À compter du 1er septembre 2026, les dispositions du CGI relatives à la TVA basculent vers le Code des impositions sur les biens et services (CIBS), Livre II (ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025). Il s'agit d'une recodification à droit constant — la règle de fond reste identique, seule la numérotation évolue. Les références actuelles au CGI demeurent juridiquement valables jusqu'au 31 décembre 2027 (période de transition).
Para-hôtellerie :
LMNP, LMP et impôt sur le revenu
Les revenus tirés d'une activité para-hôtelière relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (CGI art. 34), et ce quel que soit le montant des recettes. La distinction entre loueur en meublé non professionnel (LMNP) et loueur en meublé professionnel (LMP) commande ensuite le régime applicable : imputation des déficits, cotisations sociales, régime des plus-values. Le point d'inflexion se lit à l'article 155, IV du CGI : le caractère professionnel suppose des recettes annuelles supérieures à 23 000 euros et excédant les autres revenus d'activité du foyer fiscal. À cela s'ajoute le levier de l'amortissement du bien et du mobilier (CGI art. 39 C), dont le régime a été profondément modifié par la loi de finances pour 2025 (art. 84) s'agissant de la cession des biens détenus en LMNP. Cette page expose le traitement à l'impôt sur le revenu et les points de vigilance qui structurent la pratique.
- Catégorie d'imposition
- BIC (CGI art. 34), quel que soit le montant des recettes
- Statut LMP
- CGI art. 155, IV : recettes > 23 000 EUR ET > autres revenus d'activité
- Amortissement
- Bien et mobilier déductibles (CGI art. 39 C)
- Plus-values
- Régime professionnel (art. 151 septies) ou des particuliers
- Réforme LMNP 2025
- Réintégration des amortissements dans l'assiette de plus-value (LF 2025, art. 84)
Une même activité, deux statuts aux conséquences très différentes
La para-hôtellerie se distingue de la simple location meublée par la fourniture de prestations de services accompagnant l'hébergement (accueil, nettoyage, fourniture de linge, petit-déjeuner). Sur le plan de l'impôt sur le revenu, cette activité relève des bénéfices industriels et commerciaux au titre de l'article 34 du CGI, sans condition de seuil : la nature commerciale des prestations emporte la qualification, quel que soit le montant des recettes encaissées.
La ligne de partage décisive tient au caractère professionnel ou non de l'exploitant. L'article 155, IV du CGI répute professionnel le loueur en meublé lorsque deux conditions sont réunies de façon cumulative : les recettes annuelles de l'activité excèdent 23 000 euros, et ces recettes sont supérieures aux autres revenus d'activité du foyer fiscal (traitements et salaires, autres BIC, bénéfices agricoles, bénéfices non commerciaux, revenus des gérants relevant de l'article 62). En deçà, l'exploitant est loueur en meublé non professionnel (LMNP).
Le choix du statut n'est pas de pure forme : il commande l'imputation des déficits (sur le revenu global pour le LMP, sur les seuls revenus de même nature pour le LMNP), l'assujettissement aux cotisations sociales, et surtout le régime des plus-values de cession. Le cabinet retient une lecture prudente de ces qualifications, car un basculement de statut, subi ou mal anticipé, peut modifier substantiellement la charge fiscale d'une cession.
6 points-clés du régime à l'impôt sur le revenu
2. La frontière LMNP / LMP (art. 155, IV)
3. Amortissement du bien et du mobilier
4. Imputation des déficits
5. Régime des plus-values de cession
6. Réintégration des amortissements (LMNP, LF 2025)
Notre approche au cabinet
Le cabinet accompagne investisseurs, exploitants et gestionnaires de patrimoine sur l'ensemble des décisions liées à l'imposition d'une activité para-hôtelière : choix entre micro-BIC et régime réel, arbitrage LMNP ou LMP au regard de l'article 155, IV, construction d'un plan d'amortissement conforme à l'article 39 C, et anticipation du régime des plus-values dès l'acquisition.
La réforme issue de la loi de finances pour 2025 impose de réauditer les stratégies patrimoniales fondées sur l'amortissement en LMNP. Le cabinet chiffre l'incidence de la réintégration des amortissements sur la plus-value future, vérifie l'application des exceptions, et articule le traitement fiscal avec les cotisations sociales et la transmission du patrimoine.
