Contentieux fiscal · Juge de l’impôt

Le recours contentieux devant le tribunal administratif

Lorsque le désaccord persiste après la phase contradictoire, le litige se porte devant le juge de l’impôt. Mais une étape est impérative avant tout procès : la réclamation préalable, dans des délais à ne pas manquer. Le cabinet sécurise cette chaîne, de la réclamation jusqu’à l’audience, et le cas échéant en appel et en cassation.

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— En bref
Préalable
Réclamation contentieuse obligatoire à l’administration (LPF art. L. 190)
Délai
Jusqu’au 31 décembre de la 2e année suivant la mise en recouvrement (LPF art. R*196-1)
Paiement
Sursis de paiement possible (LPF art. L. 277)
Juge
Tribunal administratif (IR, IS, TVA) ; tribunal judiciaire (enregistrement, IFI)
Saisine
Deux mois après la décision de rejet (LPF art. R*199-1)
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La réclamation préalable, étape obligatoire

On ne saisit pas directement le juge de l’impôt : il faut d’abord adresser une réclamation contentieuse à l’administration (LPF art. L. 190, qui en définit le champ, combiné à l’art. R. 190-1). Cette réclamation expose les motifs de la contestation, chiffre les dégrèvements demandés et s’accompagne des justificatifs utiles.

L’administration dispose d’un délai pour répondre. Son rejet, exprès ou implicite, ouvre la voie du tribunal. C’est donc une étape de fond, et non une simple formalité : la qualité de la réclamation conditionne la suite.

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Le sursis de paiement

Contester ne dispense pas, en principe, de payer. Pour suspendre le recouvrement des sommes contestées, la réclamation doit être assortie d’une demande de sursis de paiement (LPF art. L. 277). Lorsque les droits contestés dépassent 4 500 €, des garanties sont exigées (caution, hypothèque, nantissement) ; en deçà de ce seuil, vous en êtes dispensé (LPF art. R. 277-7).

Bien utilisé, le sursis évite d’avoir à décaisser un redressement contesté avant que le juge ne se soit prononcé.

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Du tribunal au Conseil d’État

En cas de rejet de la réclamation, le litige est porté devant le juge compétent selon l’impôt (LPF art. L. 199) :

  • Tribunal administratif pour l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés et la TVA ;
  • Tribunal judiciaire pour les droits d’enregistrement et l’IFI ;
  • Appel devant la cour administrative d’appel (ou la cour d’appel) ;
  • Cassation devant le Conseil d’État (ou la Cour de cassation).

À chaque degré, l’écrit prime : la rédaction des mémoires et le choix des moyens déterminent l’issue. Le cabinet conduit la procédure et plaide le dossier.

Chiffres clés

Recours fiscal : les délais clés

ÉtapeDélaiSource
Réclamation (cas général)jusqu’au 31 décembre de la 2e année suivant la mise en recouvrementLPF art. R. 196-1
Réclamation, délai spécial après rectificationjusqu’au 31 décembre de la 3e année suivant la proposition de rectificationLPF art. R. 196-3
Réponse de l’administration6 mois, prorogeable de 3 moisLPF art. R. 198-10
Saisine du tribunal2 mois après notification d’un rejet exprès (le silence ne fait pas courir ce délai)LPF art. R. 199-1
Sursis : seuil de garantiesgaranties exigées si droits contestés > 4 500 €LPF art. R. 277-7
Appel (cour administrative d’appel)2 moisCJA art. R. 811-2
Cassation (Conseil d’État)2 moisCJA art. R. 821-1

Comparatif

Quel juge pour quel impôt ?

Impôt1re instanceAppelCassation
IR, IS, TVATribunal administratifCour administrative d’appelConseil d’État
Enregistrement, IFI, timbre, contributions indirectesTribunal judiciaireCour d’appelCour de cassation

Source : LPF art. L. 199.

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Les délais à ne pas manquer

Le contentieux fiscal est rythmé par des délais stricts. Le délai de réclamation court, en principe, jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement (LPF art. R. 196-1). En cas de proposition de rectification, vous disposez d’un délai spécial égal au délai de reprise de l’administration, soit, pour l’IR et l’IS, jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant la proposition (LPF art. R. 196-3).

L’administration dispose de six mois pour statuer, prorogeables de trois mois (LPF art. R. 198-10). Tant qu’aucune décision expresse de rejet n’est notifiée, le délai de deux mois pour saisir le tribunal ne court pas (LPF art. R. 199-1) : le silence prolongé de l’administration ne vous fait perdre aucun droit. L’appel comme le pourvoi en cassation s’exercent ensuite dans un délai de deux mois.

Questions fréquentes

Recours fiscal : vos questions

Peut-on saisir directement le tribunal ?

Non. Une réclamation contentieuse préalable adressée à l’administration est obligatoire (LPF art. L. 190). Ce n’est qu’après son rejet, exprès ou implicite, que le tribunal peut être saisi.

Quel délai pour réclamer ?

En principe jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant la mise en recouvrement ou le versement de l’impôt contesté (LPF art. R*196-1). Des délais particuliers existent selon les situations.

Dois-je payer pendant la contestation ?

La réclamation peut être assortie d’une demande de sursis de paiement (LPF art. L. 277), qui suspend le recouvrement des sommes contestées, le cas échéant moyennant des garanties au-delà d’un certain montant.

Quel tribunal est compétent ?

Le tribunal administratif pour l’impôt sur le revenu, l’IS et la TVA ; le tribunal judiciaire pour les droits d’enregistrement et l’IFI (LPF art. L. 199).

Jusqu’où peut aller la procédure ?

Du tribunal à la cour administrative d’appel, puis au Conseil d’État en cassation (ou, dans l’ordre judiciaire, à la cour d’appel puis à la Cour de cassation). Le cabinet accompagne le dossier à chaque degré.

Cité par

Un recours à engager ? Sécurisons les délais

Premier échange confidentiel pour structurer la réclamation, demander le sursis de paiement et porter le litige devant le juge de l’impôt.

Jonathan Bensaid, avocat fondateur

Article rédigé par

Me Jonathan Bensaid, avocat fiscaliste, fondateur du cabinet Bensaid Avocats, inscrit aux Barreaux de Paris & Genève.