Convention de Paris du 14 janvier 1971 · avenant de Lisbonne du 25 août 2016

Convention fiscale France / Portugal : retraites, patrimoine et résidence

La convention de 1971 décide où sont imposés la retraite, les dividendes, les loyers et les plus-values d'un contribuable installé entre la France et le Portugal. Ses règles sont nettes pour les pensions privées, plus subtiles pour les pensions publiques, et elle ne couvre pas les successions.

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Où est imposée la retraite d'un Français qui s'installe au Portugal ?

Une pension privée, y compris une retraite de sécurité sociale de nature privée (régime général, Agirc-Arrco), n'est imposable qu'au Portugal lorsque le retraité y est résident au sens de la convention (article 19). La France ne peut plus l'imposer, même si le Portugal ne la taxe pas ou peu : l'article 19 ne pose aucune condition d'imposition effective.

Une pension publique, versée au titre de services rendus à l'État, à une collectivité ou à une personne morale de droit public française, reste en revanche imposable uniquement en France, sauf si le retraité réside au Portugal et en possède la nationalité (article 20, paragraphe 2, issu de l'avenant de 2016). La résidence elle-même se tranche par l'article 4 : foyer d'habitation permanent, puis centre des intérêts vitaux, séjour habituel et nationalité.

Convention fiscale France / Portugal du 14 janvier 1971 modifiée, articles 4, 19 et 20, version consolidée publiée sur impots.gouv.fr.

— En bref
Texte
Convention du 14 janvier 1971, en vigueur le 18 novembre 1972, modifiée par l'avenant du 25 août 2016 et par la convention multilatérale
Impôts visés
Impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, CSG et CRDS ; IRS, IRC et derramas côté portugais
Méthode
Exonération avec taux effectif pour la plupart des revenus, crédit d'impôt pour les dividendes, intérêts, redevances, mandats sociaux et artistes
Successions
Aucune convention contre la double imposition ; seul un accord de 1994 vise les dons et legs aux personnes publiques
— Retraites : privées, publiques, rentes

Où est imposée chaque retraite, selon son origine

Pensions privées (article 19). Les pensions et autres rémunérations similaires versées à un résident d'un État au titre d'un emploi antérieur ne sont imposables que dans cet État. L'administration française en déduit que les pensions de sécurité sociale de caractère privé versées à un résident du Portugal échappent à l'impôt français. Le texte ne subordonne pas cette exclusivité à une imposition effective au Portugal : la France ne récupère pas son droit d'imposer si la pension y est peu ou pas taxée.

Pensions publiques (article 20, paragraphe 2). Depuis l'avenant du 25 août 2016, applicable sur ce point aux périodes d'imposition commençant à compter du 1er janvier 2013, les pensions versées par un État, une collectivité ou une personne morale de droit public au titre de services rendus ne sont imposables que dans cet État. Elles ne sont imposables que dans l'autre État si le bénéficiaire en est résident et en possède la nationalité. Un retraité de la fonction publique française de nationalité française, résident du Portugal, reste donc imposé en France ; un binational franco-portugais résident du Portugal est imposé au Portugal. Auparavant, selon la doctrine administrative, ces pensions étaient imposables dans l'État payeur sans que l'État de résidence perde le droit de les imposer, la double imposition étant éliminée par l'article 24.

Ne pas confondre avec les traitements d'activité (article 20, paragraphe 1). Pour les rémunérations publiques autres que les pensions, l'exception exige en plus que les services soient rendus dans l'État de résidence et que le bénéficiaire n'ait pas aussi la nationalité de l'État payeur : un agent public binational en activité reste imposable dans l'État qui le paie.

Rentes viagères (article 23). La convention ne les vise pas expressément ; l'administration les rattache à la clause relative aux revenus non dénommés (BOI-INT-CVB-PRT-10-20, n° 440), ce qui suppose de vérifier la nature exacte de la rente. Elles ne sont imposables que dans l'État de résidence, mais à une condition absente de l'article 19 : qu'elles y soient assujetties à l'impôt selon sa législation.

