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Vendre une collection d'art : le conseil au vendeur
Vendre une collection, ou une œuvre importante, c'est prendre quatre décisions avant la première enchère : à qui confier la vente, à quelles conditions, sous quelle forme et en quel lieu. Le régime fiscal se choisit en même temps, car il dépend du lieu où se trouve l'œuvre, des pièces d'acquisition et de la durée de détention. Le cabinet accompagne le vendeur sur l'ensemble, aux côtés des maisons de ventes, des experts et des notaires.
Comment vendre une collection d'art dans de bonnes conditions ?
Faites estimer la collection par plusieurs maisons de ventes et comparez leurs propositions écrites sur des critères objectifs : estimation, spécialité, calendrier, réseau d'acheteurs, catalogue, frais et garanties. Négociez ensuite le mandat de vente : commission vendeur, frais annexes, prix de réserve, garantie éventuelle, date et place dans la vente. Lorsque l'œuvre a été estimée, le prix de réserve et le prix garanti par la maison ne peuvent pas dépasser l'estimation basse annoncée (code de commerce, art. L. 321-11 et L. 321-12).
Arrêtez le régime fiscal avant de signer. Pour un vendeur domicilié en France, la vente d'une œuvre située en France ou dans l'Union européenne supporte en principe une taxe forfaitaire de 6 % du prix, plus 0,5 % de CRDS ; le vendeur peut opter pour l'imposition de la plus-value réelle s'il justifie de la date et du prix d'acquisition ou d'une détention de plus de vingt-deux ans, et la plus-value est alors exonérée au-delà de vingt-deux ans (CGI, art. 150 VI à 150 VL et 150 VC).
CGI, art. 150 VI, 150 VK, 150 VL et 150 VC ; BOI-RPPM-PVBMC-20-10 et BOI-RPPM-PVBMC-20-20 ; code de commerce, art. L. 321-11 et L. 321-12. Textes en vigueur au 5 octobre 2026.
- Pour qui
- Collectionneurs, héritiers et ayants droit qui vendent une collection ou une œuvre importante
- Quatre décisions
- La maison de ventes, les conditions du mandat, enchères ou gré à gré, le lieu de la vente
- Fiscalité
- Taxe forfaitaire de 6 % + 0,5 % de CRDS, ou option pour la plus-value réelle, exonérée après 22 ans de détention
- Point de vigilance
- Le régime fiscal et les pièces d'acquisition se règlent avant la signature du mandat, pas après la vente
Le vendeur a besoin d'un conseil qui ne vend pas
La maison de ventes est le mandataire du vendeur, mais elle est aussi rémunérée par l'acheteur et recherche des lots pour son calendrier. Le vendeur gagne à être accompagné par un conseil indépendant, qui compare les offres, négocie le mandat et règle la fiscalité, sans intérêt au résultat de l'une ou l'autre maison.
Ce rôle est tenu au cabinet par Jonathan Bensaid, avocat aux barreaux de Paris et de Genève, qui conduit le pôle Art. Il intervient pour des familles et des ayants droit d'artistes dans la vente de collections importantes, en France et à l'étranger, et coordonne les maisons de ventes, les experts, les notaires et l'administration fiscale.
Mettre les maisons en concurrence sur des critères écrits
La question « Drouot, une maison internationale ou une maison spécialisée ? » n'a pas de réponse générale. La bonne maison est celle qui, pour ces œuvres-là et à ce moment-là, réunit les acheteurs les plus susceptibles d'enchérir. Le cabinet demande à chaque maison consultée une proposition écrite, puis la compare point par point sur les critères suivants.
- La spécialité. Le département qui vendra les œuvres, ses résultats publics récents pour des œuvres comparables (même artiste, même période, même niveau de prix) et l'expert qui signera la notice.
- Le calendrier des ventes. La vente proposée (vente du soir ou du jour, vente thématique, vente dédiée à la collection), sa date, la durée d'exposition et l'éventuelle tournée des œuvres avant la vente.
- Le réseau d'acheteurs. La place où la maison réunit les enchérisseurs de cette catégorie d'œuvres, sa capacité à les solliciter et la part des enchères à distance.
- Le catalogue et la promotion. Catalogue imprimé ou en ligne, couverture, nombre de pages, texte d'un spécialiste, mise en avant de la provenance, campagne de presse.
- L'estimation. Une estimation élevée attire les vendeurs mais peut décourager les enchérisseurs ; elle se juge au regard des résultats comparables et des arguments écrits de la maison.
