Recodification — TVA

À compter du 1er septembre 2026, les dispositions du CGI relatives à la TVA basculent vers le Code des impositions sur les biens et services (CIBS), Livre II (ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025). Il s'agit d'une recodification à droit constant — la règle de fond reste identique, seule la numérotation évolue. Les références actuelles au CGI demeurent juridiquement valables jusqu'au 31 décembre 2027 (période de transition).

TVA immobilière, CGI art. 279-0 bis A

Logement locatif intermédiaire (LLI) :
le nouveau BOFiP du 8 juillet 2026

L'administration a publié le 8 juillet 2026 la version consolidée de sa doctrine sur le logement locatif intermédiaire (BOI-TVA-IMM-30), après la consultation publique ouverte sur la version du 2 avril 2025. Le texte confirme le taux réduit de TVA de 10 % de l'article 279-0 bis A du CGI et apporte des clarifications attendues : résidences-services exploitées par bail commercial, démembrement de propriété, calcul favorable de la condition de mixité issu de la loi de finances pour 2026, fait générateur en VEFA et cas dans lesquels la revente ou la vacance ne remettent pas en cause le taux réduit. Cette page passe en revue ce qui change réellement pour les opérateurs et les investisseurs institutionnels.

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— En bref
Texte applicable
CGI art. 279-0 bis A, taux réduit de 10 %
Doctrine en vigueur
BOI-TVA-IMM-30, version du 8 juillet 2026
Acquéreur
Personne morale (investisseurs institutionnels, sociétés, usufruitier en cas de démembrement)
Mixité
Calcul LF 2026 : LLS / (LLS + LLI) supérieur à 25 %
Avantage associé
Créance d'impôt au titre de la taxe foncière des logements LLI
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Ce que change la doctrine consolidée du 8 juillet 2026

Le logement locatif intermédiaire permet à un investisseur personne morale d'acquérir des logements neufs (ou issus de la transformation de bureaux) au taux réduit de TVA de 10 %, sous conditions : location nue ou meublée à usage de résidence principale, plafonds de loyers et de ressources des locataires, localisation en zone tendue ou assimilée, et condition de mixité sociale. Le dispositif s'accompagne d'une créance d'impôt au titre de la taxe foncière supportée sur ces logements.

La version du BOI-TVA-IMM-30 publiée le 8 juillet 2026 stabilise la doctrine après la consultation publique ouverte sur la version du 2 avril 2025. Elle intègre le calcul de mixité issu de la loi de finances pour 2026, nettement plus favorable aux opérateurs, et tranche plusieurs questions pratiques restées ouvertes : sort des résidences-services exploitées par bail commercial, traitement du démembrement de propriété, notion d'ensemble immobilier, opérations sur immeubles achevés depuis moins de cinq ans, fait générateur en VEFA et hypothèses de revente ou de vacance sans remise en cause du taux.

Pour les opérateurs, l'enjeu n'est pas seulement le taux : c'est la sécurisation dans la durée. Le complément de TVA reste exigible en cas de manquement à l'engagement de location, selon un barème dégressif dans le temps. La documentation de chaque condition, dès la structuration, demeure donc décisive.

Le cabinet privilégie un nombre limité d'interventions afin de garantir l'implication directe des associés sur chaque dossier, et évalue systématiquement la pertinence d'une intervention avant tout engagement.

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Les 9 clarifications à retenir

Ce que la version du 8 juillet 2026 tranche concrètement.

Une doctrine enfin stabilisée pour les opérateurs du LLI

Les neuf points ci-dessous sont ceux qui modifient réellement la pratique des monteurs d'opérations, des foncières et des gestionnaires de résidences. Plusieurs reprennent des positions favorables demandées lors de la consultation publique.

Les clarifications

1. Résidences-services : le bail commercial ne fait pas obstacle

La location de l'immeuble à un exploitant par bail commercial (résidences étudiantes, seniors) ne prive pas l'opération du taux réduit, dès lors que les logements sont in fine occupés en résidence principale dans les conditions du dispositif.

