Exit tax · Formulaire 2074-ETD · Mise à jour du 6 octobre 2026

Déclaration 2074-ETD : quand et comment la déposer

La 2074-ETD est le formulaire par lequel un contribuable qui quitte la France déclare l'exit tax de l'article 167 bis du CGI. Selon la destination, elle se dépose une fois, l'année suivant le départ, ou deux fois, dont la première au plus tard 90 jours avant le départ. Cette page dit quand la déposer, ce qu'elle contient, quels formulaires de suivi l'accompagnent et quelles erreurs rendent l'impôt immédiatement exigible.

Me Jonathan Bensaid · Avocat aux barreaux de Paris et de Genève · Mise à jour du 6 octobre 2026

Quand faut-il déposer la déclaration 2074-ETD ?

Tout contribuable soumis à l'exit tax dépose la 2074-ETD avec sa déclaration des revenus de l'année du départ, au printemps de l'année suivante, dans les délais de droit commun. C'est la seule échéance lorsque le sursis de paiement est de plein droit, c'est-à-dire pour un départ vers un État de l'Union européenne ou vers un État de la liste publiée dans la notice du formulaire (Royaume-Uni, États-Unis ou Monaco pour un non-Français, par exemple).

Pour les autres destinations, dont la Suisse, Israël et les Émirats arabes unis, le sursis doit être demandé : la 2074-ETD est alors déposée une première fois au service des impôts des particuliers non-résidents au plus tard 90 jours avant le transfert, avec la désignation d'un représentant fiscal en France et une proposition de garanties égales à 12,8 % des plus-values, constituées avant le départ ; elle est déposée une seconde fois l'année suivante avec la déclaration de revenus.

CGI, art. 167 bis, IV, V et IX ; CGI, annexe III, art. 41 tervicies A ; notice du formulaire 2074-ETD, millésime 2026.

— En bref
Formulaire
2074-ETD : déclaration des plus-values et créances lors du transfert du domicile fiscal hors de France
Qui la dépose
Le contribuable domicilié en France au moins 6 des 10 années précédant le départ, dont les titres excèdent 800 000 € ou représentent au moins 50 % des bénéfices d'une société
Sursis de plein droit
Une seule 2074-ETD, jointe à la déclaration des revenus de l'année du départ
Sursis sur demande
Une 2074-ETD au plus tard 90 jours avant le départ, avec représentant et garanties, puis une seconde l'année suivante
Suivi
2074-ETS3 l'année suivant un événement ; suivi annuel sur 2074-ETS3 ou 2074-ETSL si le sursis couvre des créances de complément de prix ou des plus-values en report
Sanction
Défaut de dépôt ou omission : exigibilité de l'impôt en sursis (CGI, art. 167 bis, IX, 4), à défaut de régularisation dans les trente jours d'une mise en demeure (annexe III, art. 41 tervicies E)
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Le calendrier, selon la destination

Le transfert du domicile fiscal est réputé intervenir le jour précédant celui à compter duquel vous cessez d'être imposable en France sur l'ensemble de vos revenus (article 167 bis, III). C'est cette date qui ouvre ou ferme chaque délai ci-dessous.

ÉtapeSursis de plein droit (UE, États de la liste)Sursis sur demande (Suisse, Israël, Émirats, autres)
Au plus tard 90 jours avant le départAucun dépôt2074-ETD avec la demande de sursis, désignation du représentant fiscal, proposition de garanties ; garanties constituées avant le départ
Printemps de l'année suivant le départ2074-ETD jointe à la déclaration des revenus de l'année du départSeconde 2074-ETD jointe à la déclaration des revenus ; complément de garanties dans le mois de l'avis d'imposition si l'impôt calculé dépasse les garanties
Dans les deux mois de tout nouveau déménagementInformation de l'administration de l'adresse du nouveau domicile fiscal
L'année suivant un événement2074-ETS3 : cession, rachat, donation, décès, retour en France, expiration du délai de deux ou cinq ans
Chaque année, dans certains casSuivi annuel sur 2074-ETS3, ou 2074-ETSL sans événement, si le sursis porte aussi sur des créances de complément de prix ou des plus-values en report

Sans sursis, parce que vous ne l'avez pas demandé ou qu'il a été refusé faute de garanties suffisantes, l'impôt est recouvré dans les conditions de droit commun après le dépôt de la déclaration de l'année suivante, puis restitué si les conditions du dégrèvement sont ensuite remplies. La liste des États ouvrant droit au sursis de plein droit hors de l'Union européenne figure dans la notice de la 2074-ETD et évolue : le cabinet la vérifie à la date de chaque départ. Elle suppose, avec chaque État, une convention d'assistance administrative contre la fraude et l'évasion fiscales et une convention d'assistance au recouvrement d'une portée analogue à la directive 2010/24/UE, et que l'État ne soit pas classé non coopératif (article 167 bis, IV).