- Les conditions financières. Commission, frais annexes, garanties et prix de réserve, détaillés dans la section suivante.
Le cabinet ne recommande aucune maison par principe et n'en écarte aucune : il présente au vendeur un tableau comparatif et une recommandation motivée. Le choix final appartient au vendeur.
La grille de négociation du mandat de vente
En France, la maison de ventes agit comme mandataire du propriétaire, en vertu d'un mandat écrit (code de commerce, art. L. 321-5). Tout ce qui suit se négocie avant sa signature et doit y figurer. Les montants dépendent de la valeur des œuvres, de leur intérêt pour la maison et de la concurrence obtenue : le cabinet ne raisonne pas sur des barèmes affichés mais sur les propositions écrites reçues.
| Poste | Ce qui se négocie | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Commission vendeur | Son taux, sa dégressivité selon le prix, voire sa suppression pour une œuvre ou une collection recherchée | Elle s'ajoute aux frais payés par l'acheteur, qui pèsent sur le niveau des enchères : lire les deux barèmes ensemble |
| Frais de catalogue et de photographie | Prise en charge par la maison, forfait ou plafond | Vérifier ce qui est facturé si l'œuvre est retirée ou invendue |
| Frais d'assurance | Taux, valeur assurée (estimation basse, haute ou prix de réserve), période couverte | L'œuvre doit être couverte du départ de chez le vendeur jusqu'à la livraison ou au retour |
| Transport, emballage, stockage | Prise en charge, prestataire, convoiement, durée de stockage gratuit | Prévoir le retour des invendus et son coût |
| Restauration, encadrement, expertise | Opportunité, devis préalable, prise en charge | Toute intervention sur l'œuvre suppose l'accord écrit du vendeur |
| Frais en cas d'invendu | Montant, plafond ou suppression | Clause souvent oubliée, qui pèse lourd si la vente échoue |
| Prix de réserve | Son montant, fixé avec le vendeur | Si l'œuvre a été estimée, il ne peut dépasser l'estimation basse annoncée (C. com., art. L. 321-11) |
| Garantie de prix | Un prix d'adjudication minimal garanti par la maison, et la part du prix obtenu au-dessus de ce montant qui lui revient | Si l'œuvre a été estimée, le montant garanti ne peut dépasser l'estimation basse ; s'il n'est pas atteint, la maison achète l'œuvre à ce prix ou verse la différence (C. com., art. L. 321-12). Le partage du surplus et la rémunération de la maison relèvent du seul mandat |
| Offre irrévocable (irrevocable bid) | L'intervention d'un tiers garant et sa rémunération | Le code de commerce n'encadre expressément que la garantie donnée par la maison ; l'engagement d'un tiers se vérifie au contrat et selon la place de vente |
| Avance sur le prix | Montant, intérêts, remboursement si l'œuvre ne se vend pas | Prévue par la loi (C. com., art. L. 321-13), elle fonctionne comme un financement : en mesurer le coût et les sûretés demandées |
| Calendrier et place dans la vente | Date, vente du soir ou du jour, ordre de passage, couverture du catalogue, exposition | Ce sont des éléments du prix autant que la commission |
| Durée et exclusivité du mandat | Durée, conditions de retrait, droit de vendre de gré à gré après la vente | Après une vente aux enchères infructueuse, une vente de gré à gré ne peut se faire en dessous de la dernière enchère ou de la mise à prix, sauf avenant (C. com., art. L. 321-9) |
| Paiement du vendeur | Délai de versement, devise, frais bancaires | Les fonds doivent être versés au vendeur au plus tard deux mois après la vente (C. com., art. L. 321-14) |
| Fiscalité déclarée | Taxe forfaitaire ou option pour la plus-value, pièces d'acquisition transmises à la maison | En France, la maison déclare et verse la taxe, sous sa propre responsabilité, pour le compte du vendeur qui la supporte (CGI, art. 150 VK) : le régime se décide avant la vente |
Vente aux enchères ou vente de gré à gré (private sale)
Les enchères donnent un prix public, fixé par la concurrence entre acheteurs. La vente de gré à gré, que les maisons proposent sous le nom de private sale, donne un prix négocié et confidentiel. En France, une maison qui vend de gré à gré pour le compte du propriétaire doit l'avoir informé par écrit, avant le mandat, de sa faculté de recourir aux enchères, et le mandat écrit doit comporter une estimation (code de commerce, art. L. 321-5, III).
