant qu'un foyer, une activité ou le centre des intérêts économiques demeure en France, l'administration peut maintenir la résidence française. La date retenue doit être cohérente avec les faits (déménagement de la famille, résiliation ou location du logement, cessation des fonctions) et documentée.

Quelles déclarations dois-je déposer l'année qui suit mon départ ?

Deux déclarations, l'année suivant le transfert : la 2042, pour les revenus mondiaux perçus entre le 1er janvier et la date du départ, et la 2042-NR, pour les revenus de source française perçus après le départ. Le dossier relève du service des impôts des particuliers non-résidents, auquel la nouvelle adresse en Israël doit être signalée. Les années suivantes, seuls les revenus de source française restent déclarables en France, au taux minimum de 20 % ou 30 % de l'article 197 A du CGI, sauf option pour le taux moyen lorsque celui-ci est plus favorable.

L'exit tax s'applique-t-elle en cas de départ vers Israël, et le sursis est-il automatique ?

L'exit tax de l'article 167 bis du CGI s'applique si vous avez été résident fiscal français 6 ans sur les 10 années précédant le départ et détenez des titres d'une valeur globale supérieure à 800 000 euros ou au moins 50 % des bénéfices d'une société. Le sursis de paiement n'est pas automatique vers Israël : la convention de 1995 ne comporte pas de clause d'assistance au recouvrement, condition du sursis de plein droit hors Union européenne. Il faut donc opter pour le sursis en déposant la déclaration 2074-ETD, en désignant un représentant fiscal en France et en constituant des garanties, au plus tard 90 jours avant le transfert. L'imposition, calculée au taux global de 31,4 % depuis 2026, est dégrevée après 2 ou 5 ans de conservation des titres selon leur valeur, ou en cas de retour en France.

Ma retraite française sera-t-elle encore imposée en France après l'alya ?

En principe non pour les retraites privées : l'article 18 de la convention réserve l'imposition des pensions et rentes viagères à l'État de résidence du bénéficiaire, donc à Israël une fois le transfert acquis, où le régime des nouveaux immigrants peut par ailleurs s'appliquer. Font exception les pensions publiques (article 19, § 2), servies au titre de services rendus à l'État ou à une collectivité française : elles restent imposables en France, sauf si le retraité est résident d'Israël et possède la nationalité israélienne sans posséder la nationalité française. La qualification de chaque pension (régime de base, complémentaire, pension de fonctionnaire) doit être vérifiée ligne à ligne avant le départ.

Puis-je conserver mon PEA, mon assurance vie et mes comptes français ?

Oui, en principe. Le transfert du domicile fiscal hors de France n'entraîne ni la clôture du PEA ni celle des contrats d'assurance vie, dont les produits relèvent alors d'un régime de retenue à la source propre aux non-résidents ; certaines banques et compagnies restreignent toutefois contractuellement les comptes des non-résidents, ce qui doit être vérifié établissement par établissement. Côté israélien, ces avoirs entrent dans le champ des obligations déclaratives des olim, rétablies depuis 2026, et de l'échange automatique de renseignements entre les deux États : la cohérence des déclarations des deux côtés est devenue un point de contrôle à part entière.

Vaut-il mieux donner à mes enfants avant ou après le départ pour Israël ?

Le départ des parents ne suffit pas à sortir du champ des droits français : tant que l'enfant donataire ou héritier est resté domicilié en France au moins 6 ans au cours des 10 dernières années, l'article 750 ter, 3° du CGI rend taxables en France l'ensemble des biens reçus, français ou étrangers, et il n'existe aucune convention franco-israélienne sur les successions et donations pour corriger une double imposition, Israël n'appliquant au demeurant aucun droit de succession depuis 1981. L'intérêt d'une donation avant le départ est ailleurs : consentie avant le transfert, une donation de titres purge la plus-value latente et réduit l'assiette de l'exit tax, tout en mobilisant les abattements de 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelables tous les quinze ans. Le calendrier se construit donation par donation.

Cité par
Récit interactif

Ce sujet se joue aussi : La Transmission, vingt ans aux côtés d'une famille, chapitre III, l'expatriation d'un enfant.

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