Gestion de patrimoine, Engagement philanthropique

Mécénat et philanthropie

Structurer un engagement philanthropique consiste à choisir le bon outil de don et, le cas échéant, le bon véhicule pérenne, en articulant l'intention avec la fiscalité et la transmission. Le cabinet accompagne particuliers, familles et entreprises sur l'ensemble du cadre : réduction d'impôt sur le revenu de 66 % (CGI art. 200), réduction d'impôt sur les sociétés de 60 % (CGI art. 238 bis), réduction d'IFI de 75 % (CGI art. 978), création de fonds de dotation ou de fondation, et exonération de droits de mutation des libéralités aux œuvres (CGI art. 795).

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Structurer un engagement philanthropique

Un engagement philanthropique se structure autour de trois questions : quelle cause soutenir, selon quel horizon (don ponctuel ou dotation pérenne), et par quel véhicule. La réponse fiscale découle de ces choix, et non l'inverse : c'est l'intention patrimoniale qui commande l'outil, non l'avantage fiscal qui doit dicter la générosité.

Le droit français distingue le don simple, qui ouvre droit à une réduction d'impôt sans structure dédiée, et la philanthropie organisée, qui repose sur un véhicule propre, fonds de dotation, fondation reconnue d'utilité publique ou fondation abritée. Le premier privilégie la souplesse ; les seconds permettent d'inscrire l'engagement dans la durée et d'associer les générations suivantes à la gouvernance.

La pérennisation de la philanthropie familiale suppose d'articuler l'outil philanthropique avec la planification successorale : les libéralités consenties aux œuvres bénéficient d'une exonération de droits de mutation (CGI art. 795), et un véhicule pérenne peut recevoir des legs, structurer une gouvernance intergénérationnelle et sanctuariser une part du patrimoine au service d'une cause.

Le cabinet privilégie un nombre limité d'interventions afin de garantir l'implication directe des associés sur chaque dossier, et évalue systématiquement la pertinence d'une structure avant tout engagement.

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Le cadre fiscal du don et des véhicules philanthropiques

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Dons des particuliers

Le don d'un particulier à un organisme d'intérêt général ouvre droit à une réduction d'impôt sur le revenu, variable selon la cause soutenue et plafonnée en proportion du revenu.

  • Réduction d'IR de 66 % des versements, retenus dans la limite de 20 % du revenu imposable (CGI art. 200), l'excédent étant reportable sur les cinq années suivantes
  • Réduction de 75 % pour les dons aux organismes d'aide aux personnes en difficulté (dispositif dit « Coluche »), dans une limite annuelle relevée fixée par la loi
  • Éligibilité subordonnée au caractère d'intérêt général de l'organisme : gestion désintéressée, activité non lucrative, absence de cercle restreint de bénéficiaires
  • Formes de don admises : numéraire, titres, œuvres d'art, abandon de revenus ou de produits, frais engagés par les bénévoles
  • Justification par reçu fiscal conforme, condition de l'avantage
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Mécénat d'entreprise

L'entreprise qui soutient une œuvre d'intérêt général bénéficie d'une réduction d'impôt sur les sociétés ou sur le revenu, encadrée par un plafond alternatif.

  • Réduction d'impôt de 60 % des versements (CGI art. 238 bis), ramenée à 40 % pour la fraction des dons excédant 2 millions d'euros
  • Plafond alternatif : 20 000 euros ou 5 pour mille (0,5 %) du chiffre d'affaires HT, le montant le plus élevé étant retenu
  • Excédent de versement reportable sur les cinq exercices suivants
  • Contreparties admises dans une limite raisonnable (mécénat distinct du parrainage, qui relève d'une logique publicitaire)
  • Régime spécifique pour le mécénat en faveur de certains organismes culturels ou de l'achat de trésors nationaux
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IFI et transmission

Le don peut réduire l'impôt sur la fortune immobilière et, au décès, la libéralité consentie à une œuvre échappe aux droits de mutation à titre gratuit.

  • Réduction d'IFI de 75 % des dons à certains organismes (fondations reconnues d'utilité publique notamment), dans la limite de 50 000 euros (CGI art. 978)
  • Non-cumul, pour un même versement, de la réduction d'IFI et de la réduction d'IR au titre de l'article 200
  • Exonération de droits de mutation à titre gratuit des dons et legs consentis aux œuvres et fondations éligibles (CGI art. 795)
  • Articulation avec la planification successorale : legs à une fondation, legs de residuo, réserve héréditaire
  • Transmission d'une entreprise ou d'une collection au service d'un projet philanthropique pérenne
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Véhicules philanthropiques

Au-delà du don ponctuel, la philanthropie organisée repose sur une structure dédiée, choisie selon l'ampleur des moyens, l'horizon et le degré de gouvernance familiale souhaité.

  • Fonds de dotation, création rapide par simple déclaration, sans dotation minimale légale hors seuil réglementaire, gouvernance souple (loi n° 2008-776 du 4 août 2008, art. 140)
  • Fondation reconnue d'utilité publique, cadre exigeant, dotation conséquente, décret en Conseil d'État, forte légitimité institutionnelle
  • Fondation abritée, logée sous l'égide d'une fondation existante, pour engager sans créer de structure autonome
  • Choix guidé par l'horizon, les moyens et la gouvernance familiale recherchée
  • Voir notre page fiducie, fondations et fonds de dotation
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Expert référent, Jonathan Bensaid

Associé fondateur du cabinet, Jonathan Bensaid accompagne les familles et les entrepreneurs sur la structuration patrimoniale, la transmission et les véhicules dédiés, fonds de dotation, fondations et fiducie. Il articule l'engagement philanthropique avec la planification successorale et la gouvernance familiale, en France comme sur les dossiers franco-suisses entre Paris et Genève. Sur les composantes relatives à l'impôt sur les sociétés et à la TVA du mécénat d'entreprise, il intervient aux côtés de François Ouairy.