| Critère | Vente aux enchères | Vente de gré à gré |
|---|---|---|
| Prix | Fixé par la concurrence ; il peut dépasser l'estimation haute | Négocié avec un acheteur identifié ; pas de surenchère |
| Confidentialité | Résultat public, attaché durablement à l'œuvre | Prix et identité des parties confidentiels |
| Risque d'échec | Une œuvre invendue est connue du marché, ce qui peut peser sur une vente ultérieure | Un échec des discussions reste discret |
| Calendrier | Imposé par le calendrier des ventes | Souple, selon l'acheteur |
| Frais | Commission vendeur et frais acheteur selon les barèmes négociés | Commission négociée, souvent forfaitaire |
| Droits de l'État | Préemption possible : l'État, déclaré à l'issue de la vente, se substitue à l'adjudicataire et décide dans les quinze jours (C. patr., art. L. 123-1) | Préemption possible sur la vente de gré à gré qui suit des enchères infructueuses (C. patr., art. L. 123-1 ; C. com., art. L. 321-9) |
| Pour quelles œuvres | Œuvres recherchées par plusieurs acheteurs, collections à disperser | Œuvres très spécifiques, acheteur institutionnel identifié, besoin de discrétion |
Les deux voies se combinent : une collection peut être dispersée en plusieurs ventes, certaines œuvres réservées à une vente de gré à gré ou proposées à un musée. La cession à un musée de France ou à un musée d'une collectivité territoriale est exonérée de taxe forfaitaire (CGI, art. 150 VJ, 1°).
Le lieu de la vente change les formalités et parfois l'impôt
Pour un vendeur domicilié fiscalement en France, ce n'est pas la ville de la vente qui décide de l'impôt, mais l'endroit où se trouve physiquement l'œuvre au jour de la cession. La vente d'une œuvre située en France ou dans un autre État de l'Union entre dans le champ de la taxe forfaitaire. L'œuvre envoyée hors de l'Union pour y être vendue aux enchères, avec un prix de réserve, peut sortir sous le régime de l'exportation temporaire : si elle est vendue, l'exportation devient définitive et la taxe forfaitaire est due, sauf option pour la plus-value. En revanche, l'œuvre qui a toujours été située hors de l'Union échappe à la taxe forfaitaire et relève du régime des plus-values sur biens meubles (BOI-RPPM-PVBMC-20-10, § 180 et 480).
| Lieu de la vente | Œuvre située en France au départ | Œuvre toujours située hors de l'Union | Points d'attention |
|---|---|---|---|
| Paris | Taxe forfaitaire de 6 % + 0,5 % de CRDS sur le prix, ou option pour la plus-value ; déclarée et versée par la maison de ventes | Si l'œuvre est importée pour la vente, elle se trouve en France le jour de la cession : taxe forfaitaire ou option | Droit de suite français ; droit de préemption de l'État |
| Genève | Certificat d'exportation et, le cas échéant, autorisation d'exportation hors de l'Union ; exportation définitive, taxée sur la valeur en douane, ou exportation temporaire si la vente est incertaine (prix de réserve), la taxe étant alors déclarée et payée en douane en cas de vente ; ou option | Hors taxe forfaitaire ; plus-value imposable en France, déclarée dans le mois de la cession | Pas de droit de suite en Suisse à ce jour ; œuvres conservées au port franc ; formalités d'importation en Suisse |
| Londres | Mêmes formalités de sortie de l'Union et même mécanisme d'exportation temporaire | Hors taxe forfaitaire ; plus-value imposable en France | Le Royaume-Uni connaît un droit de suite propre ; formalités d'importation au Royaume-Uni |
| New York | Mêmes formalités de sortie de l'Union et même mécanisme d'exportation temporaire | Hors taxe forfaitaire ; plus-value imposable en France | Pas de droit de suite fédéral ; loi applicable au contrat selon la clause de choix de loi des conditions de vente |
Le choix de la place se fait d'abord sur le marché : l'endroit où se trouvent les acheteurs de ces œuvres. La fiscalité vient ensuite, et elle ne se règle pas en déplaçant une œuvre au dernier moment : une œuvre qui quitte l'Union pour être vendue reste imposable, soit à son exportation définitive, sur sa valeur en douane, soit, après une exportation temporaire, lors de sa vente ; une œuvre transférée dans un autre État de l'Union y reste dans le champ de la taxe. Seule l'œuvre qui a toujours été située hors de l'Union en sort. Les conventions fiscales conclues par la France ne remettent pas en cause, pour un résident de France, l'imposition française de ces gains, sous réserve de leur examen au cas par cas. Pour le cas d'une œuvre conservée en Suisse, voir vendre une œuvre depuis Genève : les sept erreurs et le port franc de Genève.
