GUIDE DE RéFéRENCE
Recodification — TVA

À compter du 1er septembre 2026, les dispositions du CGI relatives à la TVA basculent vers le Code des impositions sur les biens et services (CIBS), Livre II (ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025). Il s'agit d'une recodification à droit constant — la règle de fond reste identique, seule la numérotation évolue. Les références actuelles au CGI demeurent juridiquement valables jusqu'au 31 décembre 2027 (période de transition).

Pôle Fiscalité · Immobilier et meublés

La fiscalité de la para-hôtellerie : le guide complet

La para-hôtellerie désigne la location de locaux meublés assortie de prestations de services proches de l'hôtellerie. Elle se distingue de la location meublée classique par une conséquence centrale : la soumission à la TVA. Une activité est para-hôtelière lorsque le loueur fournit, dans des conditions similaires à l'hôtellerie, au moins trois des quatre services de référence (petit-déjeuner, nettoyage régulier des locaux, fourniture de linge de maison, réception de la clientèle), au sens de l'article 261 D, 4°-b du CGI. Cette qualification commande ensuite le régime de TVA, l'imposition des revenus (BIC, LMNP/LMP, amortissement), les cotisations sociales et la CFE. Ce guide réunit ces dimensions et relie l'ensemble du cluster du cabinet.

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La para-hôtellerie : le test des services

En droit interne, la location de locaux meublés à usage d'habitation est exonérée de TVA en application de l'article 261 D, 4° du CGI. Le b de ce texte prévoit une exception déterminante : l'exonération tombe lorsque le loueur fournit, en plus de l'hébergement, des prestations para-hôtelières dans des conditions similaires à celles des établissements d'hébergement à caractère hôtelier. C'est cette exception qui définit la para-hôtellerie et l'assujettit à la TVA.

Le test repose sur quatre services de référence : le petit-déjeuner, le nettoyage régulier des locaux, la fourniture de linge de maison et la réception, même non personnalisée, de la clientèle. Depuis la mise en conformité opérée par la loi de finances pour 2024, l'article 261 D, 4°-b exige lui-même la mise à disposition d'un local meublé assortie d'au moins trois de ces quatre services, la prestation d'hébergement étant par ailleurs proposée pour une durée n'excédant pas trente nuitées. Le juge apprécie la réalité et le caractère effectif de ces prestations, au-delà de leur mention formelle dans un contrat.

Le cadre a été redessiné par la décision du Conseil d'État du 5 juillet 2023 (n° 471877), qui a jugé une partie du 261 D, 4°-b incompatible avec la directive TVA, suivie d'une mise en conformité législative du texte. La qualification para-hôtelière emporte des effets en chaîne : régime de TVA (assujettissement, droit à déduction, option), imposition des revenus en BIC avec le régime LMNP ou LMP, cotisations sociales et cotisation foncière des entreprises. Le cabinet privilégie un nombre limité de dossiers afin de garantir l'implication directe des associés, et évalue la pertinence d'une intervention avant tout engagement.

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Les quatre dimensions de la fiscalité para-hôtelière

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Qualification para-hôtelière

La qualification est le point de départ de tout le régime. Elle repose sur la fourniture effective de services dans des conditions similaires à l'hôtellerie, appréciée service par service.

  • Le test des quatre services (petit-déjeuner, nettoyage régulier, fourniture de linge, réception de la clientèle) et le seuil de trois services sur quatre : voir notre analyse dédiée sur la qualification para-hôtelière des services
  • La frontière avec la location meublée classique exonérée de TVA (CGI art. 261 D, 4°), détaillée dans notre page sur la fiscalité des locations meublées
  • L'appréciation du caractère effectif et similaire à l'hôtellerie des prestations, au-delà des clauses contractuelles
  • L'articulation avec la location de biens meubles corporels lorsque la mise à disposition porte sur des équipements distincts de l'hébergement : voir la TVA des locations de biens meubles corporels
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TVA para-hôtelière

La qualification para-hôtelière fait sortir l'activité de l'exonération et la soumet à la TVA, avec l'assujettissement des recettes, le droit à déduction sur les dépenses et, le cas échéant, l'option.

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Impôt sur le revenu : BIC, LMNP et LMP

Les revenus para-hôteliers sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, avec le jeu de l'amortissement et la distinction entre loueur non professionnel et loueur professionnel.