  • Mécénat & philanthropie
  • Réduction d'IR, CGI 200
  • Mécénat d'entreprise, CGI 238 bis
  • Réduction d'IFI, CGI 978
  • Fonds de dotation & fondations
  • Transmission & DMTG, CGI 795
— FAQ

Questions fréquentes

Quelle réduction d'impôt pour le don d'un particulier ?

Le don d'un particulier à un organisme d'intérêt général ouvre droit à une réduction d'impôt sur le revenu de 66 % du montant versé, retenu dans la limite de 20 % du revenu imposable (article 200 du CGI). Lorsque les versements excèdent ce plafond, l'excédent est reportable sur les cinq années suivantes. Pour les dons aux organismes d'aide aux personnes en difficulté (fourniture de repas, logement, soins, dispositif dit « Coluche »), le taux est porté à 75 % dans une limite annuelle spécifique relevée par la loi. Le bénéfice de la réduction suppose la délivrance d'un reçu fiscal conforme par l'organisme bénéficiaire.

Comment fonctionne le mécénat d'entreprise ?

L'entreprise qui consent un don à une œuvre ou un organisme d'intérêt général bénéficie d'une réduction d'impôt de 60 % des versements (article 238 bis du CGI), ramenée à 40 % pour la fraction des dons supérieure à 2 millions d'euros. La réduction est plafonnée à 20 000 euros ou 5 pour mille (0,5 %) du chiffre d'affaires hors taxes, le montant le plus élevé étant retenu. L'excédent est reportable sur les cinq exercices suivants. Le mécénat, qui n'attend pas de contrepartie publicitaire équivalente, se distingue du parrainage (sponsoring), lequel relève d'une charge déductible et non d'une réduction d'impôt.

Peut-on réduire son IFI par un don ?

Oui. Les dons consentis à certains organismes, notamment les fondations reconnues d'utilité publique, les établissements de recherche ou d'enseignement, ouvrent droit à une réduction d'IFI égale à 75 % du versement, dans la limite de 50 000 euros (article 978 du CGI). Un même versement ne peut ouvrir droit à la fois à la réduction d'IFI et à la réduction d'impôt sur le revenu de l'article 200 : il convient donc d'arbitrer, selon la situation, entre les deux dispositifs.

Fonds de dotation ou fondation : quel véhicule choisir ?

Le fonds de dotation (loi n° 2008-776 du 4 août 2008, article 140) se crée rapidement, par simple déclaration en préfecture, avec une gouvernance souple ; il convient à un engagement que l'on veut lancer sans lourdeur institutionnelle. La fondation reconnue d'utilité publique suppose une dotation conséquente et un décret en Conseil d'État : cadre plus exigeant, mais forte légitimité et capacité à recevoir des legs. La fondation abritée, logée sous l'égide d'une fondation existante, permet d'agir sans créer de structure autonome. Le choix se fait selon l'horizon, les moyens et le degré de gouvernance familiale recherché. Voir notre page dédiée aux fondations et fonds de dotation.

Les legs aux œuvres sont-ils exonérés de droits de succession ?

Oui. Les dons et legs consentis aux œuvres, fondations et organismes éligibles sont exonérés de droits de mutation à titre gratuit (article 795 du CGI). Cette exonération vise notamment les fondations reconnues d'utilité publique répondant à certaines conditions, les fonds de dotation dont les statuts prévoient la non-consomptibilité de la dotation, ainsi que les établissements publics ou d'utilité publique poursuivant un but désintéressé. Un legs à une fondation ou à un fonds de dotation constitue ainsi un outil de pérennisation de la philanthropie familiale, à articuler soigneusement avec la réserve héréditaire.

Quels organismes ouvrent droit à la réduction d'impôt ?

L'avantage fiscal suppose que l'organisme présente un caractère d'intérêt général : gestion désintéressée, activité non lucrative prépondérante, et absence de fonctionnement au profit d'un cercle restreint de personnes. Sont notamment concernés les œuvres et organismes à caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial ou culturel, ainsi que les fondations et fonds de dotation éligibles. En cas de doute, l'organisme peut solliciter un rescrit fiscal pour sécuriser son éligibilité avant d'émettre des reçus.

Peut-on donner autre chose que de l'argent ?

Oui. Le don ouvrant droit à réduction peut prendre la forme d'un versement en numéraire, mais aussi d'un don en nature, titres, œuvres d'art, biens immobiliers, d'un abandon de revenus ou de produits (loyers, droits d'auteur), ou encore de frais engagés par les bénévoles renonçant à leur remboursement. Le don en nature suppose une valorisation rigoureuse, sous la responsabilité du donateur, qui détermine l'assiette de la réduction. Certains dons de titres ou d'œuvres appellent une analyse particulière au regard des plus-values et de la valorisation.

Comment articuler philanthropie et transmission familiale ?

La philanthropie familiale pérenne repose sur l'articulation entre un véhicule dédié (fonds de dotation ou fondation) et la stratégie de transmission. Un véhicule pérenne peut recevoir des donations et des legs exonérés de droits (CGI art. 795), associer les générations suivantes à sa gouvernance, et sanctuariser une part du patrimoine au service d'une cause. L'ingénierie doit respecter la réserve héréditaire et s'articuler avec les autres outils patrimoniaux, donation-partage, démembrement, société de gestion, fiducie. Une analyse d'ensemble, propre à chaque famille, est indispensable.

Cité par
Récit interactif

Ce sujet se joue aussi : La Transmission, vingt ans aux côtés d'une famille, chapitre IV, la collection et la dation.

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