Établir la résidence. Un retraité qui garde en France son foyer, son conjoint ou l'essentiel de ses revenus peut rester résident de France au sens du droit interne (article 4 B du CGI) et de la convention. Les critères de l'article 4 s'examinent dans l'ordre, et la convention ne s'applique que si le Portugal assujettit effectivement la personne à l'impôt comme résident : la section suivante en donne quatre illustrations.

— Devant le juge

Quatre décisions : le départ au Portugal contesté par l'administration française

Le texte de la convention ne protège que celui qui est résident du Portugal. Quand l'administration française conteste ce départ, les juges regardent la famille, le logement, l'activité et l'imposition effective au Portugal. Ces quatre décisions sont celles que le cabinet oppose le plus souvent.

  • Retraité inscrit comme résident non habituel. Un Français retraité, inscrit au Portugal sous le régime des résidents non habituels mais n'y déclarant presque aucun revenu, et conservant en France des revenus locatifs, reste domicilié en France : le Portugal ne l'ayant pas assujetti à l'impôt comme résident, le critère de l'article 4, paragraphe 1, n'est pas rempli, et le droit interne français décide (CAA Bordeaux, 5 mars 2024, n° 22BX00848).
  • La famille reste en France. Même en le supposant résident des deux États, le contribuable dont les enfants vivent en France dans un logement du couple, qui y exécute son contrat de travail et y dépense beaucoup plus qu'au Portugal, a en France le centre de ses intérêts vitaux : les impositions rétablies sont maintenues avec les majorations (CAA Paris, 28 juin 2023, n° 21PA04331).
  • La nationalité portugaise ne protège pas. Un ressortissant portugais qui vit dans une maison en France depuis quinze ans et y exploite deux restaurants est domicilié en France au sens de l'article 4 B du CGI, et ne prouve pas être résident du Portugal ; il doit déclarer ses comptes à l'étranger (CAA Nantes, 15 février 2022, n° 20NT02685).
  • L'activité en France l'emporte. Un gérant de société française, résident fiscal du Portugal selon le droit portugais mais logé en France, est jugé résident de France : ses liens économiques avec la France font de celle-ci le centre de ses intérêts vitaux. Les avantages occultes qui lui sont versés ne sont pas des dividendes au sens de la convention, ils relèvent de l'article 23 et la France les impose (CAA Versailles, 16 mars 2021, n° 19VE01222).
— La convention, article par article

