Holding patrimoniale · France et Suisse · CGI art. 235 ter C

Relocaliser sa holding à Genève ou la restructurer en France

La taxe holding patrimoniale de 20 % (article 235 ter C du CGI) s'applique aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026. Pour un dirigeant ou une famille qui détient yacht, aéronef, logements d'usage personnel ou autres biens d'agrément en société, deux voies s'ouvrent : restructurer la holding en France ou déplacer la structure et la résidence de la famille en Suisse. La seconde ne fonctionne que si l'une et l'autre bougent, et elle a son propre coût (exit tax, transfert de siège). Le cabinet, présent à Paris et à Genève, chiffre les deux.

Analyse de Me Jonathan Bensaid · Paris et Genève · Mise à jour le 5 octobre 2026
— En bref
Situation
Holding patrimoniale française ou étrangère détenant des biens d'agrément, contrôlée par une famille résidente de France
Contrainte
Taxe de 20 % par an sur ces biens, exercices clos à compter du 31 décembre 2026
Voie 1
Restructurer en France : sortir ou affecter les biens, revoir l'activité
Voie 2
Relocaliser la résidence de la famille et la structure à Genève, en pilotant exit tax et transfert de siège
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Pourquoi la taxe holding pose la question de Genève

Issue de l'article 7 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, la taxe holding patrimoniale frappe chaque année, au taux de 20 %, la valeur vénale de biens d'agrément détenus par une société d'au moins 5 M€ d'actifs, contrôlée à 50 % au moins par une personne physique et son cercle familial (ou dont une personne physique exerce en fait le pouvoir de décision), et dont les revenus passifs dépassent la moitié des produits. Les biens visés forment une liste fermée : biens de chasse et de pêche, véhicules, yachts et bateaux de plaisance, aéronefs, bijoux et métaux précieux, chevaux de course ou de concours, vins et alcools, logements dont l'associé se réserve la jouissance.

Le redevable dépend du siège de la société. Une holding dont le siège est en France paie elle-même la taxe, quelle que soit la résidence de son dirigeant : le départ du seul dirigeant ne suffit pas. Une holding dont le siège est à l'étranger est visée lorsqu'une personne de contrôle, au sens du texte, a son domicile fiscal en France ; la taxe est alors due par cette personne, sauf si elle démontre que le choix du siège et la détention des titres n'ont pas pour but principal de contourner la loi fiscale française. Un membre du cercle familial resté en France qui détient des droits dans la structure ou y exerce le pouvoir de décision peut donc la maintenir dans le champ ; l'analyse se fait sur l'organigramme complet.

Une relocalisation suppose ainsi de traiter ensemble le siège de la structure et la résidence de toutes les personnes de contrôle au sens du texte. Chacun a un coût : l'exit tax sur les plus-values latentes des titres pour les personnes qui partent (article 167 bis du CGI) et, pour une société française, le traitement en principe du transfert de siège hors de l'Union européenne et de l'EEE comme une cessation d'entreprise, avec imposition immédiate des bénéfices et plus-values non encore taxés (article 221, 2 du CGI). Le maintien de la personnalité morale d'une société anonyme qui change de nationalité suppose en outre une convention spéciale avec l'État d'accueil (code de commerce, art. L. 225-97) : en pratique, le départ passe par une dissolution suivie d'une constitution en Suisse, un apport ou une cession.

Pour les foyers aux revenus élevés, la contribution différentielle sur les hauts revenus (article 224 du CGI) assure par ailleurs une imposition minimale de 20 % du revenu au-delà de 250 000 € (500 000 € pour un couple). L'addition de ces dispositifs justifie un arbitrage chiffré plutôt qu'un départ réflexe.

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Restructurer ou relocaliser : l'arbitrage du dirigeant

La restructuration agit sur les biens et l'activité de la holding ; la relocalisation agit sur la résidence de la famille et le rattachement de la structure. Le bon choix dépend du patrimoine, de l'horizon et du projet de vie.

Restructurer la holding en France

Sortir les biens d'agrément de la société, les affecter à une activité réelle (location commerciale d'un yacht, logement loué au prix du marché) ou faire évoluer l'activité pour que les revenus d'exploitation deviennent majoritaires. Le dirigeant reste en France. Les pistes et leur coût sont détaillés sur la page taxe holding patrimoniale ; le diagnostic 235 ter C vérifie d'abord l'assujettissement.

Relocaliser à Genève

Transférer la résidence fiscale de la famille en Suisse, le cas échéant sous le régime de l'imposition d'après la dépense (forfait fiscal), et organiser le rattachement de la structure. Le forfait obéit à ses propres conditions suisses (notamment l'absence d'activité lucrative en Suisse). Pertinent lorsque le projet de vie s'y prête et que toutes les personnes de contrôle au sens du texte partent. Voir notre analyse du forfait fiscal genevois.

