Recodification — TVA

À compter du 1er septembre 2026, les dispositions du CGI relatives à la TVA basculent vers le Code des impositions sur les biens et services (CIBS), Livre II (ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025). Il s'agit d'une recodification à droit constant — la règle de fond reste identique, seule la numérotation évolue. Les références actuelles au CGI demeurent juridiquement valables jusqu'au 31 décembre 2027 (période de transition).

TVA immobilière, droit à déduction

Le coefficient de déduction de la TVA en immobilier

La TVA grevant un immeuble n'est déductible qu'en proportion de son coefficient de déduction (annexe II au CGI, article 205). Ce coefficient est le produit de trois coefficients définis à l'article 206 de la même annexe : le coefficient d'assujettissement (part d'utilisation pour des opérations dans le champ de la TVA), le coefficient de taxation (part des opérations ouvrant droit à déduction, loyers taxés plutôt qu'exonérés) et le coefficient d'admission (exclusions et restrictions réglementaires). En immobilier, ce calcul se fait immeuble par immeuble, se fige chaque année en un coefficient définitif et reste sous surveillance pendant la période de régularisation de vingt ans. Le cabinet sécurise la détermination et le suivi de ces coefficients pour les bailleurs, foncières et holdings immobilières.

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— En bref
Principe
TVA déductible en proportion du coefficient de déduction (annexe II au CGI, articles 205 et 206)
Formule
Coefficient de déduction = coefficient d'assujettissement × coefficient de taxation × coefficient d'admission
Suivi
Détermination immeuble par immeuble, coefficients provisoires puis définitifs chaque année
Régularisations
Régularisation annuelle en cas de variation du coefficient au-delà du seuil ; période de vingt ans pour les immeubles (annexe II au CGI, article 207)
Situations types
Immeubles mixtes bureaux et habitation, bailleurs avec locataires exonérés, holdings immobilières, secteurs distincts
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En immobilier, le droit à déduction se calcule, il ne se présume pas

Le principe est posé par l'article 271 du CGI : la TVA qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe applicable à cette opération. Mais ce principe ne dit rien de la mesure du droit à déduction lorsque l'immeuble sert à la fois à des opérations taxées, à des opérations exonérées et, parfois, à des opérations hors du champ de la TVA. C'est le rôle du coefficient de déduction : l'article 205 de l'annexe II au CGI prévoit que la taxe déductible afférente à chaque bien ou service est déterminée en proportion de ce coefficient.

L'article 206 de la même annexe en donne la formule : le coefficient de déduction est le produit de trois coefficients. Le coefficient d'assujettissement mesure la proportion d'utilisation du bien pour des opérations situées dans le champ de la TVA. Le coefficient de taxation mesure, au sein de ces opérations, la part de celles qui ouvrent droit à déduction. Le coefficient d'admission traduit les exclusions et restrictions prévues par la réglementation pour certains biens et services. Chacun est compris entre zéro et un ; il suffit qu'un seul soit nul pour que la déduction soit intégralement perdue.

L'immobilier est le terrain où cette mécanique produit ses effets les plus lourds. Un immeuble concentre des montants de TVA importants, s'utilise souvent de manière mixte (bureaux loués avec TVA, logements exonérés, locaux occupés par le propriétaire), et reste sous surveillance pendant une période de régularisation de vingt ans (annexe II au CGI, article 207). Une erreur de coefficient à l'origine se propage ainsi sur deux décennies : déduction excessive à reverser avec intérêts en cas de contrôle, ou déduction insuffisante jamais récupérée faute de suivi.

Le cabinet privilégie un nombre limité d'interventions afin de garantir l'implication directe des associés sur chaque dossier, et évalue systématiquement la pertinence d'une intervention avant tout engagement.

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Les trois coefficients et leur suivi, point par point

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Assujettissement, taxation, admission : la formule de l'article 206

Le coefficient de déduction est le produit de trois coefficients, chacun répondant à une question distincte.

  • Coefficient d'assujettissement : proportion d'utilisation du bien pour des opérations situées dans le champ de la TVA ; un immeuble utilisé pour partie à des fins étrangères à l'activité économique voit ce coefficient réduit
  • Coefficient de taxation : au sein des opérations dans le champ, part de celles qui ouvrent droit à déduction ; il est nul lorsque l'immeuble sert exclusivement à des opérations exonérées, égal à l'unité lorsqu'il sert exclusivement à des opérations taxées
  • Coefficient de taxation forfaitaire : lorsque l'immeuble sert concurremment à des opérations ouvrant et n'ouvrant pas droit à déduction, le coefficient est calculé de manière forfaitaire à partir du rapport entre le chiffre d'affaires ouvrant droit à déduction et le chiffre d'affaires total, selon les modalités de l'article 206 de l'annexe II au CGI
  • Coefficient d'admission : il traduit les exclusions et restrictions réglementaires propres à certains biens et services ; pour un immeuble affecté à l'activité, il est en règle générale égal à l'unité, mais il doit être vérifié pour les dépenses annexes
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Un suivi immeuble par immeuble, du provisoire au définitif

En immobilier, le coefficient ne se calcule pas globalement au niveau de l'entreprise : chaque immeuble immobilisé fait l'objet de son propre suivi.

