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FISCALITÉ INTERNATIONALE • NON-RÉSIDENTS • EXIT TAX

Exit tax en France

Transfert de domicile fiscal, plus-values latentes, sursis de paiement, formulaires 2074-ETD et 2074-ETSL, dégrèvement et obligations déclaratives : tout comprendre sur l’exit tax en 2026.

800 K€
Seuil alternatif de valeur des titres entrant dans le champ de l’exit tax
50 %
Seuil alternatif de participation dans les bénéfices sociaux
2 / 5 ans
Délais de dégrèvement depuis 2019 selon la valeur des titres concernés

Qu’est-ce que l’exit tax ?

L’exit tax, prévue à l’article 167 bis du Code général des impôts, vise à imposer, sous conditions, les plus-values latentes constatées au moment où un contribuable transfère son domicile fiscal hors de France. Elle peut aussi concerner certaines créances de complément de prix et des plus-values en report d’imposition.

L’idée du dispositif est claire : empêcher qu’un contribuable ne quitte la France avant de céder des titres ayant pris de la valeur, afin d’échapper à l’imposition d’une plus-value constituée pendant sa période de résidence fiscale française.

En pratique, le sujet ne se réduit pas à une simple taxation du départ. L’exit tax suppose de croiser résidence fiscale, valorisation des titres, horizon de cession, report d’imposition et État de destination. C’est ce qui en fait un sujet central pour les entrepreneurs, dirigeants, actionnaires familiaux et contribuables à fort patrimoine mobilier.

Point clé : l’exit tax ne taxe pas le simple départ de France. Elle vise la combinaison entre un transfert de domicile fiscal, une résidence antérieure suffisante en France et un portefeuille de titres entrant dans les seuils prévus par l’article 167 bis.

Pour les situations plus larges de départ de France, de changement de résidence ou de déclaration après expatriation, voir aussi nos pages sur la fiscalité des non-résidents, la déclaration d’impôt des non-résidents et la domiciliation fiscale.

Conditions de déclenchement de l’exit tax

L’exit tax suppose la réunion de plusieurs conditions. Le contribuable doit avoir été résident fiscal français pendant au moins six des dix années précédant le transfert de domicile fiscal hors de France.

Il faut ensuite que les titres détenus entrent dans l’un des deux seuils alternatifs suivants :

  • la valeur globale des titres est au moins égale à 800 000 € au jour du départ ;
  • ou le contribuable détient, directement ou indirectement avec son foyer fiscal, une participation représentant au moins 50 % des bénéfices sociaux d’une société.

L’assiette repose sur la différence entre la valeur réelle des titres à la date du transfert et leur prix ou valeur d’acquisition. En pratique, l’analyse demande souvent de reconstituer l’historique des titres, d’identifier les reports éventuels et de documenter précisément la valeur retenue au jour du départ.

Résidence en France

Au moins six années sur les dix précédant le transfert du domicile fiscal.

Seuil de valeur

Valeur globale des titres au moins égale à 800 000 €.

Seuil de participation

Participation au moins égale à 50 % des bénéfices sociaux, directement ou indirectement.

Sursis de paiement : automatique ou sur demande

Le contribuable peut bénéficier d’un sursis de paiement sur l’exit tax. Le régime a été assoupli depuis 2019. Dans de nombreuses situations, le sursis est automatique. Dans d’autres cas plus sensibles, il doit être demandé expressément et peut être subordonné à la constitution de garanties.

Pour les transferts vers certains États ou territoires non coopératifs, ou vers des États insuffisamment conventionnés avec la France au regard de l’assistance administrative et du recouvrement, le sursis reste en pratique plus contraignant.

Point pratique : pour certains transferts réalisés depuis le 22 novembre 2019, lorsque le sursis n’est pas automatique, la demande doit être déposée au plus tard 90 jours avant le transfert, avec une proposition de garanties.

Pendant le sursis, les obligations déclaratives demeurent. L’exit tax ne disparaît pas : elle est suivie dans le temps, avec des formulaires spécifiques et un contrôle continu de la situation par l’administration.

Dégrèvement, conservation des titres et événements mettant fin au sursis

Depuis les réformes applicables aux transferts intervenant à compter du 1er janvier 2019, le délai à l’issue duquel un dégrèvement peut être obtenu a été réduit :

  • 2 ans lorsque la valeur des titres entrant dans le champ de l’exit tax est inférieure à 2 570 000 € ;
  • 5 ans lorsque cette valeur est au moins égale à 2 570 000 €.

