Guide opérationnel · CGI art. 1649 A — échange automatique

Comptes bancaires à l'étranger : obligations et échange automatique

Les résidents fiscaux français déclarent chaque année leurs comptes bancaires étrangers (CGI art. 1649 A), leurs contrats d'assurance-vie souscrits hors de France (art. 1649 AA) et leurs portefeuilles de cryptoactifs ouverts à l'étranger (art. 1649 bis C). Depuis 2017, l'échange automatique de renseignements transmet à l'administration française les comptes que les banques étrangères tiennent pour des résidents français : un compte non déclaré n'est plus invisible. Sanctions : 1 500 € par compte et par année, 10 000 € pour un État sans assistance administrative, majoration de 80 % en cas de rectification (art. 1729-0 A) et délai de reprise de 10 ans (LPF art. L. 169), sauf soldes totaux restés sous 50 000 €.

Analyse par Me Jonathan Bensaid · Avocat fiscaliste · Paris & Genève · mise à jour du 6 octobre 2026
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L'essentiel en 30 secondes

Tout résident fiscal français déclare chaque année tous ses comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l'étranger pendant l'année, y compris ceux dont il est seulement bénéficiaire économique ou qu'il utilise grâce à une procuration (CGI art. 1649 A ; BOI-CF-CPF-30-20). Le texte, la notion de compte utilisé et l'amende sont analysés dans notre page article 1649 A du CGI : déclaration 3916 et amende.

Un formulaire, le n° 3916-3916 bis, joint à la déclaration de revenus n° 2042 : une déclaration par compte, contrat ou portefeuille. Le mode d'emploi est détaillé dans déclarer ses comptes bancaires à l'étranger.

Détection : avec l'échange automatique de renseignements (norme commune de déclaration de l'OCDE, dite CRS, et directive européenne DAC2), les banques de plus de cent juridictions déclarent chaque année les comptes de résidents français ; la Suisse échange avec les États de l'Union depuis 2018, sur les données collectées depuis 2017.

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Obligations, formulaire, sanctions et échange automatique

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1. Qui doit déclarer ?

Tout résident fiscal français, quelle que soit sa nationalité.

  • Comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos pendant l'année
  • Comptes dont vous êtes titulaire, cotitulaire ou bénéficiaire économique
  • Comptes de tiers sur lesquels vous utilisez une procuration pour vous-même
  • Comptes à usage privé ou professionnel, l'usage étant indiqué sur la déclaration
  • Pas de seuil minimum de solde
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2. Le formulaire à déposer

Un formulaire unique, avec une déclaration par compte, contrat ou portefeuille.

  • Comptes bancaires : comptes courants, livrets, comptes-titres (art. 1649 A)
  • Contrats d'assurance-vie ou de capitalisation souscrits hors de France (art. 1649 AA)
  • Portefeuilles de cryptoactifs ouverts auprès de plateformes étrangères (art. 1649 bis C)
  • Dépôt avec la déclaration de revenus, en ligne ou sur papier
  • Références complètes : établissement, adresse, numéro du compte, nature, usage, dates d'ouverture ou de clôture
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3. Sanctions financières

Droits éludés, intérêt de retard, puis amende ou majoration, qui ne se cumulent pas sur les mêmes droits.

  • 1 500 € par compte et par année non déclarés (CGI art. 1736, IV, 2)
  • 10 000 € par compte et par année si l'État n'a pas conclu de convention d'assistance administrative
  • Majoration de 80 % des droits rectifiés (CGI art. 1729-0 A), au moins égale à l'amende, qu'elle remplace
  • Délai de reprise de 10 ans (LPF art. L. 169, al. 5), sauf soldes totaux ≤ 50 000 € prouvés
  • Amendes par compte et par année, sans plafond global
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4. Échange automatique (CRS, DAC)

Norme commune de déclaration de l'OCDE et directive européenne DAC2 : la France échange depuis 2017.