  • L'imposition en BIC, le choix entre micro-BIC et régime réel, et la déduction de l'amortissement du bien et du mobilier au réel : voir para-hôtellerie, LMNP, LMP et impôt sur le revenu
  • La distinction LMNP / LMP et le régime de l'article 155, IV du CGI (seuil de recettes de 23 000 euros et prépondérance de ces recettes dans les revenus du foyer fiscal)
  • Le sort des déficits et l'imputation différenciée selon le caractère professionnel ou non de l'activité
  • L'inscription de l'activité dans l'ensemble de la fiscalité immobilière patrimoniale du contribuable
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Cotisations sociales et CFE

La para-hôtellerie relève d'une activité de nature commerciale : elle emporte, au-delà d'un seuil de recettes, une affiliation sociale, et l'assujettissement à la cotisation foncière des entreprises.

  • L'affiliation sociale au titre d'une activité de para-hôtellerie et le seuil de 23 000 euros de recettes (CSS art. L. 611-1) : voir cotisations sociales de la para-hôtellerie
  • La distinction entre régime des travailleurs indépendants et régime général selon la nature et l'intensité des services rendus
  • L'assujettissement à la cotisation foncière des entreprises (CFE) au titre de l'activité exercée à titre habituel
  • L'articulation des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine avec les cotisations dues au titre de l'activité
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Les analyses du cabinet

L'ensemble des articles du cluster para-hôtellerie, de la qualification à la TVA, à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales.

Qualification

Qualification para-hôtelière : le test des services

Le test des quatre services (petit-déjeuner, nettoyage régulier, fourniture de linge, réception) et le seuil de trois services sur quatre pour basculer dans le champ para-hôtelier.

2026 Lire l'article
TVA · BOFiP

TVA para-hôtellerie : la lecture du BOFiP

Assujettissement à la TVA, droit à déduction et conditions du 261 D, 4°-b, tels que précisés par la doctrine administrative.

2026 Lire l'article
Conseil d'État

TVA et locations meublées : l'arrêt du 12 novembre 2025

La décision du Conseil d'État du 12 novembre 2025 durcit les conditions du régime para-hôtelier et resserre l'appréciation des services de référence.

Novembre 2025 Lire l'article
TVA · Bilan

TVA para-hôtellerie : bilan 2026 après la décision n° 498267

État des lieux du régime para-hôtelier à la suite de la décision n° 498267 : critères retenus, conséquences pratiques pour les loueurs.

2026 Lire l'article
Impôt sur le revenu

Para-hôtellerie, LMNP, LMP et impôt sur le revenu

Imposition en BIC, amortissement du bien et du mobilier au réel, distinction LMNP/LMP et régime de l'article 155, IV du CGI.

2026 Lire l'article
Cotisations sociales

Cotisations sociales de la para-hôtellerie

Affiliation sociale au-delà du seuil de 23 000 euros de recettes (CSS art. L. 611-1), régime applicable et articulation avec les prélèvements sociaux.

2026 Lire l'article
Locations meublées

Fiscalité des locations meublées

Le régime des meublés exonérés de TVA (CGI art. 261 D, 4°), point de comparaison indispensable pour délimiter la para-hôtellerie.

2026 Lire l'article
Hôtellerie

TVA de l'hôtellerie

Régime de TVA propre aux établissements hôteliers, référence à laquelle sont comparées les prestations para-hôtelières.

2026 Lire l'article
Courte durée

Airbnb et TVA

Traitement TVA des locations de courte durée et frontière avec l'activité para-hôtelière selon les services proposés.

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Hôtellerie

TVA et no-show en hôtellerie

Régime de TVA des indemnités de no-show et des réservations non honorées dans le secteur de l'hébergement.

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TVA · Biens meubles

TVA des locations de biens meubles corporels

Régime TVA de la mise à disposition d'équipements et de biens meubles corporels, à distinguer de l'hébergement para-hôtelier.

2026 Lire l'article
Immobilier

Fiscalité immobilière

Vue d'ensemble de la fiscalité immobilière dans laquelle s'inscrit l'activité para-hôtelière du contribuable.

2026 Lire l'article
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Questions fréquentes

Qu'est-ce que la para-hôtellerie sur le plan fiscal ?

