Fiscalité immobilière — Droits de mutation

L'engagement de revendre

L'engagement de revendre (CGI art. 1115) permet à un assujetti à la TVA qui acquiert un immeuble de payer la taxe de publicité foncière au taux réduit de 0,715 %, au lieu des droits de mutation proportionnels — 6,32 % du prix dans la plupart des départements en 2026 — contre l'engagement de revendre le bien dans les cinq ans. Sur une acquisition de 300 000 €, l'économie avoisine 16 800 €. C'est l'outil de travail quotidien du marchand de biens, ouvert depuis 2010 à l'ensemble des assujettis à la TVA.

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— En bref
Quoi
TPF réduite à 0,715 % au lieu des DMTO proportionnels (CGI art. 1115)
Pour qui
Assujettis à la TVA : marchands de biens, promoteurs, foncières, professionnels de l'immobilier
Condition
Revendre le bien dans les 5 ans de l'acquisition — 2 ans en cas de vente par lots avec droit de préemption du locataire
Souplesses
Levable à tout moment · substitution possible vers un engagement de construire · reprise par un sous-acquéreur
Limite
Pas de prorogation de droit ; la revente ne connaît d'autre borne que l'abus de droit
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Le régime d'achat-revente des professionnels

Sans régime de faveur, l'acquisition d'un immeuble ancien supporte les droits de mutation au taux de 6,32 % dans la majorité des départements depuis la hausse de la loi de finances 2025 — 5,81 % dans les huit départements ne l'ayant pas votée — auxquels s'ajoute, pour les locaux professionnels d'Île-de-France, une taxe additionnelle de 0,6 %.

L'article 1115 du CGI ramène cette charge à une taxe de publicité foncière de 0,715 % lorsque l'acquéreur, assujetti à la TVA, prend dans l'acte l'engagement de revendre le bien dans les cinq ans. Historiquement réservé aux marchands de biens, le régime a été neutralisé et étendu à l'ensemble des assujettis par la réforme de la TVA immobilière de 2010.

L'engagement est d'un maniement souple : il peut être levé à tout moment — l'acquéreur qui renonce paie le complément de droits — et la loi ne pose aucune condition sur l'identité de l'acheteur final ni sur le prix de revente ; la seule borne est l'abus de droit. En cas de non-respect à l'échéance, les droits complémentaires deviennent exigibles, assortis de l'intérêt de retard. La discipline du régime tient donc en une chose : le calendrier.

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Conditions et mise en œuvre

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Trois conditions cumulatives

  • Être assujetti à la TVA au sens de l'article 256 A du CGI — c'est le terrain de redressement le plus fréquent, l'administration contestant la qualité d'assujetti des structures patrimoniales
  • Acquérir un bien situé en France ou dans les départements d'outre-mer
  • Prendre l'engagement dans l'acte d'acquisition de revendre dans les 5 ans
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La revente : une liberté encadrée par le seul abus de droit

  • Aucune condition légale sur l'identité du sous-acquéreur ni sur le prix
  • La revente à une structure liée reste possible, mais s'expose à l'abus de droit si elle est purement fiscale
  • Voir notre analyse : engagement de revendre et abus de droit
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En cas de non-respect

  • Les droits complémentaires deviennent exigibles (différence entre le taux plein et 0,715 %)
  • Assortis de l'intérêt de retard
  • L'engagement peut être levé volontairement à tout moment, aux mêmes conséquences financières mais sans pénalité de comportement
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Le délai expire sans revente : quelles issues ?

Contrairement à l'engagement de construire, l'article 1115 ne prévoit aucune prorogation de droit. Trois voies restent ouvertes au professionnel qui ne parvient pas à revendre.

1. La substitution vers un engagement de construire

Le régime le plus protecteur : basculer vers un engagement de construire (droit fixe de 125 €), si l'opération peut évoluer vers une production d'immeuble neuf. Voir la substitution d'engagements.

2. La demande de prorogation gracieuse

Une prolongation peut être sollicitée, mais elle relève de l'appréciation discrétionnaire de l'administration — rien de comparable à la prorogation de droit de l'engagement de construire. Voir la prorogation de l'engagement de revendre.

3. La force majeure

Ultime terrain : démontrer qu'un événement imprévisible, irrésistible et extérieur a rendu la revente impossible. La jurisprudence est exigeante ; le dossier se construit en amont, pièces à l'appui.

Et en cas de revente avant terme ?

L'engagement peut aussi être repris par le sous-acquéreur lorsque celui-ci est lui-même assujetti : le délai initial continue de courir. Mécanisme précieux dans les chaînes d'opérations — voir la reprise d'engagement.

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Notre approche au cabinet

Le cabinet accompagne marchands de biens, promoteurs et foncières sur l'ensemble du cycle de l'engagement de revendre : qualification de l'assujettissement avant l'acquisition — c'est le point que l'administration attaque en premier —, rédaction des clauses, suivi du calendrier et arbitrage en fin de délai entre revente, substitution et levée volontaire.

En contrôle comme au contentieux, nous défendons les opérateurs dont le régime est remis en cause : qualité d'assujetti contestée, computation du délai réduit de deux ans, abus de droit sur les reventes intragroupe.

Le cabinet publie régulièrement sur ces questions dans les revues des praticiens — Defrénois, Lextenso — et est reconnu pour sa pratique de la TVA et de la fiscalité immobilières (forte notoriété Leaders League, cabinet référencé Best Lawyers 2026 en droit fiscal).

  • Best Lawyers 2026 — Tax Law
  • Leaders League — Forte notoriété TVA
  • Publications Defrénois / Lextenso
— Questions fréquentes

L'engagement de revendre en pratique

Qui peut bénéficier de l'engagement de revendre ?

Tout assujetti à la TVA au sens de l'article 256 A du CGI, agissant en tant que tel, qui acquiert un immeuble en France ou dans les DOM. Le statut de marchand de biens n'est plus requis depuis 2010 — mais la qualité d'assujetti reste le point le plus contrôlé par l'administration.

Quelle est l'économie réalisée ?

La TPF de 0,715 % se substitue aux DMTO de 6,32 % (taux standard 2026). Sur 300 000 €, les droits passent d'environ 18 960 € à 2 145 €, soit ~16 800 € d'économie ; sur 1 M€, l'écart dépasse 56 000 €.

Peut-on revendre à une société du même groupe ?

La loi ne pose aucune condition sur l'identité du sous-acquéreur. Une revente intragroupe peut néanmoins être requalifiée sur le terrain de l'abus de droit si elle n'a d'autre motif que fiscal. La substance de l'opération se prépare en amont.

Le délai de cinq ans peut-il être prolongé ?

Pas de plein droit : l'article 1115 ne prévoit aucune prorogation, contrairement à l'engagement de construire. Restent la demande gracieuse — discrétionnaire —, la substitution vers un engagement de construire, ou la force majeure.

Que se passe-t-il si je conserve finalement le bien ?

L'engagement peut être levé à tout moment : le complément de droits devient alors exigible, avec l'intérêt de retard couru. C'est souvent l'arbitrage le plus sain lorsqu'un projet locatif se substitue au projet de revente — il se chiffre avant l'échéance, pas après.

Cité par

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Le cabinet accompagne marchands de biens, promoteurs et foncières sur l'ensemble du cycle : qualification de l'assujettissement, rédaction, suivi des délais, contentieux.