  • Plus de cent juridictions participantes, dont la Suisse, le Luxembourg et le Royaume-Uni ; les États-Unis transmettent selon l'accord FATCA
  • Données échangées : identité du titulaire, numéro de compte, solde ou valeur, intérêts, dividendes, produits de cession
  • Rythme annuel : les données de l'année N sont échangées au cours de l'année N+1
  • Rapprochement avec les déclarations de revenus et les formulaires 3916 déposés
  • Extension aux cryptoactifs : DAC8 et cadre CARF de l'OCDE, pour les données collectées à partir de 2026
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Après la détection : contrôle ou démarche spontanée

Ce qui change selon que le contribuable déclare avant ou après l'engagement d'un contrôle.

Trois étapes : audit, déclarations rectificatives, paiement

La régularisation d'un compte non déclaré reste possible tant qu'aucun contrôle n'est engagé. Le STDR, qui appliquait des taux de majoration réduits, a fermé le 31 décembre 2017 : il n'existe plus de barème négocié. La démarche spontanée écarte en principe la majoration de 80 %, qui vise les droits rectifiés par l'administration, et la dénonciation obligatoire au parquet (LPF art. L. 228, qui n'est pas applicable aux contribuables ayant déposé spontanément une déclaration rectificative) ; l'amende par compte reste due.

Process de régularisation

Étape 1 : audit et origine des fonds

Liste des comptes, soldes sur chaque année pour tester le seuil de 50 000 €, origine des fonds (héritage, cession, épargne déjà imposée). Cette preuve évite la taxation de l'article 755 du CGI, qui répute acquis à titre gratuit les avoirs d'origine non justifiée.

Étape 2 : déclarations rectificatives

Dépôt des formulaires 3916 manquants et des déclarations de revenus rectificatives pour les années non prescrites (10 ans, LPF art. L. 169, al. 5, sauf seuil des 50 000 €), avec, le cas échéant, l'IFI et les droits de succession.

Étape 3 : paiement

Paiement des droits et de l'intérêt de retard (0,20 % par mois). La réduction de moitié de l'intérêt de retard (CGI art. 1727, V) suppose notamment le dépôt spontané d'une déclaration rectificative avant la fin du délai de reprise, accompagné du paiement des droits simples (ou d'un plan de règlement accepté), et elle est exclue en cas d'infraction exclusive de bonne foi. L'administration réserve en outre le dispositif, dans sa doctrine, aux redevables qui ont déposé leur déclaration initiale et acquitté les droits dans les délais (BOI-DAE-20-10, § 10). Aucune remise des amendes n'est due de droit.

Coût comparé : exemple chiffré

Hypothèse d'école : compte suisse, revenus non déclarés de 20 000 € par an pendant sept ans, taux global de 30 %, soit 42 000 € de droits. Après contrôle : majoration de 80 % (33 600 €), total de 75 600 € hors intérêts. Démarche spontanée : droits et au plus 10 500 € d'amendes (1 500 € × 7), soit 52 500 € hors intérêts. Le détail et deux autres cas figurent dans notre page régularisation de comptes à l'étranger.

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Expert référent : Me Jonathan Bensaid

Me Jonathan Bensaid, avocat fondateur du cabinet, inscrit aux barreaux de Paris et de Genève, accompagne les contribuables dans la régularisation spontanée de comptes étrangers (Suisse, Luxembourg, Royaume-Uni, États-Unis) : audit historique, reconstitution documentaire, déclarations rectificatives, défense en cas de contrôle.

  • CGI art. 1649 A
  • CGI art. 1736, IV
  • LPF art. L. 169
  • Formulaire 3916-3916 bis
  • CRS / DAC
  • Barreaux Paris & Genève
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Questions fréquentes sur les comptes étrangers

Dois-je déclarer un compte étranger même s'il est inactif ?

