Contentieux fiscal · Règlement négocié

La transaction avec l’administration fiscale

Face à un redressement, le contentieux n’est pas la seule voie. La juridiction gracieuse permet de négocier une atténuation des pénalités, soit par une remise ou modération, soit par une transaction qui fixe d’un commun accord le montant des majorations. Bien menée, cette voie sécurise et raccourcit le règlement du litige. Le cabinet en évalue l’opportunité et la conduit pour vous.

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— En bref
Cadre
Juridiction gracieuse (LPF art. L. 247)
Porte sur
Pénalités, majorations et amendes (et intérêts de retard dans certains cas)
Principal
Remise possible sur le principal des impôts directs en cas de gêne ou d’indigence ; jamais sur l’enregistrement, l’IFI, la TVA ou le timbre
Deux voies
Remise ou modération (décision unilatérale) ; transaction (accord)
Effet
Transaction définitive : plus aucune procédure contentieuse, ni sur les pénalités transigées, ni sur les droits eux-mêmes (LPF art. L. 251)
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Le principe : négocier les pénalités, pas l’impôt

La juridiction gracieuse (LPF art. L. 247) autorise l’administration à accorder des atténuations. Elle porte principalement sur les pénalités, majorations et amendes, et, dans certains cas, sur les intérêts de retard. La transaction ne touche jamais aux droits en principal.

Une nuance toutefois, souvent ignorée : la remise gracieuse peut porter sur les droits en principal des impôts directs (impôt sur le revenu notamment) lorsque le contribuable est dans l’impossibilité de payer par suite de gêne ou d’indigence (LPF art. L. 247, 1°). Cette possibilité n’existe pas pour les droits d’enregistrement, l’IFI, la TVA ou les droits de timbre.

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Transaction, remise, modération

Au sein de la juridiction gracieuse, deux mécanismes permettent d’alléger les sommes dues : la remise ou modération, abandon unilatéral de tout ou partie des pénalités par l’administration, et la transaction, accord négocié et définitif sur le montant des pénalités. Ils répondent à des logiques distinctes :

  • La remise ou modération : décision unilatérale de l’administration qui abandonne tout ou partie des pénalités, souvent au regard de la bonne foi ou de la situation du contribuable ;
  • La transaction (LPF art. L. 247, 3°) : un accord écrit, au sens de l’article 2044 du code civil, par lequel l’administration et le contribuable fixent ensemble le montant des pénalités, en contrepartie de l’engagement de payer et de renoncer au contentieux.

La transaction n’est possible que tant que les pénalités ne sont pas définitives ; une fois l’imposition définitivement établie, la marge se réduit à la remise gracieuse. L’administration ne peut par ailleurs transiger lorsque le contribuable met en œuvre des manœuvres dilatoires visant à nuire au bon déroulement du contrôle (LPF art. L. 247).

Comparatif

Remise ou modération, ou transaction ?

CritèreRemise / modérationTransaction
NatureDécision unilatérale de l’administrationAccord écrit (art. 2044 du code civil)
Porte surPénalités ; principal des impôts directs si gêne ou indigencePénalités non encore définitives
ContrepartieAucune (faveur)Engagement de payer et de renoncer au contentieux
EffetAbandon total ou partielDéfinitive : renonciation réciproque (L. 251)
BaseLPF art. L. 247 (1° et 2°)LPF art. L. 247 (3°) et L. 251

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Quand y recourir, et quand préférer le contentieux

Le choix entre transaction et contentieux est stratégique. La transaction apporte de la sécurité et de la rapidité, et évite l’aléa du procès ; mais elle suppose de renoncer à contester. Le contentieux se justifie lorsque l’imposition en principal est sérieusement discutable. Les deux approches peuvent s’articuler, à une condition : la demande gracieuse ne vaut pas réclamation contentieuse et ne préserve donc pas, par elle-même, le délai de réclamation. Pour garder ouverte la contestation du principal pendant la négociation, il faut déposer une réclamation dans son propre délai : pour les impôts autres que les impôts directs locaux, au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement, du versement de l’impôt contesté ou de l’événement qui motive la réclamation (LPF art. R* 196-1), ou présenter une demande expressément mixte, contentieuse et gracieuse. Passé ce délai, les pénalités deviennent définitives et la seule marge restante est la remise gracieuse.

