Recodification — TVA

À compter du 1er septembre 2026, les dispositions du CGI relatives à la TVA basculent vers le Code des impositions sur les biens et services (CIBS), Livre II (ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025). Il s'agit d'une recodification à droit constant — la règle de fond reste identique, seule la numérotation évolue. Les références actuelles au CGI demeurent juridiquement valables jusqu'au 31 décembre 2027 (période de transition).

Contentieux fiscal, TVA

Avocat contentieux et redressement TVA

Un redressement de TVA se joue dès la réception de la proposition de rectification : vous disposez de 30 jours pour répondre, prorogeables à 60 jours sur demande formulée avant l'expiration du délai (articles L. 57 et R.* 57-1 du livre des procédures fiscales), et chaque argument omis à ce stade pèsera sur toute la suite de la procédure. Aux rappels de droits s'ajoutent l'intérêt de retard de 0,20 % par mois et des majorations de 10 %, 40 % ou 80 %, qui portent fréquemment l'enjeu global de plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions d'euros pour les groupes contrôlés. Le cabinet défend sociétés, groupes et dirigeants à tous les stades du contentieux TVA, de la réponse à la proposition de rectification jusqu'au Conseil d'État.

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— En bref
Délai de réponse
30 jours à compter de la proposition de rectification, prorogeables à 60 jours sur demande (LPF art. L. 57 et R.* 57-1)
Intérêt de retard
0,20 % par mois, soit 2,40 % par an (CGI art. 1727)
Majorations
10 %, 40 % ou 80 % selon la gravité retenue (CGI art. 1728 et 1729)
Délai de reprise
Jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle de l'exigibilité ; dix ans en cas d'activité occulte (LPF art. L. 176)
Recours
Réclamation contentieuse, tribunal administratif, cour administrative d'appel, Conseil d'État
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Un contentieux qui se gagne, ou se perd, dans les trente premiers jours

La TVA est l'un des principaux postes de rappels en contrôle fiscal des entreprises. Un vérificateur qui remet en cause le droit à déduction, la territorialité d'une prestation ou une autoliquidation omise reconstitue des rappels sur trois années au minimum, auxquels s'ajoutent intérêt de retard et majorations : pour un groupe, l'enjeu dépasse rapidement le million d'euros.

La procédure obéit à un calendrier strict. À l'issue du contrôle, l'administration notifie une proposition de rectification motivée (article L. 57 du livre des procédures fiscales). Le contribuable dispose de 30 jours pour présenter ses observations, délai prorogé de 30 jours supplémentaires s'il en fait la demande avant son expiration. La réponse à la proposition de rectification est un acte déterminant de la procédure : elle fixe le terrain du débat, conditionne la charge de la preuve et prépare les recours ultérieurs.

Après la réponse de l'administration aux observations du contribuable, la discussion se poursuit devant les recours hiérarchiques et, le cas échéant, l'interlocuteur départemental, puis par la voie contentieuse : réclamation préalable, tribunal administratif, cour administrative d'appel et pourvoi en cassation devant le Conseil d'État. La TVA étant un impôt harmonisé, le droit de l'Union européenne et la jurisprudence de la Cour de justice offrent des moyens de défense spécifiques, en particulier le principe de neutralité.

Le cabinet privilégie un nombre limité d'interventions afin de garantir l'implication directe des associés sur chaque dossier, et évalue systématiquement la pertinence d'une intervention avant tout engagement.

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Nos axes de défense en contentieux TVA

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Les chefs de redressement les plus fréquents

Cinq terrains concentrent l'essentiel des rappels de TVA notifiés aux entreprises.

  • Remise en cause du droit à déduction : factures jugées irrégulières, dépenses écartées, coefficients et prorata des assujettis partiels et des holdings mixtes
  • Reconstitution de la TVA collectée : recettes omises, taux erroné, exigibilité mal appréhendée sur les prestations de services
  • Autoliquidation omise : acquisitions intracommunautaires, importations, sous-traitance dans le BTP, avec l'amende de 5 % de l'article 1788 A du CGI
  • Territorialité : lieu des prestations de services, établissement stable TVA, opérations intracommunautaires et exportations dont l'exonération est contestée
  • TVA facturée à tort : taxe due du seul fait de sa facturation (CGI art. 283, 3) et non déductible chez le client, avec les voies de régularisation ouvertes au fournisseur
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La réponse à la proposition de rectification

Le moment décisif : chaque chef de rappel doit être discuté pied à pied, en fait et en droit.