Oui. L'article 1649 A vise les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos pendant l'année, sans seuil de solde. Depuis le 1er janvier 2019, la doctrine exige la déclaration de tous les comptes détenus, même inactifs (BOI-CF-CPF-30-20, § 120). Un compte presque vide, ou fermé en cours d'année, se déclare.

Que recouvre le formulaire 3916-3916 bis ?

Un seul formulaire couvre les comptes bancaires (art. 1649 A), les contrats d'assurance-vie et de capitalisation souscrits hors de France (art. 1649 AA) et les portefeuilles de cryptoactifs ouverts à l'étranger (art. 1649 bis C). Une déclaration distincte est souscrite pour chaque compte, contrat ou portefeuille.

Quel est le délai de reprise de l'administration en cas de compte non déclaré ?

10 ans au lieu de 3 ans (LPF art. L. 169, al. 5), pour les seuls revenus afférents au compte non déclaré : l'administration peut reprendre jusqu'à la fin de la dixième année suivant celle de l'imposition. L'extension ne s'applique pas si vous prouvez que le total des soldes créditeurs de vos comptes à l'étranger n'a pas excédé 50 000 € à un moment quelconque de l'année.

Une demande d'assistance adressée à l'étranger peut-elle prolonger le délai de reprise ?

Oui, et depuis la loi du 25 juin 2026 jusqu'à la fin de la deuxième année suivant la réponse. Lorsque l'administration a, dans le délai initial de reprise, demandé des renseignements à l'autorité compétente d'un autre État ou territoire (la Suisse ou le Portugal, par exemple), elle peut réparer les omissions ou insuffisances afférentes à cette demande jusqu'à la fin de la deuxième année qui suit celle de la réception de la réponse et, au plus tard, jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant celle au titre de laquelle le délai initial de reprise est écoulé (LPF, art. L. 188 A). Avant la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 (art. 101), la période suivant la réponse était d'un an ; le plafond de la troisième année n'a pas changé. La règle nouvelle s'applique aux délais de reprise venant à expiration à compter de la publication de la loi, le 26 juin 2026. La prorogation suppose que vous ayez été informé de la demande dans les soixante jours de son envoi, puis de la réponse dans les soixante jours de sa réception, et elle ne couvre que les omissions liées à la demande. L'administration n'est pas tenue d'y recourir (BOI-CF-PGR-10-60, § 360, dont le texte du 16 janvier 2019 décrit encore l'ancien délai d'un an). Exemple : pour des revenus de 2016 d'un compte étranger non déclaré, dont le délai de reprise décennal (LPF, art. L. 169) expire le 31 décembre 2026, une demande envoyée en 2026 et suivie d'une réponse la même année permet de rectifier jusqu'au 31 décembre 2028 (31 décembre 2027 avant la réforme) ; une réponse en 2027, ou l'absence de réponse, mène au 31 décembre 2029.

La régularisation spontanée est-elle encore possible en 2026 ?

Oui, tant qu'aucun contrôle n'est engagé. Le service de traitement des déclarations rectificatives (STDR), ouvert de 2013 à 2017, n'existe plus ; la régularisation relève du droit commun, auprès du service des impôts compétent. Méthode et cas chiffrés : régularisation de comptes à l'étranger.

Les sanctions s'appliquent-elles aussi aux comptes en Suisse ou au Luxembourg ?

Oui. L'amende est de 1 500 € par compte et par année pour les États ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative permettant l'accès aux renseignements bancaires, ce qui est le cas de la Suisse et du Luxembourg. Le montant passe à 10 000 € pour les États sans une telle convention. La Suisse et le Luxembourg participent à l'échange automatique : les comptes de résidents français y sont déclarés chaque année.

Cité par

Régulariser un compte étranger en toute sécurité

Premier échange confidentiel. Audit historique, reconstitution documentaire, déclarations rectificatives, accompagnement jusqu'au paiement, défense en cas de contrôle.