  • Les coefficients sont déterminés bien par bien : deux immeubles d'un même bailleur peuvent avoir des coefficients très différents selon leurs locataires et l'exercice ou non d'options
  • L'année de l'acquisition ou de l'achèvement, l'assujetti retient des coefficients provisoires, arrêtés ensuite en coefficients définitifs avant la date limite fixée par la réglementation ; l'écart entre les deux donne lieu à correction de la déduction initiale
  • Le coefficient définitif de l'année de référence devient le coefficient de référence de l'immeuble : c'est lui qui sert d'étalon pour toutes les régularisations ultérieures
  • La constitution de secteurs distincts d'activité (annexe II au CGI, article 209) permet d'isoler les activités dont les régimes de TVA diffèrent, chaque secteur suivant ses propres coefficients ; en immobilier locatif, chaque immeuble, ensemble d'immeubles ou fraction d'immeuble dont la location est imposée sur option constitue obligatoirement un secteur distinct
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Variations dans le temps : les régularisations annuelles

Le coefficient de déduction d'un immeuble n'est jamais figé : l'article 207 de l'annexe II au CGI organise sa surveillance sur vingt ans.

  • Régularisation annuelle lorsque la différence entre le produit des coefficients d'assujettissement et de taxation de l'année et celui des coefficients de référence excède, en valeur absolue, un dixième : reversement si le coefficient de déduction baisse, déduction complémentaire s'il augmente
  • La période de régularisation est de vingt ans pour les immeubles immobilisés, chaque année représentant un vingtième de la taxe initiale
  • Événements typiques de variation : départ d'un locataire assujetti remplacé par un locataire exonéré, renonciation ou exercice d'une option pour la taxation des loyers, transformation de bureaux en logements, occupation partielle par le propriétaire
  • Certains événements déclenchent en outre une régularisation globale, au premier rang desquels la cession de l'immeuble pendant la période de régularisation
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Situations types : immeubles mixtes, locataires exonérés, holdings

Trois configurations concentrent l'essentiel des difficultés pratiques et des redressements.

  • Immeuble mixte bureaux et habitation : les loyers de bureaux peuvent être taxés sur option, les loyers d'habitation sont exonérés sans option possible ; le coefficient de taxation de l'immeuble reflète cette répartition et impose une ventilation rigoureuse des surfaces et des travaux
  • Bailleur avec locataires exonérés : l'option pour la taxation des loyers de locaux nus à usage professionnel relève le coefficient de taxation, mais son intérêt dépend de la capacité du locataire à déduire la TVA facturée ; un locataire banque, assurance ou professionnel de santé peut refuser la TVA sur son loyer
  • Holding immobilière : la perception de dividendes se situe hors du champ de la TVA et pèse sur le coefficient d'assujettissement des dépenses communes, tandis que les prestations facturées aux filiales et les loyers taxés ouvrent droit à déduction ; la sectorisation et l'affectation précise des dépenses sont déterminantes
  • Dans les trois cas, la documentation des clés de répartition (surfaces, chiffres d'affaires, affectation réelle) constitue la première ligne de défense en cas de contrôle
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Notre approche

Le cabinet intervient à chaque étape de la vie du coefficient : détermination des coefficients d'assujettissement, de taxation et d'admission lors de l'acquisition ou de la construction, choix des clés de répartition et de la sectorisation, arbitrage sur les options pour la taxation des loyers, arrêté des coefficients définitifs, calcul des régularisations annuelles et anticipation des régularisations globales en cas de cession. Le cabinet assiste également bailleurs, foncières et holdings lorsque l'administration remet en cause un coefficient ou une clé de répartition à l'occasion d'un contrôle.

  • Coefficient de déduction
  • Coefficient de taxation
  • Immeubles mixtes
  • Secteurs distincts
  • Régularisations annuelles
— FAQ

Coefficient de déduction en immobilier : vos questions

Qu'est-ce que le coefficient de déduction de la TVA ?

C'est la proportion dans laquelle la TVA ayant grevé un bien ou un service est déductible (annexe II au CGI, article 205). Il résulte du produit de trois coefficients définis à l'article 206 de la même annexe : le coefficient d'assujettissement, le coefficient de taxation et le coefficient d'admission. Un coefficient de déduction de 0,60 signifie que 60 % de la taxe d'amont est déductible. Pour un immeuble, ce coefficient se détermine bien par bien et conditionne à la fois la déduction initiale et les régularisations pendant la période de vingt ans.