  • Analyse critique de la motivation de la proposition de rectification, dont l'insuffisance constitue un vice de procédure
  • Demande de prorogation du délai à 60 jours, formulée avant l'expiration du délai initial de 30 jours
  • Production des justificatifs : factures rectificatives, preuves de flux physiques et financiers, documentation de la territorialité
  • Mobilisation du droit de l'Union : neutralité de la TVA, proportionnalité des sanctions, jurisprudence de la CJUE opposable à l'administration
  • Poursuite du dialogue par les recours hiérarchiques et l'interlocuteur départemental avant la mise en recouvrement
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Pénalités et intérêt de retard : réduire la facture

Les pénalités se discutent séparément des droits et se négocient jusqu'au dernier stade.

  • Intérêt de retard de 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an (CGI art. 1727), réduit de 30 % en cas de régularisation en cours de contrôle (LPF art. L. 62)
  • Majorations de l'article 1728 du CGI : 10 % en cas de dépôt tardif, 40 % à défaut de dépôt dans les 30 jours d'une mise en demeure, 80 % en cas d'activité occulte
  • Majorations de l'article 1729 du CGI : 40 % pour manquement délibéré, 80 % pour manoeuvres frauduleuses ou abus de droit
  • Contestation de la motivation des pénalités et de la preuve de l'intention, qui incombe à l'administration
  • Négociation d'une transaction sur les pénalités lorsque la voie contentieuse ne présente plus d'intérêt
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Le délai de reprise et la prescription

Vérifier que chaque rappel se situe dans le délai de reprise est un réflexe de défense élémentaire.

  • Droit de reprise exercé jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la taxe est devenue exigible (LPF art. L. 176)
  • Extension à la fin de la dixième année en cas d'activité occulte, notion que l'administration invoque de plus en plus largement et qu'il faut combattre
  • Contrôle de la date d'exigibilité retenue pour chaque opération : encaissements, débits, acquisitions intracommunautaires
  • Vérification des actes interruptifs de prescription et de la régularité de leur notification
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Les recours : de la réclamation au Conseil d'État

Après la mise en recouvrement, la procédure devient juridictionnelle et se plaide.

  • Réclamation contentieuse préalable, assortie le cas échéant d'un sursis de paiement (LPF art. L. 277) avec constitution de garanties
  • Saisine du tribunal administratif après rejet exprès ou implicite de la réclamation
  • Appel devant la cour administrative d'appel, puis pourvoi en cassation devant le Conseil d'État
  • Question préjudicielle à la CJUE lorsque l'interprétation de la directive TVA est en cause
  • Pilotage parallèle du risque de poursuites pénales pour fraude fiscale dans les dossiers à majoration de 80 %
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Dossiers récents, anonymisés

Trois illustrations de ce qu'une défense structurée change concrètement au résultat.

  • Groupe immobilier, rappel de 1,8 million d'euros au titre du droit à déduction d'une holding animatrice : rappels ramenés à moins de 350 000 euros après réponse à la proposition de rectification et recours hiérarchiques
  • Société de négoce international, 950 000 euros de TVA rappelée pour autoliquidation omise sur acquisitions intracommunautaires : abandon des droits au bénéfice de la neutralité, litige circonscrit à l'amende de 5 %
  • Prestataire de services numériques, redressement de 2,4 millions d'euros fondé sur la territorialité des prestations : dégrèvement obtenu devant le juge de l'impôt après démonstration du lieu d'établissement des preneurs
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Notre approche

Le cabinet intervient sur le contentieux de la TVA à tous les stades : assistance pendant la vérification de comptabilité, réponse à la proposition de rectification, recours hiérarchiques, réclamation contentieuse et instances devant le tribunal administratif, la cour administrative d'appel et le Conseil d'État. La défense s'appuie sur une pratique quotidienne de la TVA des groupes, des opérations immobilières et des flux internationaux, et mobilise systématiquement le droit de l'Union européenne lorsque la position de l'administration s'en écarte. Chaque dossier fait l'objet d'un chiffrage de l'enjeu, d'une cartographie des moyens et d'une stratégie arrêtée avec le client avant toute écriture.