Les règles qui reviennent dans nos dossiers

  • Impôts couverts (article 2). Depuis l'avenant de 2016, la convention vise expressément, côté français, l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les sociétés et ses contributions, la CSG et la CRDS ; côté portugais, l'IRS, l'IRC et les derramas. Elle ne comporte aucun article sur la fortune : chaque État applique son droit interne, ce qui laisse l'IFI français s'appliquer aux immeubles situés en France d'un résident du Portugal.
  • Immeubles (articles 6 et 14, paragraphe 1). Les loyers et les plus-values d'un immeuble sont imposables dans l'État de situation. Depuis la convention multilatérale, il en va de même des gains tirés de la cession d'actions ou de parts qui, à tout moment au cours des 365 jours précédant la cession, tirent directement ou indirectement plus de 50 % de leur valeur d'immeubles situés dans cet État.
  • Autres plus-values (article 14, paragraphe 3). Les gains sur les autres biens, dont les titres de sociétés ordinaires, ne sont imposables que dans l'État de résidence du cédant. Un départ vers le Portugal reste toutefois soumis à l'exit tax française sur les plus-values latentes (article 167 bis du CGI), avec un sursis de paiement automatique pour un transfert dans un État de l'Union européenne ; l'impôt est dégrevé si les titres sont encore détenus deux ans après le départ (cinq ans lorsque leur valeur globale dépassait 2,57 millions d'euros).
  • Dividendes (article 11). L'État de la société distributrice peut prélever au plus 15 % du montant brut. Côté français, la retenue de droit interne sur les dividendes versés à une personne physique non résidente est de 12,8 % (article 187 du CGI), inférieure au plafond conventionnel. Encore faut-il qu'il s'agisse d'un dividende au sens de la convention : le Conseil d'État a jugé que des sommes versées à une société portugaise et réputées distribuées en droit interne, qui ne répondent pas à cette définition, ne pouvaient subir la retenue à la source (CE, 4 avril 1990, n° 63858, Allomat).
  • Intérêts et redevances (articles 12 et 13). Retenue plafonnée à 12 % pour les intérêts, ramenée à 10 % pour les intérêts d'obligations émises en France après le 1er janvier 1965 ; 5 % pour les redevances.
  • Salaires et mandats (articles 16 et 17). Les salaires sont imposables dans l'État où l'emploi est exercé, sauf mission de 183 jours au plus sur l'année fiscale, payée par un employeur non résident et non supportée par un établissement stable. Les rémunérations d'administrateurs, membres du conseil de surveillance et associés gérants restent soumises au droit interne de chaque État, la double imposition étant éliminée par l'article 24.
  • Sociétés (articles 4 et 7). Une société de droit portugais dont le siège de direction effective est en France est résidente de France et y est imposée (CAA Bordeaux, 10 mars 2008, n° 05BX01906, Madrigal Serviços Limitada).
  • Élimination de la double imposition (article 24). Pour un résident de France, les revenus dont l'imposition est attribuée au Portugal sont exonérés en France, mais comptent pour le taux appliqué aux autres revenus. Pour les dividendes, intérêts, redevances, mandats sociaux et revenus d'artistes, le revenu portugais reste dans la base française et la France accorde un crédit d'impôt, dans la limite de l'impôt français afférent à ces revenus. Pour un résident du Portugal, l'impôt français est déduit de l'impôt portugais, dans la limite de la fraction de celui-ci correspondant aux revenus imposés en France.
  • Procédure amiable (article 26). En cas d'imposition non conforme, le cas doit être soumis à l'autorité compétente de l'État de résidence dans les trois ans qui suivent la première notification de la mesure, délai issu de la convention multilatérale (l'ancien délai de deux ans, encore cité par certains commentaires, n'est plus le bon). Un arbitrage peut être demandé si les administrations ne s'accordent pas dans les trois ans, sous les réserves formulées par chaque État.
  • Clauses anti-abus (article 31 bis). Les avantages de la convention peuvent être refusés lorsque le récipiendaire n'est pas le bénéficiaire effectif, ou lorsque l'obtention de l'avantage était l'un des objets principaux d'un montage. La France conserve l'application des articles 209 B et 212 du CGI.
— Côté portugais : fin du RNH et IFICI

Le régime des résidents non habituels est fermé aux nouveaux arrivants

  • Abrogation du RNH. La loi de finances portugaise pour 2024 (Lei n.º 82/2023 du 29 décembre 2023, article 317, alinéa b) a abrogé le régime des résidents non habituels à compter du 1er janvier 2024, comme l'a rappelé l'administration fiscale portugaise (ofício circulado n.º 90068 du 16 février 2024).
  • Régime transitoire. Les contribuables déjà inscrits comme résidents non habituels au 1er janvier 2024 le restent jusqu'au terme de leur période de dix ans. L'article 236 de la même loi a aussi ouvert une inscription tardive à ceux qui remplissaient les conditions de résidence au 31 décembre 2023, ou qui sont devenus résidents en 2024 en justifiant d'engagements antérieurs (contrat de travail, bail, réservation d'un bien, visa), à condition de déposer la demande dans les délais fixés (pour les arrivants de 2024, une demande déposée après le 31 mars 2025 ne vaut que pour la durée restant à courir sur les dix ans).
  • IFICI. Le nouvel incentivo fiscal à investigação científica e inovação (article 58.º-A du statut des avantages fiscaux) taxe à 20 % pendant dix ans les revenus d'activité tirés de certaines fonctions qualifiées exercées au Portugal. Selon la documentation de l'administration portugaise, les revenus étrangers d'activité, de capitaux, immobiliers et de plus-values en sont en règle générale exonérés ; les pensions ne figurent pas dans cette liste. Outre l'exercice d'une activité éligible et la perception chaque année de revenus qui en relèvent, le régime suppose de ne pas avoir été résident du Portugal au cours des cinq années précédentes, de n'avoir bénéficié ni du RNH ni déjà de l'IFICI, et de ne pas avoir opté pour le programme Regressar (article 12.º-A du code de l'IRS).
  • Ce que cela change pour un retraité. L'IFICI n'accorde aucun avantage aux pensions : son taux de 20 % ne vise que les revenus d'une activité éligible, et l'exonération des revenus étrangers ne s'étend pas aux pensions. Un retraité français qui s'installe aujourd'hui au Portugal relève donc, pour sa pension privée, de l'imposition portugaise de droit commun, et la convention ne lui offre aucune voie de retour vers l'impôt français. Le calcul comparé doit se faire avant le départ, avec un conseil portugais.
— Successions : l'absence de convention