2. Démembrement : taux de 10 % à la constitution de la nue-propriété

La doctrine confirme l'application du taux réduit lors de la constitution de la nue-propriété et précise les conséquences de l'extinction de l'usufruit : pas de remise en cause si le nu-propriétaire poursuit la location dans les conditions du régime.

3. Les relations bailleur-locataire n'affectent pas le régime

Les modalités de la relation locative (colocation, renouvellements, pratiques de gestion) restent sans incidence sur le bénéfice du taux réduit, tant que les conditions structurelles du dispositif demeurent satisfaites.

4. Mixité : le calcul favorable de la LF 2026 est acté

La condition de mixité s'apprécie désormais selon la formule LLS / (LLS + LLI) supérieur à 25 % : seuls les logements sociaux et intermédiaires entrent au dénominateur, ce qui facilite nettement le respect du seuil dans les programmes mixtes comportant du logement libre.

5. Ensemble immobilier : un document d'aménagement commun

La notion d'ensemble immobilier, cadre d'appréciation de la mixité, suppose un document d'aménagement commun, y compris lorsque le programme réunit plusieurs opérateurs.

6. Immeubles achevés depuis moins de cinq ans

Les acquisitions portant sur des immeubles achevés depuis moins de cinq ans peuvent bénéficier du taux de 10 % dans les conditions de droit commun des livraisons d'immeubles neufs.

7. VEFA : le fait générateur clarifié

La doctrine reprend la position exprimée en réponse ministérielle sur le fait générateur en vente en l'état futur d'achèvement, sécurisant le taux applicable aux appels de fonds.

8. Cession et vacance : pas de reversement automatique

La revente à un opérateur qui s'engage à poursuivre la location dans les conditions du dispositif n'entraîne pas de complément de TVA ; de même, une vacance accompagnée d'une recherche active de locataire ne vaut pas rupture de l'engagement.

9. Cession du contrat de VEFA : le rescrit actualisé lève le risque du taux de 20 %

Le rescrit BOI-RES-TVA-000064, mis à jour le 8 juillet 2026, sécurise le transfert d'un contrat de VEFA en cours : le taux réduit de 10 % est maintenu au profit du cessionnaire qui satisfait aux conditions du dispositif, le cédant conserve la déduction de la TVA versée au promoteur, et les appels de fonds postérieurs restent facturés à 10 %. Une version antérieure du rescrit avait fait naître un risque de requalification de la cession en immeuble inachevé, avec un enjeu de taux à 20 % : ce point est désormais purgé.

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Notre approche

Le cabinet intervient aux côtés des opérateurs, foncières, bailleurs institutionnels et family offices sur la structuration TVA de leurs opérations de logement locatif intermédiaire : audit d'éligibilité (zone, mixité, plafonds), sécurisation du taux en VEFA et en démembrement, rédaction des engagements, gestion des évolutions du programme (cession, vacance, changement d'exploitant) et défense en cas de remise en cause. L'articulation avec la créance d'impôt de taxe foncière et les autres régimes de TVA immobilière est traitée dans la même analyse.

  • Logement locatif intermédiaire
  • TVA 10 %
  • CGI art. 279-0 bis A
  • VEFA
  • Démembrement
  • Résidences-services
— FAQ

LLI et TVA : vos questions

Qu'est-ce que le logement locatif intermédiaire (LLI) ?

Le LLI est un dispositif de l'article 279-0 bis A du CGI qui applique le taux réduit de TVA de 10 % aux livraisons de logements neufs (ou issus de la transformation de locaux professionnels) acquis par des personnes morales pour être loués à usage de résidence principale, à des loyers et à des locataires sous plafonds, dans des zones où l'offre de logement est tendue. Il vise le segment situé entre le logement social et le marché libre, et s'accompagne d'une créance d'impôt au titre de la taxe foncière.

Qu'apporte la version du BOI-TVA-IMM-30 du 8 juillet 2026 ?