Tout ce que vous devez savoir sur la para-hôtellerie à l'impôt sur le revenu
Les revenus de la para-hôtellerie sont-ils imposés en BIC ou en revenus fonciers ?
Ils sont imposés en bénéfices industriels et commerciaux (CGI art. 34). La fourniture de prestations de services para-hôtelières (accueil, nettoyage, linge, petit-déjeuner) confère à l'activité un caractère commercial. Cette qualification s'applique quel que soit le montant des recettes : il n'existe pas de seuil en deçà duquel les revenus seraient traités comme des revenus fonciers ou des revenus de location meublée passive.
Quelle est la différence entre LMNP et LMP ?
Le loueur en meublé est réputé professionnel (LMP) lorsque, de façon cumulative, les recettes annuelles de l'activité excèdent 23 000 euros et sont supérieures aux autres revenus d'activité du foyer fiscal (CGI art. 155, IV). À défaut, il est non professionnel (LMNP). Le statut détermine l'imputation des déficits, l'assujettissement aux cotisations sociales et le régime des plus-values de cession.
Comment fonctionne l'amortissement du bien et du mobilier ?
Sous le régime réel, l'exploitant déduit chaque année une fraction de la valeur de l'immeuble (hors terrain, par composants) et du mobilier, au titre de l'amortissement (CGI art. 39 C). Ce mécanisme réduit le résultat imposable. La déduction de l'amortissement de l'immeuble est toutefois plafonnée : elle ne peut ni créer ni aggraver un déficit fiscal. La fraction d'amortissement non déduite est reportée sur les exercices suivants.
Quel régime de plus-values s'applique à la cession ?
Cela dépend du statut. Le LMP relève des plus-values professionnelles, avec une exonération possible selon le montant des recettes après cinq ans d'activité (CGI art. 151 septies). Le LMNP relève des plus-values des particuliers, avec les abattements pour durée de détention et l'exonération au terme du délai de droit commun. Le régime doit être anticipé dès l'acquisition, car il influence fortement la rentabilité nette d'une opération.
Qu'a changé la loi de finances pour 2025 pour le LMNP ?
L'article 84 de la loi de finances pour 2025 a modifié le calcul de la plus-value de cession des biens détenus en LMNP : les amortissements déduits pendant la location viennent minorer le prix d'acquisition retenu pour le calcul de la plus-value, ce qui en augmente l'assiette imposable. Auparavant, ces amortissements restaient sans incidence sur la plus-value des particuliers. Des exceptions sont prévues, notamment pour certaines résidences services.
Quelles cessions échappent à la réintégration des amortissements ?
La loi prévoit des exceptions à la réintégration, visant principalement certaines résidences services : résidences étudiantes, résidences pour personnes âgées ou en situation de handicap. Pour ces biens, les amortissements déduits ne viennent pas majorer l'assiette de la plus-value. L'application de ces exceptions suppose une vérification précise de la nature de la résidence et des conditions posées par le texte.
Le statut LMP est-il toujours plus avantageux que le LMNP ?
Non. Le LMP offre l'imputation des déficits sur le revenu global et l'accès aux exonérations de plus-values professionnelles (CGI art. 151 septies), mais il emporte l'assujettissement aux cotisations sociales et une gestion plus lourde. Le LMNP peut rester préférable dans de nombreuses situations, en particulier depuis la réforme de 2025 qui n'affecte pas les résidences services éligibles aux exceptions. L'arbitrage se fait au cas par cas, en fonction des recettes, des autres revenus du foyer et de l'horizon de détention.
Une activité para-hôtelière peut-elle devenir professionnelle sans que je le décide ?
Oui. Le caractère professionnel résulte du seul constat des conditions de l'article 155, IV du CGI : dès lors que les recettes dépassent 23 000 euros et excèdent les autres revenus d'activité du foyer, le statut de LMP s'applique de plein droit, sans démarche particulière. Ce basculement peut être subi, par exemple en cas de baisse des autres revenus du foyer, et modifier le régime des plus-values applicable à une cession ultérieure. Un suivi annuel est nécessaire.
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