  • Redressement TVA
  • Proposition de rectification
  • LPF art. L. 57
  • Pénalités fiscales
  • Conseil d'État
— FAQ

Contentieux et redressement TVA : vos questions

Quel délai pour répondre à une proposition de rectification en matière de TVA ?

Vous disposez de 30 jours à compter de la réception de la proposition de rectification pour présenter vos observations ou faire connaître votre acceptation (articles L. 57 et R.* 57-1 du livre des procédures fiscales). Dans le cadre de la procédure de rectification contradictoire, ce délai est prorogé de 30 jours supplémentaires si vous en faites la demande avant son expiration, soit 60 jours au total. La demande de prorogation doit être systématique dans les dossiers à fort enjeu : elle permet de reconstituer les justificatifs, de chiffrer précisément chaque chef de rappel et de construire une réponse qui engage toute la suite de la procédure.

Quels sont les chefs de redressement TVA les plus fréquents ?

Cinq terrains reviennent constamment : la remise en cause du droit à déduction (factures irrégulières, coefficients de déduction des holdings et des assujettis partiels), la reconstitution de la TVA collectée (recettes omises, taux ou exigibilité erronés), l'autoliquidation omise sur les acquisitions intracommunautaires, les importations et la sous-traitance BTP, la territorialité des prestations de services et des livraisons, et la TVA facturée à tort, due du seul fait de sa mention sur la facture en application de l'article 283, 3 du CGI. Chacun de ces chefs appelle des moyens de défense propres, souvent tirés du droit de l'Union européenne.

Quelles pénalités s'ajoutent aux rappels de TVA ?

Tout rappel est assorti de l'intérêt de retard de 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an (article 1727 du CGI). S'y ajoutent, selon les cas, les majorations de l'article 1728 du CGI en cas de défaut ou de retard de déclaration : 10 %, portés à 40 % à défaut de dépôt dans les 30 jours d'une mise en demeure et à 80 % en cas d'activité occulte, ou celles de l'article 1729 du CGI en cas d'insuffisance de déclaration : 40 % pour manquement délibéré et 80 % pour manoeuvres frauduleuses ou abus de droit. Sur un rappel d'un million d'euros, la différence entre l'absence de majoration et une majoration de 40 % représente 400 000 euros : la discussion des pénalités est un contentieux à part entière.

Sur combien d'années l'administration peut-elle redresser la TVA ?

En matière de taxes sur le chiffre d'affaires, le droit de reprise s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la taxe est devenue exigible (article L. 176 du livre des procédures fiscales). En pratique, un contrôle engagé en 2026 peut porter sur la TVA exigible depuis 2023. Ce délai est porté à la fin de la dixième année lorsque le contribuable exerce une activité occulte, c'est-à-dire lorsqu'il n'a pas déposé ses déclarations dans les délais et n'a pas fait connaître son activité. La qualification d'activité occulte, lourde de conséquences, se conteste : la jurisprudence admet notamment la preuve d'une erreur justifiant l'absence de déclaration.

Peut-on suspendre le paiement des rappels pendant le contentieux ?

Oui. La réclamation contentieuse peut être assortie d'une demande de sursis de paiement sur le fondement de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : le recouvrement des impositions contestées est alors suspendu jusqu'à la décision définitive. Au-delà d'un certain montant, le comptable public peut exiger la constitution de garanties (caution bancaire, nantissement, hypothèque). Le choix des garanties proposées et la contestation d'un éventuel refus font partie intégrante de la stratégie contentieuse, car ils conditionnent la trésorerie de l'entreprise pendant une procédure qui peut durer plusieurs années.

Jusqu'où peut-on contester un redressement de TVA ?

La contestation suit un parcours ordonné : observations sur la proposition de rectification, recours hiérarchiques, puis, après mise en recouvrement, réclamation contentieuse préalable et saisine du tribunal administratif en cas de rejet exprès ou implicite. Le jugement peut être frappé d'appel devant la cour administrative d'appel, puis d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État. La TVA étant un impôt harmonisé au niveau de l'Union européenne, le juge peut en outre saisir la Cour de justice de l'Union européenne d'une question préjudicielle. Le cabinet conduit ces procédures de bout en bout, en calibrant à chaque étape l'opportunité de poursuivre, de transiger ou de régulariser.

Cité par

Un redressement de TVA à contester ou un contrôle en cours ?

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