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Ce que contient la 2074-ETD

La déclaration recense, titre par titre, ce que l'article 167 bis soumet à l'impôt au jour du départ, et calcule cet impôt. Elle se prépare à partir d'une évaluation documentée : c'est elle que l'administration discutera, pas le formulaire.

  • L'identification du départ : date du transfert au sens du III de l'article 167 bis, État et adresse du nouveau domicile fiscal.
  • Les plus-values latentes : pour chaque ligne de titres détenus directement ou indirectement par les membres du foyer fiscal, valeur au jour du départ, déterminée selon les règles des droits de mutation (cours de bourse ou valeur vénale), et prix d'acquisition. Les moins-values latentes ne s'imputent pas.
  • Les créances de complément de prix nées d'une cession antérieure (earn-out), évaluées à leur valeur réelle au jour du départ.
  • Les plus-values en report d'imposition visées au II de l'article 167 bis, notamment celles d'un apport-cession relevant de l'article 150-0 B ter et celles de certains régimes de report plus anciens, imposées selon les taux de leur régime d'origine.
  • Le calcul de l'impôt : 12,8 % d'impôt sur le revenu, ou barème progressif sur option globale, et 18,6 % de prélèvements sociaux pour les plus-values latentes et créances d'un départ en 2026, soit 31,4 % ; les plus-values en report gardent les taux de leur régime d'origine ; abattements seulement dans les cas prévus au 2 bis du I de l'article 167 bis (durée de détention, sous conditions) et au 3 (dirigeant partant à la retraite).
  • La demande de sursis, lorsque la destination l'exige : nom et adresse du représentant établi en France, qui s'engage sur le formulaire, et proposition de garanties à hauteur de 12,8 % du montant brut des plus-values et créances.

Les montants sont reportés sur la déclaration de revenus de l'année du départ, à laquelle la 2074-ETD est jointe. Pour chiffrer l'impôt avant de remplir le formulaire, le simulateur d'exit tax du cabinet applique les mêmes seuils et le taux de 31,4 %.

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2074-ETD, 2074-ETS3, 2074-ETSL : qui fait quoi

La 2074-ETD déclare. Elle constate les plus-values et créances au départ et, le cas échéant, porte la demande de sursis. Elle n'est déposée qu'au départ et l'année suivante.

La 2074-ETS3 suit. C'est le formulaire de suivi pour les transferts intervenus depuis le 1er janvier 2014. Lorsque le sursis ne porte que sur des plus-values latentes et que le départ date de 2019 ou après, elle n'est déposée que l'année suivant un événement : cession ou rachat des titres, donation, décès, retour en France, ou expiration du délai de deux ans, ou de cinq ans lorsque les titres valaient plus de 2,57 M€ au départ. Elle sert alors à déclarer l'impôt devenu exigible, payé au moment du dépôt, ou à demander le dégrèvement.

La 2074-ETSL allège. Lorsque le sursis porte aussi sur des créances de complément de prix ou des plus-values en report, l'article 167 bis, IX, 2 impose un suivi chaque année. Les années sans événement, la version allégée 2074-ETSL suffit ; une année avec événement, c'est la 2074-ETS3. Les départs plus anciens obéissent à des modèles antérieurs du formulaire de suivi, dont le millésime se vérifie sur impots.gouv.fr.

Le dégrèvement après deux ou cinq ans ne vise que les plus-values latentes, non les créances de complément de prix ni les plus-values en report. Le guide de l'exit tax détaille le régime de fond (champ, taux, destinations, dégrèvement) : voir exit tax : l'article 167 bis du CGI, guide 2026.

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Un départ pour Genève, chiffré

Hypothèses. Une dirigeante domiciliée en France depuis toujours s'installe à Genève à la fin du mois d'août 2027. Ses titres, acquis 300 000 €, valent 1 500 000 € : la plus-value latente est de 1 200 000 €. Elle n'a ni créance de complément de prix ni plus-value en report et n'opte pas pour le barème. Simulation à droit constant au 6 octobre 2026 : les taux retenus sont ceux de 2026 ; ceux de 2027 dépendront de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale.