La fiscalité de la vente pour un vendeur domicilié en France
- Le principe : la taxe forfaitaire. Hors activité professionnelle, la cession à titre onéreux ou l'exportation définitive hors de l'Union d'un objet d'art, de collection ou d'antiquité supporte une taxe de 6 % du prix de cession ou de la valeur en douane (CGI, art. 150 VI et 150 VK), à laquelle s'ajoute la CRDS de 0,5 % (CGI, art. 1600-0 I), soit 6,5 %. Elle est due même en cas de perte. La commission versée à la maison de ventes ne se déduit pas du prix (BOI-RPPM-PVBMC-20-10, § 510).
- Qui la paie et qui la déclare. Elle est supportée par le vendeur. Lorsqu'un intermédiaire domicilié fiscalement en France participe à la vente, comme une maison de ventes, c'est lui qui la déclare et la verse, sous sa propre responsabilité ; à défaut d'intermédiaire, l'acquéreur assujetti à la TVA établi en France en est redevable ; dans les autres cas, y compris avec un intermédiaire établi hors de France, le vendeur la déclare et la paie dans le mois de la cession, et l'exportateur lors des formalités de douane (CGI, art. 150 VK et 150 VM ; BOI-RPPM-PVBMC-20-10, § 620).
- L'option pour la plus-value réelle. Le vendeur peut opter pour le régime des plus-values sur biens meubles s'il justifie de la date et du prix d'acquisition, ou d'une détention de plus de vingt-deux ans (CGI, art. 150 VL). La plus-value, égale au prix de cession diminué des frais de cession et du prix d'acquisition majoré des frais d'acquisition et de restauration (CGI, art. 150 VA et 150 VB), est réduite de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième, donc exonérée au-delà de vingt-deux ans (CGI, art. 150 VC). Elle est imposée à 19 % (CGI, art. 200 B) et aux prélèvements sociaux de 17,2 % (CSS, art. L. 136-7, I, 2°, et L. 136-8, IV), soit 36,2 %. Une moins-value n'est pas imputable.
- Les justificatifs. Bordereau d'adjudication ou certificat d'un officier ministériel, facture d'un marchand ou d'une maison de ventes, reçu d'un particulier, ou, pour une œuvre reçue par succession ou donation, l'extrait de la déclaration ou de l'acte qui la désigne distinctement (BOI-RPPM-PVBMC-20-20, § 60). Sans ces pièces et sans preuve d'une détention de plus de vingt-deux ans, l'option est impossible.
- Les exonérations. Cession ou exportation dont le prix ou la valeur en douane n'excède pas 5 000 €, appréciée objet par objet sauf pour les ensembles ; cession à un musée de France ou à un musée d'une collectivité territoriale, à la Bibliothèque nationale de France ou à une autre bibliothèque publique, à un service d'archives public ; cession ou exportation par une personne qui n'a pas son domicile fiscal en France, l'exportateur devant alors justifier d'une importation, d'une introduction ou d'une acquisition antérieure en France (CGI, art. 150 VJ).
- L'œuvre héritée vendue aux enchères dans les deux ans du décès. Le prix d'adjudication devient la valeur retenue pour les droits de succession (CGI, art. 764, I, 1°) ; l'administration admet qu'il serve aussi de prix d'acquisition en cas d'option, ce qui rend la plus-value nulle, même si la déclaration de succession n'est pas encore déposée, sous réserve des mentions à porter sur la déclaration d'option n° 2092 (BOI-RPPM-PVBMC-20-20, § 60 et 70). Le calcul se fait donc avec la succession, pas après.
- Devant le juge : la taxe est due sans plus-value si l'option n'a pas été exercée. La cour administrative d'appel de Marseille a jugé la taxe forfaitaire de l'article 150 VI applicable à des cessions d'objets de collection (en l'espèce des véhicules) qui, selon l'acquéreur, assujetti à la TVA et tenu de la verser faute d'intermédiaire, n'avaient dégagé aucune plus-value, au motif que ce vendeur n'avait pas exercé l'option de l'article 150 VL (CAA de Marseille, 21 décembre 2023, n° 21MA01818). L'option se prépare donc avant la vente, pièces en main.