Deux droits internes qui s'appliquent l'un à côté de l'autre

  • Pas de convention contre la double imposition. La convention de 1971 ne vise que les impôts sur le revenu. Le seul texte franco-portugais en matière de successions est l'accord signé à Lisbonne le 3 juin 1994 : il étend à l'autre État, à ses collectivités locales et, sous condition de réciprocité, à ses organismes de droit public à vocation scientifique, artistique, culturelle, éducative ou charitable, les exonérations prévues pour les dons et legs consentis à leurs homologues nationaux. Il ne règle pas la double imposition des successions entre particuliers.
  • Côté français. L'article 750 ter du CGI s'applique sans correctif conventionnel : tous les biens, situés en France ou hors de France, sont taxables si le défunt ou le donateur avait son domicile fiscal en France, ou si l'héritier ou le donataire est domicilié en France et l'a été au moins six années au cours des dix dernières ; à défaut, seuls les biens français sont taxables. L'impôt acquitté à l'étranger sur les biens qui y sont situés s'impute sur l'impôt français afférent à ces biens (article 784 A du CGI).
  • Côté portugais. Le Portugal ne connaît plus de droits de succession en tant que tels : les transmissions à titre gratuit relèvent de l'imposto do selo, au taux de 10 % (verba 1.2 de la Tabela Geral), dû sur les biens réputés situés au Portugal au sens de l'article 4 du code. Cette localisation obéit à des règles propres : les sommes déposées auprès d'un établissement établi au Portugal y sont situées, les espèces et cryptoactifs non déposés le sont dans une succession lorsque le défunt était domicilié au Portugal, et les titres d'une société portugaise ne sont taxés que si l'héritier y est domicilié. Le conjoint ou partenaire de fait, les descendants et les ascendants sont exonérés de cet impôt (article 6, alinéa e).
  • La conséquence pratique. Pour un retraité français domicilié au Portugal, chaque enfant domicilié en France depuis au moins six des dix dernières années est taxé en France sur tous les biens qu'il reçoit, y compris ceux situés au Portugal ; un enfant domicilié hors de France ne l'est que sur les biens français. Au Portugal, l'immeuble transmis aux enfants peut être exonéré ; si un impôt y est effectivement acquitté, le crédit de l'article 784 A l'impute dans la limite de l'impôt français afférent aux biens situés hors de France. Le domicile du défunt et celui des héritiers se documentent de son vivant.
— Ce qu'il faut comprendre

Les règles sont nettes, la résidence est ce que l'administration conteste

La convention franco-portugaise est l'une des plus anciennes du réseau français encore en vigueur. Elle a été modernisée en 2016 sur plusieurs points (impôts visés, rémunérations et pensions publiques, échange de renseignements, assistance au recouvrement, clauses anti-abus), puis complétée par la convention multilatérale, mais son architecture reste celle de 1971.

Ses règles sont souvent tranchées. Une pension privée versée à un résident du Portugal échappe entièrement à l'impôt français. Une plus-value sur des titres ordinaires n'est imposable que dans l'État de résidence du cédant. Tout repose donc sur une question préalable, celle de la résidence, que l'administration française vérifie avec attention lorsque le contribuable conserve un logement, une famille ou des intérêts économiques en France.

— Qui est concerné

Six situations où la convention change le résultat

Retraités français au Portugal

Installation à Lisbonne, Porto, dans l'Algarve ou à Madère : la retraite privée bascule au Portugal, la pension publique reste en principe en France.