Le cabinet évalue le rapport bénéfice / risque, chiffre les scénarios et conduit la voie retenue auprès du service compétent.

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Les effets de l’accord

Une fois approuvée et exécutée, la transaction devient définitive : aucune procédure contentieuse ne peut plus être engagée ni reprise, ni sur les pénalités transigées, ni sur les droits eux-mêmes (LPF art. L. 251 ; BOI-CTX-GCX-10). Signer une transaction revient donc à renoncer aussi à contester l’impôt en principal : il faut avoir arrêté sa position sur le bien-fondé du redressement avant de signer. Le contribuable s’engage à payer les sommes convenues dans les délais ; en contrepartie, l’administration abandonne la fraction de pénalités transigée.

Lorsque c’est l’administration qui vous notifie une proposition de transaction, vous disposez d’un délai de trente jours à compter de la réception de la notification pour présenter votre acceptation ou votre refus (LPF art. R* 247-3). Ce délai est bref : passé son terme, l’accord proposé n’est plus acquis, et il reste à défendre le dossier par la voie contentieuse, dans ses propres délais.

À l’inverse, si vous refusez la transaction proposée et portez le litige devant le tribunal, c’est le juge qui fixe le taux des majorations, en même temps que la base de l’impôt (LPF art. L. 251). C’est un paramètre clé du choix entre transiger et contester.

Questions fréquentes

La transaction fiscale : vos questions

Peut-on négocier le montant de l’impôt lui-même ?

Par transaction, non : elle porte sur les pénalités, majorations et amendes (et parfois les intérêts de retard), pas sur les droits en principal. En revanche, une remise gracieuse peut porter sur le principal des impôts directs (impôt sur le revenu notamment) en cas de gêne ou d’indigence (LPF art. L. 247, 1°), à l’exclusion de l’enregistrement, de l’IFI, de la TVA et du timbre. Pour contester le bien-fondé du principal, la voie reste contentieuse.

Quelle différence entre remise gracieuse et transaction ?

La remise ou modération est une décision unilatérale de l’administration qui réduit les pénalités. La transaction est un accord écrit fixant d’un commun accord le montant des pénalités, en contrepartie du paiement et de la renonciation au contentieux.

Signer une transaction m’empêche-t-il de contester ensuite ?

Oui, et plus largement qu’on ne le croit. Une fois la transaction devenue définitive, après exécution des obligations qu’elle prévoit et approbation de l’autorité compétente, aucune procédure contentieuse ne peut plus être engagée ni reprise, ni sur les pénalités transigées, ni sur les droits eux-mêmes (LPF art. L. 251). Signer revient donc à renoncer aussi à contester l’impôt en principal. D’où l’importance d’arrêter sa position sur le bien-fondé du redressement avant signature.

À quel moment demander une transaction ?

Tant que les pénalités ne sont pas définitives. En pratique, la négociation se prépare dès la phase contradictoire et peut se conclure avant l’engagement ou en cours d’un contentieux. Attention en sens inverse : lorsque c’est l’administration qui vous notifie une proposition de transaction, vous disposez de trente jours à compter de la réception de la notification pour présenter votre acceptation ou votre refus (LPF art. R* 247-3). Et la demande gracieuse ne valant pas réclamation contentieuse, elle ne préserve pas le délai de réclamation : pour garder ouverte la contestation du principal, il faut réclamer dans le délai qui lui est propre (LPF art. R* 196-1).

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Cité par

Transiger ou contester : faisons le bon choix

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