L'impôt. 1 200 000 € × 12,8 % = 153 600 € d'impôt sur le revenu, et 1 200 000 € × 18,6 % = 223 200 € de prélèvements sociaux, soit 376 800 €.

Avant le départ. La Suisse n'ouvre pas droit au sursis de plein droit. La dirigeante dépose sa 2074-ETD au service des impôts des particuliers non-résidents au plus tard 90 jours avant la date du transfert, soit vers la fin mai ou le début juin 2027 selon la date exacte retenue, un dépôt plus précoce étant possible ; elle désigne un représentant fiscal en France et constitue des garanties de 1 200 000 € × 12,8 % = 153 600 € auprès du comptable public.

L'année suivante. Au printemps 2028, elle joint une seconde 2074-ETD à sa déclaration des revenus de 2027, qui couvre ses revenus mondiaux jusqu'au départ. Si l'avis d'imposition fait apparaître un impôt supérieur aux garanties, elle les complète dans le mois.

Ensuite. Ses titres ne dépassant pas 2,57 M€, le délai est de deux ans : si elle les détient encore à la fin du mois d'août 2029, l'impôt est dégrevé d'office ; elle déclare cette échéance sur la 2074-ETS3 en 2030, en justifiant de la conservation des titres, et les garanties sont levées à concurrence de l'impôt dégrevé. Si elle vend en 2028, le sursis prend fin : la 2074-ETS3 est déposée en 2029 et l'impôt, recalculé si la plus-value réelle est plus faible, est payé au dépôt.

— Devant le juge

Ce que le juge a dit de l'exit tax

Trois décisions situent l'exit tax dans le droit de l'Union, dans les conventions fiscales et dans le temps. Elles se lisent avec les dispositions citées sur cette page.

  • Liberté d'établissement. L'imposition immédiate des plus-values latentes lors du transfert du domicile hors de France, dans le régime antérieur à 2011, a été jugée contraire à la liberté d'établissement (CJCE, 11 mars 2004, aff. C-9/02, de Lasteyrie du Saillant). C'est la raison d'être du sursis de paiement que la présente page détaille.
  • Confiance légitime. L'article 167 bis, dans sa version de la loi du 29 juillet 2011, entre dans le champ du droit de l'Union en raison de l'entrave à la liberté d'établissement ; les propos ministériels du 3 mars 2011 étant trop prospectifs pour annoncer son rétablissement, son application aux transferts vers un autre État de l'Union intervenus entre cette date et le dépôt du projet de loi, le 11 mai 2011, a porté atteinte aux principes de confiance légitime et de sécurité juridique (CE, 9e et 10e chambres réunies, 5 février 2025, n° 476399).
  • Convention fiscale franco-suisse. Saisi d'un recours contre le décret du 6 avril 2012 pris pour l'application de l'article 167 bis, le Conseil d'État juge inopérant le moyen tiré de ce que cet article méconnaîtrait la convention franco-suisse : le litige sur la convention se porte devant le juge de l'impôt, qui applique les stipulations faisant échec à l'imposition (CE, 12 juillet 2013, n° 359314).

Le guide de l'exit tax expose le régime ; la page sur la résidence fiscale contestée traite le cas où l'administration soutient que le départ n'a pas eu lieu.

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Les erreurs fréquentes

  • Déposer trop tard. La demande de sursis doit parvenir au service des impôts des particuliers non-résidents au plus tard 90 jours avant le transfert (CGI, annexe III, art. 41 tervicies A) ; déposée après cette date, elle ne permet plus le sursis sur demande et l'impôt devient payable l'année suivante. Un départ décidé dans l'urgence se prépare donc d'abord par le calendrier.
  • Croire que le sursis de plein droit dispense de déclarer. Il dispense de la demande préalable et des garanties, pas de la 2074-ETD de l'année suivante.
  • Partir sans garanties constituées. Le texte exige qu'elles le soient avant le départ, à hauteur de 12,8 % du montant brut des plus-values et créances ; une proposition non acceptée à temps fait perdre le sursis.
  • Oublier les titres du foyer. Le seuil de 800 000 € s'apprécie sur l'ensemble des titres détenus, directement ou indirectement, par les membres du foyer fiscal, et il faut qu'il soit dépassé : 800 000 € exactement n'y suffit pas.
  • Omettre les créances d'earn-out et les plus-values en report. Elles entrent dans la déclaration et changent le régime du suivi, qui devient annuel.
  • Retenir une valeur sans dossier. Une valorisation de titres non cotés non étayée est le premier chef de rectification ; l'évaluation se documente avant le départ.
  • Ne pas déclarer l'événement. Cession, donation ou fin du délai se déclarent l'année suivante sur la 2074-ETS3 ; un défaut de dépôt ou une omission rend exigible l'impôt en sursis (article 167 bis, IX, 4) faute de régularisation dans les trente jours d'une mise en demeure.
  • Partir sans être parti. La 2074-ETD ne vaut pas transfert de domicile : si le foyer, l'activité principale ou le centre des intérêts économiques reste en France, l'administration peut maintenir la résidence française. Voir notre page sur la contestation de la résidence fiscale française.
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Expert référent