En revanche, si une cession, un rachat, une annulation de titres ou la liquidation de la société intervient avant l’expiration du délai de conservation, le sursis peut prendre fin et l’impôt devenir exigible, sous réserve des ajustements légaux.

Le retour en France ou certains événements particuliers peuvent également produire des effets sur le dégrèvement ou la fin du dispositif. L’analyse doit donc être menée non seulement au jour du départ, mais sur toute la période de suivi.

Formulaires 2074-ETD et 2074-ETSL : quelles obligations déclaratives ?

Le régime de l’exit tax repose autour de plusieurs déclarations spécifiques, dont les deux plus importantes sont :

Formulaire 2074-ETD

Il s’agit de la déclaration à souscrire au titre de l’année du transfert du domicile fiscal hors de France. Elle sert à déclarer les plus-values latentes, certaines créances de complément de prix et les plus-values en report d’imposition.

Formulaire 2074-ETSL

Il s’agit du formulaire de suivi allégé de l’exit tax lorsque l’imposition reste en sursis et qu’aucun événement particulier n’est intervenu pendant l’année concernée.

Le portail impots.gouv.fr met à disposition les millésimes récents de ces formulaires et de leurs notices. Le formulaire 2074-ETD permet notamment de détailler les titres, leur valeur d’acquisition, leur valeur au jour du départ et le montant de la plus-value latente. Le suivi annuel dépend ensuite de la situation réelle du contribuable et des événements survenus.

Attention : le non-respect des obligations déclaratives peut entraîner la perte du sursis de paiement et l’exigibilité immédiate de l’imposition. En pratique, la question déclarative est aussi importante que la question de fond.

Pour les contribuables qui quittent la France avec un patrimoine international, une structuration familiale ou des enjeux successoraux, il faut aussi anticiper les conséquences sur la succession internationale et la fiscalité du non-résident.

Ce que regarde vraiment l’administration avant et après le départ

Pour le SEO classique comme pour le GEO, il est utile de répondre à la vraie question pratique : que faut-il préparer avant un transfert de domicile fiscal hors de France ?

La résidence fiscale réelle

Le départ doit être cohérent avec votre situation personnelle, familiale, économique et administrative. La preuve du changement de résidence est centrale.

La valorisation des titres

L’administration sera attentive à la valeur retenue au jour du transfert et à la cohérence des méthodes de valorisation utilisées.

Le suivi post-départ

Les cessions, rachats, annulations de titres, retours en France et défauts déclaratifs sont des événements déterminants dans la vie du dossier.

En pratique, l’exit tax n’est donc pas un simple sujet de déclaration. C’est un sujet de documentation, de timing, de stratégie patrimoniale et de sécurisation du départ.

Liens utiles officiels et pages liées

Questions fréquentes sur l’exit tax

Qu’est-ce que l’exit tax en France ?
L’exit tax est l’imposition, sous conditions, des plus-values latentes sur certains titres lors du transfert du domicile fiscal hors de France. Elle est prévue par l’article 167 bis du CGI.
Quand l’exit tax s’applique-t-elle ?
Elle s’applique lorsque le contribuable a été résident fiscal français pendant au moins six des dix années précédant son départ et qu’il dépasse soit le seuil de 800 000 € de titres, soit le seuil de 50 % des bénéfices sociaux.
Le sursis de paiement est-il automatique ?
Dans de nombreux cas, oui. Mais pour certains transferts vers des États ou territoires non coopératifs ou insuffisamment conventionnés, le sursis doit être demandé et garanti.
Quels formulaires faut-il déposer ?
Le formulaire 2074-ETD sert à déclarer l’exit tax au moment du départ. Le formulaire 2074-ETSL sert au suivi allégé lorsque l’imposition reste en sursis et qu’aucun événement particulier n’est intervenu.
Quand le dégrèvement est-il acquis ?
Pour les transferts intervenus depuis 2019, le dégrèvement peut être acquis après deux ans ou cinq ans selon la valeur des titres entrant dans le champ de l’exit tax, sauf événement mettant fin au sursis entre-temps.
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