Chiffrer l'exit tax et le transfert de siège

L'exit tax frappe les plus-values latentes sur les titres au taux de droit commun de 31,4 % pour un départ en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), sous réserve de l'option pour le barème et du régime propre des plus-values en report. Vers la Suisse, le sursis de paiement n'est pas automatique : il est accordé sur demande, avec désignation d'un représentant et constitution de garanties. L'impôt est dégrevé si les titres sont conservés deux ans, ou cinq ans au-delà de 2,57 M€. Le départ d'une société française vers la Suisse a son propre coût d'impôt sur les sociétés, quelle que soit la technique retenue.

Coordonner Paris et Genève

Le choix engage deux ordres juridiques : convention franco-suisse du 9 septembre 1966 modifiée, règles de résidence des deux États, documentation de la substance de la structure. La présence du cabinet à Paris et à Genève permet de traiter les deux volets ensemble.

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Avocat référent : Me Jonathan Bensaid

Me Jonathan Bensaid, avocat fondateur, accompagne dirigeants, familles et family offices dans l'arbitrage entre restructuration de la holding en France et relocalisation à Genève : audit d'exposition à la taxe holding, chiffrage de l'exit tax et du transfert de siège, coordination avec les conseils suisses. Le cabinet est inscrit aux barreaux de Paris et de Genève.

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— Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la relocalisation d'une holding à Genève

Partir vivre à Genève suffit-il à échapper à la taxe holding ?

Non, si la holding garde son siège en France : la société est alors redevable de la taxe, quelle que soit la résidence de son dirigeant. Si la holding a son siège à l'étranger, elle reste visée tant qu'une personne de contrôle au sens de l'article 235 ter C du CGI, y compris un membre du cercle familial qui détient des droits ou exerce le pouvoir de décision, est domiciliée fiscalement en France ; la taxe est alors due par cette personne. La relocalisation doit donc porter à la fois sur la structure et sur la résidence de toutes les personnes de contrôle.

Peut-on transférer le siège d'une holding française en Suisse ?

Pas comme une simple migration statutaire. Pour une société anonyme, le changement de nationalité avec maintien de la personnalité morale suppose une convention spéciale entre la France et l'État d'accueil (code de commerce, art. L. 225-97). En pratique, l'opération passe par une dissolution suivie d'une constitution en Suisse, un apport ou une cession. Fiscalement, le transfert du siège hors de l'Union européenne et de l'Espace économique européen est en principe traité comme une cessation d'entreprise (article 221, 2 du CGI) : les bénéfices et plus-values non encore taxés sont imposés immédiatement. Chaque voie se chiffre.

Quel est le coût de l'exit tax pour un départ vers la Suisse ?

L'exit tax (article 167 bis du CGI) s'applique aux personnes domiciliées en France au moins six des dix années précédant le départ, lorsque leurs titres représentent au moins 50 % des bénéfices d'une société ou valent plus de 800 000 €. Le taux de droit commun est de 31,4 % pour un départ en 2026, sauf option pour le barème. Vers la Suisse, le sursis de paiement est accordé sur demande, avec garanties. L'impôt est dégrevé si les titres sont conservés deux ans après le départ, ou cinq ans lorsque leur valeur dépasse 2,57 M€.

Restructurer en France n'est-il pas plus simple ?

Souvent, oui. Sortir les biens d'agrément de la holding, les affecter à une activité réelle ou faire évoluer l'activité permet de sortir du champ sans déplacer la famille. La relocalisation se justifie lorsque le projet de vie est réel et que le patrimoine dépasse la seule question de la taxe. Le cabinet compare les deux voies sur des chiffres. Le détail des pistes figure sur la page taxe holding patrimoniale.

Comment le cabinet accompagne-t-il cet arbitrage ?

Le cabinet, inscrit aux barreaux de Paris et de Genève, vérifie l'assujettissement de la holding, modélise les deux voies (restructuration en France, relocalisation en Suisse) en intégrant l'exit tax, le transfert de siège et la contribution différentielle sur les hauts revenus, puis met en œuvre la solution retenue avec les conseils des deux pays.

Cité par

Étudier la relocalisation de votre holding

Premier échange confidentiel : vérification de l'assujettissement à la taxe holding, comparaison chiffrée entre restructuration en France et relocalisation à Genève (exit tax, transfert de siège, forfait fiscal), puis mise en œuvre coordonnée entre Paris et Genève.