Me Jonathan Bensaid, avocat aux barreaux de Paris et de Genève, prépare avec les dirigeants et les familles la 2074-ETD et ses suites : évaluation des titres, choix entre sursis de plein droit et sursis sur demande, désignation du représentant fiscal, garanties, puis suivi déclaratif pendant deux ou cinq ans. Le cabinet reçoit à Paris, Genève, Marseille, Cannes et Lisbonne.

  • Formulaire 2074-ETD
  • 2074-ETS3
  • 2074-ETSL
  • Sursis de paiement
  • CGI art. 167 bis
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Questions fréquentes sur la 2074-ETD

Dois-je déposer une 2074-ETD si je pars dans un pays de l'Union européenne ?

Oui, si vous entrez dans le champ de l'exit tax. Le sursis est de plein droit, mais vous déclarez les plus-values et créances sur la 2074-ETD jointe à la déclaration des revenus de l'année du départ, l'année suivante. Il n'y a ni demande préalable ni garanties.

Que signifie « au plus tard 90 jours avant le transfert » ?

C'est une date limite : la demande de sursis, la 2074-ETD et la proposition de garanties doivent être déposées 90 jours au moins avant la date du transfert du domicile fiscal (CGI, annexe III, art. 41 tervicies A). Un dépôt plus précoce, six mois avant par exemple, est admis ; un dépôt à moins de 90 jours du départ est tardif. Certaines formulations administratives parlent des « quatre-vingt-dix jours précédant le transfert », mais le texte réglementaire fixe bien une échéance. Le délai se compte à partir de la date du transfert au sens de l'article 167 bis, III, d'où l'intérêt de la fixer précisément.

Le Royaume-Uni et la Suisse sont-ils traités de la même façon ?

Non. Le Royaume-Uni figure sur la liste de la notice de la 2074-ETD des États ouvrant droit au sursis de plein droit pour les transferts depuis le 1er janvier 2025 : une seule 2074-ETD, l'année suivante. La Suisse n'y figure pas : sursis sur demande, avec dépôt au plus tard 90 jours avant le départ, représentant fiscal et garanties.

Où déposer la 2074-ETD ?

La demande de sursis préalable au départ est adressée au service des impôts des particuliers non-résidents. La 2074-ETD de l'année suivante est jointe à la déclaration des revenus de l'année du départ, déposée auprès du service des impôts dont dépendait votre domicile en France. Pour un départ dont le millésime du formulaire n'est pas encore publié, la notice prescrit d'utiliser le millésime le plus récent en corrigeant l'année. Le représentant fiscal désigné reçoit ensuite les communications relatives à l'assiette, au recouvrement et au contentieux de l'impôt.

Faut-il déposer une 2074-ETS3 chaque année ?

Pas toujours. Si le sursis ne porte que sur des plus-values latentes et que vous êtes parti depuis 2019, la 2074-ETS3 n'est déposée que l'année suivant un événement : cession, donation, retour en France ou expiration du délai de deux ou cinq ans. Si le sursis porte aussi sur des créances de complément de prix ou des plus-values en report, un suivi annuel est dû : 2074-ETS3, ou 2074-ETSL les années sans événement.

Que risque-t-on en cas d'oubli ?

Le défaut de production de la déclaration ou des formulaires de suivi, ou l'omission de tout ou partie des renseignements, entraîne l'exigibilité de l'impôt en sursis (article 167 bis, IX, 4), à défaut de régularisation dans les trente jours suivant la notification d'une mise en demeure adressée au contribuable ou à son représentant fiscal (annexe III, art. 41 tervicies E). Les intérêts de retard et majorations de droit commun peuvent s'y ajouter. Un oubli se régularise au plus tôt, avant toute relance.

Cité par

Une 2074-ETD à préparer

Premier échange confidentiel : date du transfert, destination et régime du sursis, évaluation des titres, représentant fiscal et garanties, puis suivi.

Sources

Cette note présente l'état du droit à sa date de publication et ne constitue pas un avis juridique. Chaque situation appelle un examen particulier.