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Management packages et BSPCE : le risque de requalification

Vous avez réalisé une plus-value sur des actions, BSPCE, bons ou actions de préférence acquis dans le cadre de vos fonctions ? L’administration cherche de plus en plus à requalifier ces gains en traitements et salaires, lourdement imposés et soumis aux cotisations. Les arrêts du Conseil d’État de 2021 et l’encadrement légal récent ont rebattu les cartes. Le cabinet sécurise les schémas et défend les requalifications.

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— En bref
Enjeu
Plus-value (faible imposition) contre salaire (imposition lourde + cotisations)
Jurisprudence
CE plénière 13 juillet 2021 : requalification si le gain tient aux fonctions
Instruments
Actions, actions de préférence, BSA, BSPCE, actions gratuites
BSPCE
Régime propre (CGI art. 163 bis G), sous conditions
Cadre récent
Encadrement légal des gains de management packages (LF 2025, CGI art. 163 bis H)
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Plus-value ou salaire : un enjeu majeur

Un management package associe les dirigeants et cadres clés à la création de valeur de l’entreprise, le plus souvent à l’occasion d’une opération de capital-investissement, au moyen d’actions, d’actions de préférence, de bons (BSA), de BSPCE ou d’actions gratuites. Le gain réalisé à la sortie peut, selon sa qualification, relever de la plus-value mobilière, selon un régime généralement plus favorable, ou des traitements et salaires, lourdement imposés et exposés à un risque social ou de contributions spécifiques.

L’écart d’imposition entre les deux qualifications est considérable. C’est précisément ce qui en fait un terrain de contrôle privilégié, à très fort enjeu pour les dirigeants comme pour les fonds.

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La requalification en traitements et salaires

Par trois décisions de plénière du 13 juillet 2021 (n° 428506, 435452, 437498), le Conseil d’État a posé une grille d’analyse :

  • Le gain est imposé en traitements et salaires lorsqu’il trouve essentiellement sa source dans les fonctions de dirigeant ou de salarié, et non dans un simple risque d’investisseur ;
  • Sont scrutés le prix d’acquisition de l’instrument (effort financier réel et risque supporté), les conditions de présence et de performance, et le lien avec l’exercice des fonctions ;
  • Un gain correspondant à un véritable risque capitalistique, assumé comme un investisseur, conserve en revanche la nature de plus-value.

La frontière est donc factuelle : tout se joue sur la réalité de l’investissement, du risque et du lien avec les fonctions. La documentation de l’opération est déterminante.

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Un cadre légal désormais précisé

Au-delà de la jurisprudence, le législateur est intervenu pour encadrer la fiscalité des gains de management packages (loi de finances pour 2025, CGI art. 163 bis H), en délimitant la part relevant du régime des plus-values et celle imposée comme un salaire. Les BSPCE conservent par ailleurs leur régime propre (CGI art. 163 bis G), favorable mais subordonné à des conditions strictes (société éligible, modalités d’attribution). La combinaison de ce cadre légal et de la jurisprudence impose une analyse à jour, instrument par instrument.

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Sécuriser et défendre

En amont, le cabinet structure et documente le package (prix d’acquisition, risque réel, conditions, choix de l’instrument) afin de sécuriser la qualification recherchée. En contrôle, la défense porte sur la réalité du risque capitalistique, l’absence de lien exclusif avec les fonctions, l’application du régime BSPCE ou du cadre légal applicable, et la contestation des cotisations et pénalités. Le cabinet défend dirigeants et fonds devant le juge de l’impôt, en coordination avec les conseils de l’opération.

Questions fréquentes

Management packages et BSPCE : vos questions

Pourquoi un gain de management package peut-il être requalifié en salaire ?

Parce que, selon le Conseil d’État (plénière, 13 juillet 2021), un gain qui trouve essentiellement sa source dans les fonctions de dirigeant ou de salarié, plutôt que dans un risque d’investisseur, relève des traitements et salaires, et non des plus-values.

Quels critères distinguent la plus-value du salaire ?

Le prix d’acquisition et le risque réellement supporté, les conditions de présence et de performance, et le lien avec l’exercice des fonctions. Un gain correspondant à un véritable risque capitalistique reste une plus-value.

Les BSPCE sont-ils concernés ?

Les BSPCE bénéficient d’un régime propre (CGI art. 163 bis G), favorable mais soumis à des conditions strictes tenant à la société émettrice et aux modalités d’attribution. Hors de ce cadre, le risque de requalification existe comme pour les autres instruments.

La loi a-t-elle changé récemment ?

Oui. La loi de finances pour 2025 a encadré la fiscalité des gains de management packages, en délimitant la part relevant des plus-values et celle imposée comme un salaire. Une analyse à jour, instrument par instrument, est indispensable.

Comment se protéger d’une requalification ?

En structurant l’opération autour d’un investissement et d’un risque réels, en choisissant l’instrument adapté et en documentant soigneusement le tout. Un accompagnement dès la mise en place du package est la meilleure protection.

Cité par

Un management package contrôlé ou à sécuriser ?

Premier échange confidentiel pour analyser la qualification du gain, sécuriser le schéma et défendre une requalification en salaire.

François Ouairy, avocat associé

Article rédigé par

Me François Ouairy, avocat associé en charge du bureau de Paris, expert en fiscalité immobilière, fiducie et fiscalité financière.