Déclaration TVA — formulaire CA3

CA3 : mode d'emploi
cadre par cadre

La CA3 (formulaire n° 3310-CA3, CERFA 10963) est la déclaration mensuelle ou trimestrielle de TVA des entreprises au régime réel normal (CGI art. 287). Cette page passe en revue les cadres et lignes principales du formulaire, avec les pièges fréquents identifiés en audit de cabinet et les références BOFiP applicables. Mise à jour : version 2026 du formulaire.

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— En bref
Formulaire
n° 3310-CA3 (CERFA 10963)
Régime applicable
Réel normal (CGI art. 287, 1 et 2)
Fréquence
Mensuelle, ou trimestrielle si TVA annuelle < 4 000 €
Téléprocédure
Obligatoire (EDI ou EFI) depuis le 1er octobre 2014
BOFiP
BOI-TVA-DECLA-20-20-10
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Deux cadres, une centaine de lignes

La CA3 est structurée en deux cadres seulement. Le cadre A recense le montant hors taxe des opérations réalisées, d'abord les opérations taxées (lignes A1 à B5), puis les opérations non taxées (lignes E1 à F9). Le cadre B décompte la taxe : TVA brute, TVA déductible, puis crédit ou montant à payer. Les lignes sont pré-numérotées et leur qualification est stricte : une ventilation erronée fausse mécaniquement le calcul de la TVA due ou du crédit.

Le bon réflexe : relier chaque ligne CA3 à une ou plusieurs lignes comptables précises. Les comptes du PCG (4457, 4456, 44551, 44567 selon la nature) constituent le socle. Une balance TVA mensuelle est l'outil de contrôle minimal pour les entreprises à enjeu.

L'enjeu pratique : la CA3 est aujourd'hui analysée automatiquement par l'administration via les téléprocédures EDI. Une incohérence avec la liasse fiscale ou avec la DEB/DES déclenche un rapprochement automatique, puis une demande d'éclaircissement, puis un contrôle si la réponse n'est pas convaincante.

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Trois pièges fréquents en audit de cabinet

Case E2 « autres opérations non imposables » mal renseignée

C'est le piège n° 1 en audit. Les prestations rendues à un preneur établi à l'étranger, les opérations en suspension ou en franchise de taxe, les cessions dispensées par l'article 257 bis et les opérations autoliquidées par le client relèvent toutes de la ligne E2 ; elles sont fréquemment portées à tort en E1, réservée aux exportations hors Union européenne, ou purement oubliées. Deux erreurs symétriques complètent le tableau : les livraisons à soi-même taxables et la sous-traitance BTP autoliquidée relèvent de la ligne A2, pas de E2. Conséquence d'une mauvaise ventilation : discordance avec la liasse fiscale, demande d'éclaircissement, parfois remise en cause du coefficient de taxation.

Autoliquidation oubliée ou mal portée

Les opérations en autoliquidation (sous-traitance BTP, achats intracommunautaires, services BtoB transfrontaliers) doivent être portées simultanément en TVA collectée (ligne dédiée du cadre B) et en TVA déductible (selon coefficient). Un oubli en collectée seule entraîne une majoration ; un oubli en déductible seule entraîne une perte sèche.

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Les blocs du formulaire, ce qu'il faut savoir

Cadre A, opérations taxées — lignes A1 à B5

A1 : les opérations taxables qui constituent le chiffre d'affaires. A2 : les opérations taxables particulières, cessions d'immobilisations, livraisons à soi-même et surtout sous-traitance de travaux immobiliers autoliquidée (CGI art. 283, 2 nonies). A3 : achats de services à un prestataire non établi en France. A4 : importations taxables. B2 : acquisitions intracommunautaires. B5 : rabais et avoirs, jamais en négatif.

Cadre A, opérations non taxées — la fameuse case E2

E1 : exportations hors Union européenne. E2, « autres opérations non imposables » : suspension et franchise de taxe, transmissions d'universalité dispensées par l'article 257 bis, opérations autoliquidées par le client, affaires exonérées, fraction non imposable des opérations sur la marge et prestations rendues à un preneur établi à l'étranger. F2 : livraisons intracommunautaires exonérées. F6 : achats en franchise (art. 275). F9 : opérations internes d'un assujetti unique.

Cadre B, TVA brute — lignes 08 à 17

Base et taxe par taux : lignes 08, 09 et 9B pour la France continentale, le taux normal étant de 20 % ; T6 pour le taux de 2,1 % ; lignes 10, 11, T1 à T5 pour les DOM et la Corse. Ligne 15 : les reversements de TVA antérieurement déduite, dont ceux de l'article 207 de l'annexe II. Ligne 17 : la taxe due sur les acquisitions intracommunautaires portées en B2. Ligne 16 : le total.

Cadre B, TVA déductible — lignes 19 à 24

Ligne 19 : biens constituant des immobilisations. Ligne 20 : autres biens et services. Ligne 21 : les compléments, déductions omises depuis le 1er janvier de la deuxième année précédente, transferts de droits à déduction reçus, complément de l'article 207, taxe acquittée à tort, factures impayées (CGI art. 272). Ligne 22 : report du crédit antérieur, et 22A le coefficient de taxation forfaitaire. Ligne 23 : le total déductible.