Quelle est la différence entre le coefficient d'assujettissement et le coefficient de taxation ?

Le coefficient d'assujettissement répond à la question du champ d'application : dans quelle proportion l'immeuble est-il utilisé pour des opérations situées dans le champ de la TVA, par opposition aux utilisations privées ou aux activités hors champ, comme la simple perception de dividendes par une holding. Le coefficient de taxation intervient ensuite, au sein des seules opérations dans le champ : il mesure la part des opérations ouvrant droit à déduction, c'est-à-dire, pour un bailleur, la part des loyers taxés par rapport aux loyers exonérés. Les deux coefficients se multiplient : un immeuble entièrement affecté à une activité économique mais loué exclusivement en exonération de TVA a un coefficient d'assujettissement égal à un et un coefficient de taxation nul, donc aucun droit à déduction.

Comment se calcule le coefficient de taxation lorsque l'immeuble sert à des opérations taxées et exonérées ?

Lorsque l'immeuble est utilisé concurremment pour des opérations ouvrant droit à déduction et pour des opérations n'y ouvrant pas droit, le coefficient de taxation est déterminé de manière forfaitaire, selon les modalités prévues à l'article 206 de l'annexe II au CGI : il résulte en principe du rapport entre le chiffre d'affaires afférent aux opérations ouvrant droit à déduction et le chiffre d'affaires total des opérations situées dans le champ de la TVA. En pratique immobilière, la constitution de secteurs distincts et l'affectation directe des dépenses identifiables à un usage précis permettent souvent d'obtenir un résultat plus fidèle que l'application d'un forfait global à l'ensemble des dépenses.

Pourquoi parle-t-on de coefficients provisoires puis définitifs ?

Au moment où la dépense est engagée, l'assujetti ne connaît pas encore les données réelles de l'année, notamment son chiffre d'affaires. Il déduit donc la taxe sur la base de coefficients provisoires, estimés au vu de l'utilisation prévisible de l'immeuble. Ces coefficients sont ensuite arrêtés en coefficients définitifs au vu des données réelles de l'année, dans le délai fixé par la réglementation, et la déduction initiale est corrigée en conséquence, dans un sens ou dans l'autre. Le coefficient définitif de l'année de référence devient le coefficient de référence de l'immeuble pour toute la période de régularisation.

Que se passe-t-il si le coefficient de déduction de mon immeuble varie au fil des années ?

L'article 207 de l'annexe II au CGI impose une régularisation annuelle lorsque la différence entre le produit des coefficients d'assujettissement et de taxation de l'année et celui des coefficients de référence excède, en valeur absolue, un dixième. La régularisation porte, chaque année concernée, sur un vingtième de la taxe initiale pour un immeuble immobilisé. Elle joue dans les deux sens : un bailleur dont un locataire assujetti est remplacé par un locataire exonéré reverse une fraction de la taxe ; à l'inverse, l'exercice d'une option pour la taxation des loyers en cours de période peut ouvrir un complément de déduction. Ce suivi doit être effectué immeuble par immeuble pendant vingt ans.

Un bailleur peut-il améliorer son coefficient de déduction ?

Oui, dans certaines limites. Le levier principal est l'option pour la taxation des loyers de locaux nus à usage professionnel, qui transforme des loyers exonérés en loyers taxés et relève d'autant le coefficient de taxation de l'immeuble. Encore faut-il que les locataires puissent déduire la TVA ainsi facturée, ce qui n'est pas le cas des locataires exonérés comme les banques, assurances ou professions de santé. La constitution de secteurs distincts d'activité permet par ailleurs d'éviter qu'une activité exonérée ne contamine le coefficient applicable aux dépenses d'un immeuble entièrement affecté à des locations taxées. Ces choix se préparent en amont, car leurs effets se mesurent sur toute la période de régularisation.

Quelle est la situation particulière des holdings immobilières ?

Une holding qui se borne à percevoir des dividendes exerce une activité située hors du champ de la TVA : son coefficient d'assujettissement s'en trouve affecté pour les dépenses communes. Lorsqu'elle s'immisce dans la gestion de ses filiales en leur facturant des prestations, ou lorsqu'elle donne des immeubles en location avec TVA, ces opérations ouvrent droit à déduction. Tout l'enjeu consiste alors à affecter correctement les dépenses : affectation directe aux opérations taxées lorsqu'elle est possible, clé de répartition documentée pour les frais généraux, sectorisation le cas échéant. Les redressements en la matière portent le plus souvent sur des clés de répartition jugées insuffisamment justifiées.

Cité par

Un coefficient à fiabiliser, une répartition à documenter, un contrôle à préparer ?

Premier échange confidentiel, sans engagement. Nous répondons sous 48h ouvrées.

François Ouairy, avocat associé

Article rédigé par

Me François Ouairy, avocat associé en charge du bureau de Paris, expert en fiscalité immobilière, fiducie et fiscalité financière.