La para-hôtellerie est la location de locaux meublés assortie de prestations de services fournies dans des conditions similaires à celles de l'hôtellerie. Alors que la location meublée est en principe exonérée de TVA (article 261 D, 4° du CGI), l'activité para-hôtelière relève de l'exception du 261 D, 4°-b et se trouve soumise à la TVA. Le critère déterminant n'est pas la nature du bien, mais l'existence de services para-hôteliers effectifs.

Quels sont les quatre services para-hôteliers de référence ?

Les quatre services de référence sont : le petit-déjeuner, le nettoyage régulier des locaux, la fourniture de linge de maison et la réception, même non personnalisée, de la clientèle. Depuis la loi de finances pour 2024, l'article 261 D, 4°-b du CGI retient que la mise à disposition d'un local meublé assortie d'au moins trois de ces quatre services, pour une durée n'excédant pas trente nuitées, fait basculer l'activité dans le champ para-hôtelier soumis à la TVA.

La para-hôtellerie est-elle soumise à la TVA ?

Oui. Dès lors que l'activité est qualifiée de para-hôtelière, elle sort de l'exonération de l'article 261 D, 4° du CGI et devient soumise à la TVA. Cet assujettissement ouvre en contrepartie un droit à déduction de la TVA supportée sur les investissements (acquisition, travaux, mobilier) et sur les charges d'exploitation. Le régime précis, ainsi que la portée de la décision du Conseil d'État du 12 novembre 2025, sont détaillés dans nos analyses TVA para-hôtellerie et BOFiP et l'arrêt du 12 novembre 2025.

Quelle est la portée de la décision du Conseil d'État du 5 juillet 2023 ?

Par sa décision du 5 juillet 2023 (n° 471877), le Conseil d'État a jugé une partie de l'article 261 D, 4°-b du CGI incompatible avec la directive TVA, en ce qu'elle reposait sur des conditions cumulatives trop rigides. Cette décision a conduit à une mise en conformité législative du texte, qui recentre l'analyse sur la réalité des services offerts dans des conditions similaires à l'hôtellerie. La jurisprudence ultérieure, dont la décision du 12 novembre 2025, a précisé ces conditions.

Comment sont imposés les revenus de para-hôtellerie ?

Les revenus para-hôteliers relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Le loueur peut opter pour le régime réel et déduire ses charges, ainsi que l'amortissement du bien immobilier et du mobilier, ce qui réduit fortement le résultat imposable. Selon le niveau de recettes et les conditions de l'article 155, IV du CGI, l'activité est exercée à titre de loueur non professionnel (LMNP) ou de loueur professionnel (LMP), ce qui modifie notamment le traitement des déficits. Voir notre page para-hôtellerie, LMNP, LMP et impôt sur le revenu.

Quelle différence entre location meublée classique et para-hôtellerie ?

La location meublée classique se limite à la mise à disposition d'un logement équipé et reste exonérée de TVA (CGI art. 261 D, 4°). La para-hôtellerie ajoute des services (petit-déjeuner, nettoyage, linge, réception) dans des conditions proches de l'hôtellerie, ce qui la fait basculer dans le champ de la TVA et emporte des conséquences en matière sociale et de CFE. La ligne de partage se trouve donc dans la nature et l'effectivité des services, détaillée dans nos pages fiscalité des locations meublées et qualification para-hôtelière.

La para-hôtellerie entraîne-t-elle une affiliation aux cotisations sociales ?

Oui, au-delà d'un seuil de recettes. La para-hôtellerie étant une activité de nature commerciale, elle emporte une affiliation sociale lorsque les recettes annuelles dépassent 23 000 euros, en application de l'article L. 611-1 du code de la sécurité sociale. Le régime applicable (travailleurs indépendants ou régime général) dépend de la nature et de l'intensité des services rendus. Voir notre analyse sur les cotisations sociales de la para-hôtellerie.

L'activité para-hôtelière est-elle soumise à la CFE ?

Oui. La para-hôtellerie constitue une activité professionnelle exercée à titre habituel : elle est en principe soumise à la cotisation foncière des entreprises (CFE), comme toute activité commerciale. Cette imposition s'ajoute aux conséquences en matière de TVA, d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales, ce qui justifie une analyse d'ensemble du projet avant sa mise en place.

Cité par
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