Illustration. Une œuvre achetée 200 000 € en mars 2012 est vendue 1 000 000 € en novembre 2026 à Paris. Taxe forfaitaire : 1 000 000 € × 6,5 % = 65 000 €. Option pour la plus-value, avant prise en compte des frais : plus-value brute de 800 000 €, quatorze années de détention, abattement de 60 % (douze années au-delà de la deuxième), plus-value imposable de 320 000 €, impôt de 320 000 € × 36,2 % = 115 840 €. Ici la taxe forfaitaire est préférable ; détenue depuis plus de vingt-deux ans, la même œuvre serait exonérée sur option. Chaque œuvre se calcule séparément, sur pièces : le calculateur de cette page compare les deux régimes pour votre propre vente.
Deux régimes sont distincts de celui-ci : l'artiste qui vend ses propres œuvres, imposé sur ses bénéfices professionnels, et le collectionneur dont les achats et reventes deviennent une activité, voir l'imposition du collectionneur qui achète et revend. La TVA de la vente concerne la maison de ventes et le marchand, pas le particulier vendeur : voir la TVA sur la marge dans le marché de l'art.
Deux postes que le vendeur oublie souvent
- Le droit de suite est à la charge du vendeur. Lorsqu'un professionnel du marché de l'art intervient, la revente d'une œuvre originale graphique ou plastique ouvre au profit de l'artiste, ou de ses héritiers pendant l'année du décès et les soixante-dix années suivantes, un droit de suite à la charge du vendeur, dont le professionnel répond du paiement (CPI, art. L. 122-8 et L. 123-7). Il est dû lorsque le prix, hors taxes, atteint 750 € (CPI, art. R. 122-5), au taux de 4 % jusqu'à 50 000 €, puis 3 %, 1 %, 0,5 % et 0,25 % par tranches, dans la limite de 12 500 € par œuvre (CPI, art. R. 122-6).
- Le certificat d'exportation. La sortie du territoire d'un bien culturel qui relève des catégories et seuils fixés par décret exige un certificat, qui atteste qu'il n'est pas un trésor national (C. patr., art. L. 111-2) ; la sortie de l'Union européenne exige, le cas échéant, en outre une autorisation d'exportation. Le délai d'instruction se prévoit dans le calendrier de la vente.
- Le refus de certificat. Il classe l'œuvre comme trésor national. Pendant trente mois, l'État peut présenter une offre d'achat tenant compte des prix du marché international ; en cas de désaccord, le prix est fixé par expertise, et si le propriétaire refuse l'offre faite à la valeur d'expertise, le refus de certificat est renouvelé (C. patr., art. L. 121-1). C'est un scénario à anticiper pour les œuvres majeures, qui ouvre parfois d'autres voies : vente à une institution, dation en paiement.
Sur les formalités douanières et les certificats, voir importation et exportation d'œuvres d'art ; sur le paiement de droits de succession par la remise d'œuvres, voir la dation en paiement.
Taxe forfaitaire ou plus-value : comparez les deux régimes
Saisissez le prix de vente, les justificatifs dont vous disposez et les éléments d'acquisition. Le calculateur chiffre la taxe forfaitaire et, si l'option est ouverte, l'impôt sur la plus-value, puis indique le régime le moins coûteux.
Sources : CGI, art. 150 UA, 150 VA à 150 VD, 150 VI à 150 VL, 200 B et 1600-0 I ; ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996, art. 17 ; code de la sécurité sociale, art. L. 136-7 et L. 136-8 (prélèvements sociaux de 17,2 % sur ces plus-values). Estimation pour un vendeur particulier domicilié fiscalement en France, œuvre par œuvre, hors activité professionnelle, contribution sur les hauts revenus et droit de suite. Les années de détention se comptent de date à date. Le régime se choisit avant la vente : le cabinet vérifie les justificatifs avec vous.
Quatre temps, du premier inventaire au paiement
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01
Inventaire et pièces
Liste des œuvres, localisation, provenance, factures, actes de succession ou de donation, assurances et certificats existants.
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02
Fiscalité et lieu
Taxe forfaitaire ou plus-value œuvre par œuvre, effets du lieu de vente, droit de suite, certificats à demander.
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03
Consultation des maisons
Demandes de propositions écrites, tableau comparatif, négociation du mandat et de ses annexes.
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04
Vente et suites
Suivi du catalogue et de la vente, contrôle du décompte, du paiement et des déclarations fiscales.
Ce que nous demandent les vendeurs d'une collection
Comment vendre une collection d'art ?
