— 04 · Exemple
Que coûte une donation-partage transgénérationnelle sur un cas fictif ?
Les faits. Une mère de deux enfants, A et B, a donné à A en 2008 un appartement qui vaut aujourd'hui 400 000 €. En 2026, elle signe une donation-partage qui reprend cet appartement et y ajoute 1 200 000 € de titres. La masse partagée est de 1 600 000 €, soit 800 000 € par souche. A consent à ce que ses deux enfants majeurs, P1 et P2, soient allotis à sa place pour la totalité : P1 reçoit l'appartement, P2 reçoit 400 000 € de titres. B reçoit lui-même 800 000 € de titres. Aucune autre donation n'a été consentie depuis quinze ans.
Les droits. Pour P1, l'appartement provient d'une donation de quinze ans ou plus réattribuée dans la souche de A : seul le droit de partage est dû, 2,50 % de 400 000 €, soit 10 000 €. Pour P2, 400 000 € moins l'abattement de 31 865 € laissent 368 135 € taxables, soit 71 821 € au barème en ligne directe. Pour B, 800 000 € moins 100 000 € laissent 700 000 € taxables, soit 152 962 €.
La comparaison. Si A avait reçu lui-même les 400 000 € de titres, il aurait payé 58 194 € grâce à son abattement de 100 000 €, soit 13 627 € de moins que P2 ; mais leur transmission ultérieure à P2 coûterait encore 58 194 €. En sautant une génération, la famille paie 71 821 € au lieu d'environ 116 400 € sur deux transmissions successives, et les biens de la souche de A sortent de sa propre succession. La donation de 2008 ayant quinze ans ou plus, l'acte n'entame pas non plus l'abattement dont A dispose à l'égard de sa mère.
La variante. Si l'appartement avait été donné à A en 2016, P1 devrait les droits de donation sur 400 000 €, d'après son lien avec sa grand-mère et après l'abattement de 31 865 €, sous déduction des droits payés par A en 2016 sur cet appartement. Ces chiffres sont fictifs, hors frais d'acte, et supposent des valeurs stables entre les deux générations.