Elle consolide la doctrine après la consultation publique ouverte sur la version du 2 avril 2025. Les apports principaux : confirmation du régime pour les résidences-services exploitées par bail commercial, traitement du démembrement (taux réduit à la constitution de la nue-propriété, sort de l'extinction d'usufruit), intégration du calcul de mixité de la loi de finances pour 2026, précision de la notion d'ensemble immobilier, régime des immeubles achevés depuis moins de cinq ans, fait générateur en VEFA, et absence de reversement en cas de cession à un repreneur engagé ou de vacance avec recherche active de locataire.

Comment s'apprécie désormais la condition de mixité ?

Selon la formule issue de la loi de finances pour 2026 : le nombre de logements locatifs sociaux rapporté à la somme des logements sociaux et des logements intermédiaires de l'ensemble considéré doit excéder 25 %. Les logements libres du programme n'entrent plus au dénominateur, ce qui rend le seuil nettement plus accessible dans les programmes mixtes. La condition est écartée dans certaines hypothèses, notamment pour des résidences-services.

La revente de l'immeuble remet-elle en cause le taux de 10 % ?

Pas nécessairement. Le complément de TVA n'est pas dû lorsque la cession intervient au profit d'un acquéreur qui s'engage à poursuivre la location dans les conditions du dispositif. À défaut, un complément reste exigible selon un barème dégressif en fonction de la durée de location déjà écoulée, l'engagement s'éteignant après vingt ans.

Une période de vacance locative fait-elle perdre le bénéfice du régime ?

Non, dès lors que la vacance demeure temporaire et que le bailleur justifie d'une recherche active de locataire aux conditions du dispositif (loyers plafonnés, locataires sous plafonds de ressources). La documentation de cette recherche (mandats, annonces, diligences) est déterminante en cas de contrôle.

Le LLI peut-il être combiné avec un démembrement de propriété ?

Oui. La doctrine du 8 juillet 2026 confirme que le taux réduit s'applique à la constitution de la nue-propriété et que l'usufruitier, personne morale, peut être le bénéficiaire du dispositif. À l'extinction de l'usufruit, le régime n'est pas remis en cause si le nu-propriétaire poursuit la location dans les conditions requises. La structuration précise (durée, sort des engagements) doit être calibrée dès l'origine.

Peut-on céder un contrat de VEFA conclu au taux de 10 % sans perdre le bénéfice du régime ?

Oui, dans les conditions précisées par le rescrit BOI-RES-TVA-000064, actualisé le 8 juillet 2026. Le transfert du contrat de VEFA au profit d'un cessionnaire qui remplit les conditions du dispositif (personne morale éligible, engagement de location intermédiaire) préserve le taux réduit de 10 % : le cédant conserve la déduction de la TVA acquittée sur les appels de fonds antérieurs, et le promoteur facture les appels de fonds postérieurs au taux réduit. Une version antérieure du rescrit avait suscité un débat sur la qualification de la cession (immeuble inachevé, avec un risque de taux à 20 %) : la mise à jour du 8 juillet 2026 lève cette difficulté. La rédaction de l'acte de cession et la vérification de l'éligibilité du cessionnaire restent déterminantes.

Quel lien avec la TVA immobilière de droit commun ?

Le LLI est un régime de faveur au sein de la TVA immobilière : l'opération reste soumise aux règles générales des livraisons d'immeubles neufs (assujettissement, fait générateur, droit à déduction), le taux de 10 % se substituant au taux normal. L'analyse d'une opération LLI s'articule donc toujours avec le droit commun de la TVA immobilière, notamment en VEFA et en cas de revente dans les cinq ans de l'achèvement.

Cité par

Une opération LLI à structurer ou à sécuriser ?

Premier échange confidentiel, sans engagement. Nous répondons sous 48h ouvrées.

François Ouairy, avocat associé

Article rédigé par

Me François Ouairy, avocat associé en charge du bureau de Paris, expert en fiscalité immobilière, fiducie et fiscalité financière.