Crédit et remboursement — lignes 25 à 27

Lorsque la taxe déductible excède la taxe brute, le solde apparaît en crédit ligne 25. La demande de remboursement se formule ligne 26, à partir de 760 € pour une demande mensuelle ou trimestrielle de janvier à novembre, et de 150 € pour la demande annuelle de décembre ou du quatrième trimestre. Le solde non remboursé est reporté ligne 27, puis repris ligne 22 de la déclaration suivante. Un crédit dont le remboursement a été demandé ne peut plus être imputé.

Corrections, groupes et cadre correspondance

Les corrections spontanées passent par les lignes 2C (excédent constaté) et 5B (insuffisance), avec obligation de préciser dans le cadre réservé à la correspondance la nature de l'erreur, les déclarations concernées et le mode de calcul. Les groupes ont leurs lignes propres : AA et AB pour la consolidation du paiement (CGI art. 1693 ter), case 0001 et annexe 3310-M-AU pour l'assujetti unique (CGI art. 256 C).

— Questions fréquentes

Comment remplir la case E2 de la CA3 ?

La case E2 porte, selon la notice officielle du formulaire, les autres opérations non imposables constitutives de votre chiffre d'affaires. On y trouve six familles : les livraisons et prestations en suspension de taxe (CGI art. 277 A et 298) ou en franchise (art. 275) ; les transmissions d'universalité dispensées de TVA par l'article 257 bis ; les opérations dont la taxe est autoliquidée par le client (déchets et matières de récupération, gaz et électricité, quotas d'émission, communications électroniques, travaux de construction de l'article 283, 2 nonies) ; les prestations déclarées via le guichet unique ; les affaires exonérées et la fraction non imposable des opérations taxées sur la marge ; enfin les prestations rendues à un preneur établi à l'étranger, même lorsqu'elles sont taxées chez lui. Le réflexe pratique : rattacher chacune de ces familles à un compte comptable distinct, faute de quoi le total de la ligne devient impossible à justifier lors d'une demande d'éclaircissement.

Quelle différence entre la case E1 et la case E2 de la CA3 ?

Case E1 : les exportations hors de l'Union européenne exonérées en application de l'article 262, I, 2° du CGI, qui ouvrent la procédure des achats en franchise déclarés ligne F6. Case E2 : toutes les autres opérations non imposables constitutives du chiffre d'affaires, énumérées ci-dessus. Attention à une confusion fréquente : les livraisons intracommunautaires exonérées ne relèvent ni de E1 ni de E2, mais de la ligne F2. Une qualification erronée entre ces trois lignes fausse le calcul du coefficient de taxation (CGI, ann. II, art. 206).

Quel délai pour rectifier une CA3 erronée ?

L'erreur peut être corrigée par une déclaration rectificative tant que le délai de reprise de l'administration n'est pas expiré. Pour la TVA, ce délai est régi par l'article L.176 du LPF (et non l'article L.169 qui régit le droit commun de l'IR/IS) : 3 ans en principe à compter de l'année au cours de laquelle la taxe est devenue exigible (L.176 al. 1), porté à 10 ans en cas d'activité occulte (L.176 al. 2). L'article 1649 A du CGI, parfois invoqué à tort, concerne exclusivement les comptes étrangers et n'a pas vocation à s'appliquer en matière de TVA. Une régularisation spontanée avant tout contrôle limite la sanction au seul intérêt de retard (CGI 1727).

Faut-il déposer une CA3 même en l'absence d'opération ?

Oui. Tant que l'entreprise est assujettie, la CA3 est obligatoire. Si aucune opération n'a été réalisée, on porte la mention « néant ». L'absence de dépôt entraîne les sanctions du CGI art. 1728 : 10 % à défaut, 40 % en cas de mise en demeure restée infructueuse, 80 % en cas d'activité occulte.

La CA3 trimestrielle est-elle automatique ou sur option ?

Elle est de droit lorsque la TVA annuelle exigible n'excède pas 4 000 € (CGI art. 287, 2). Au-delà, le régime mensuel s'applique. L'entreprise peut opter pour le mensuel même sous le seuil (utile en cas de crédit de TVA récurrent pour accélérer les remboursements).

Comment articuler la CA3 avec l'état récapitulatif et la DES ?

Les livraisons intracommunautaires exonérées, déclarées ligne F2 de la CA3, doivent correspondre en valeur à l'état récapitulatif TVA transmis aux douanes (l'ancienne DEB, scindée depuis 2022 en un état fiscal et une enquête statistique). Les prestations de services intracommunautaires, portées en ligne E2, doivent correspondre à la DES (déclaration européenne de services). Symétriquement, les acquisitions intracommunautaires de la ligne B2 doivent trouver leur taxe ligne 17. Ces rapprochements sont automatisés : une discordance déclenche une demande d'éclaircissement.

Cité par

Une CA3 à auditer ou à régulariser ?

Premier échange confidentiel — audit de cohérence CA3/comptabilité, régularisation organisée, défense en cas de contrôle.