Anciens fonctionnaires

Enseignants, militaires, agents hospitaliers : l'article 20 réserve l'imposition à la France, sauf nationalité portugaise du retraité résident du Portugal.

Franco-Portugais binationaux

La double nationalité joue différemment pour les pensions publiques et pour les traitements d'activité.

Propriétaires d'un bien en France

Loyers et plus-values d'un immeuble français restent imposables en France, y compris par l'intermédiaire d'une société à prépondérance immobilière.

Actionnaires et dirigeants

Dividendes, intérêts, jetons de présence et rémunérations de mandataires sociaux obéissent à des règles de partage.

Familles et héritiers

Aucune convention n'évite la double imposition des successions entre les deux pays.

— Questions fréquentes

Ce que l'on nous demande sur la convention France / Portugal

Ma retraite du régime général et de l'Agirc-Arrco sera-t-elle encore imposée en France si je m'installe au Portugal ?

Non, dès lors que vous êtes résident du Portugal au sens de la convention. Ces pensions, de caractère privé, ne sont imposables que dans l'État de résidence (article 19). Il vous appartient de signaler votre changement de résidence aux caisses françaises et de leur fournir, à leur demande, une attestation de résidence fiscale portugaise, pour qu'elles cessent toute retenue.

Je suis fonctionnaire retraité : ma pension suit-elle la même règle ?

Non. Une pension publique française reste imposable uniquement en France (article 20, paragraphe 2), sauf si vous résidez au Portugal et en avez la nationalité. Dans ce dernier cas, elle n'est imposable qu'au Portugal. Les pensions servies au titre d'une activité d'entreprise exercée par une personne publique suivent toutefois la règle des pensions privées (article 20, paragraphe 3).

Puis-je encore bénéficier du régime des résidents non habituels ?

En principe non : le régime est abrogé depuis le 1er janvier 2024 et le régime transitoire ne vise que les personnes déjà inscrites au 1er janvier 2024, celles qui remplissaient les conditions de résidence au 31 décembre 2023 et devaient demander leur inscription avant le 31 mars 2024, celles devenues résidentes en 2024 sur la base d'engagements pris avant fin 2023, et les membres de leur foyer. Les personnes inscrites conservent leur régime jusqu'au terme de leurs dix ans. Le nouveau régime, l'IFICI, vise certaines activités qualifiées et ne concerne pas les retraités.

Je garde un appartement en France que je loue : qui impose les loyers ?

La France, État de situation de l'immeuble (article 6). Vous déposez une déclaration de revenus française de non-résident pour ces loyers ; le Portugal, s'il les intègre dans votre revenu, déduit l'impôt français dans la limite de l'impôt portugais correspondant (article 24, paragraphe 2). La plus-value de cession du bien est aussi imposable en France.

Je vends les titres de ma société française après mon installation au Portugal : la France peut-elle imposer la plus-value ?

La convention réserve ce gain à l'État de résidence du cédant (article 14, paragraphe 3), sauf société à prépondérance immobilière française. Mais si votre départ a donné lieu à l'exit tax, l'impôt en sursis sur la plus-value latente constatée à cette date devient exigible si les titres sont cédés dans les deux ans du départ (cinq ans lorsque leur valeur globale dépassait 2,57 millions d'euros), dans la limite de la plus-value effectivement réalisée ; l'impôt payé au Portugal sur la cession s'impute alors, dans certaines limites, sur l'impôt français (article 167 bis du CGI). Au-delà de ce délai, l'impôt est dégrevé.

Existe-t-il une convention franco-portugaise sur les successions ?

Non. L'accord du 3 juin 1994 ne concerne que les dons et legs aux États, à leurs collectivités et à certains organismes de droit public. Une succession entre particuliers est soumise aux deux droits internes : en France l'article 750 ter du CGI et le crédit de l'article 784 A, au Portugal l'imposto do selo sur les biens réputés situés au Portugal, avec une exonération pour le conjoint, les descendants et les ascendants.

Cité par

Une situation entre la France et le Portugal à sécuriser ?

Premier échange confidentiel. Le cabinet analyse le volet français et l'application de la convention, en lien avec votre conseil portugais, depuis Paris ou Lisbonne.