En quatre étapes : réunir les pièces (provenance, factures, actes de succession), consulter plusieurs maisons de ventes et comparer leurs propositions écrites, négocier le mandat (commission, frais, prix de réserve, garantie, calendrier), puis arrêter le régime fiscal avant la vente. Une collection importante se vend souvent en plusieurs fois : une vente dédiée, des lots répartis dans des ventes spécialisées, parfois une vente de gré à gré ou une cession à un musée.
Quelle maison de ventes choisir pour vendre une œuvre ?
Celle qui réunit les acheteurs de ces œuvres-là, à ce moment-là. Les critères se comparent par écrit : spécialité et résultats récents pour des œuvres comparables, calendrier et type de vente, réseau d'acheteurs, catalogue et promotion, estimation argumentée, conditions financières et garanties. Il n'y a pas de réponse générale entre une maison internationale, une maison spécialisée ou une maison installée à Drouot.
Taxe forfaitaire ou plus-value : que choisir ?
La taxe forfaitaire coûte 6,5 % du prix (6 % plus 0,5 % de CRDS), quel que soit le gain. L'option pour la plus-value (CGI, art. 150 VL) suppose de justifier de la date et du prix d'acquisition, ou d'une détention de plus de vingt-deux ans : la plus-value est réduite de 5 % par année au-delà de la deuxième, imposée à 36,2 % au total, et exonérée au-delà de vingt-deux ans. L'option l'emporte en cas de vente à perte ou de faible plus-value, et devient décisive à l'approche des vingt-deux ans ; pour une plus-value forte détenue depuis une dizaine d'années, la taxe forfaitaire reste souvent moins chère. Seul un calcul œuvre par œuvre, frais justifiés compris, permet de trancher.
Les frais vendeur se négocient-ils ?
Oui. La commission vendeur, les frais de catalogue, d'assurance, de transport et les frais en cas d'invendu sont fixés par le mandat de vente et dépendent de l'intérêt de la maison pour les œuvres et de la concurrence obtenue. Le calendrier, la place dans la vente et la promotion se négocient aussi et pèsent autant sur le résultat.
Qu'est-ce qu'une garantie de prix ou un irrevocable bid ?
La garantie de prix est l'engagement de la maison de ventes d'assurer au vendeur un prix d'adjudication minimal ; en France, lorsque l'œuvre a été estimée, ce montant ne peut dépasser l'estimation basse, et si ce prix n'est pas atteint, la maison achète l'œuvre ou verse la différence (code de commerce, art. L. 321-12). L'irrevocable bid est l'engagement d'un tiers d'acheter l'œuvre à un prix convenu si personne n'enchérit plus haut, en général contre une rémunération. Dans les deux cas, le vendeur cède une partie du gain au-dessus du prix garanti : l'arbitrage se chiffre.
Vaut-il mieux vendre à Paris, à Genève, à Londres ou à New York ?
La place se choisit d'abord selon les acheteurs des œuvres. Pour un vendeur domicilié en France, l'impôt dépend surtout de l'endroit où se trouve l'œuvre : une œuvre située en France reste dans le champ de la taxe forfaitaire même si elle est vendue hors de l'Union, la taxe étant alors due à l'exportation définitive ou, après une exportation temporaire, lors de la vente ; une œuvre qui a toujours été hors de l'Union relève du régime des plus-values. Une vente hors de l'Union suppose aussi un certificat d'exportation et, le cas échéant, une autorisation de sortie de l'Union.
Je vends une œuvre héritée : quel prix d'acquisition retenir ?
La valeur retenue pour le calcul des droits de succession, à condition que la déclaration désigne distinctement l'œuvre. Si l'œuvre est vendue aux enchères publiques dans les deux ans du décès, le prix d'adjudication devient la valeur de succession (CGI, art. 764) et l'administration admet qu'il serve de prix d'acquisition pour l'option, ce qui rend la plus-value nulle. Les droits de succession sont alors calculés sur ce prix : vente et succession se préparent ensemble.
Qui paie le droit de suite lors d'une vente aux enchères ?
Le vendeur. Le droit de suite porte sur la revente d'une œuvre originale graphique ou plastique lorsqu'un professionnel du marché de l'art intervient ; il profite à l'artiste, puis à ses héritiers pendant l'année du décès et les soixante-dix années suivantes, sous des conditions de nationalité : ressortissant de l'Union ou de l'Espace économique européen, ou d'un État qui accorde la réciprocité aux auteurs européens. La maison de ventes répond de son paiement et le retient en pratique sur le produit de la vente. Il est dû à partir de 750 € et plafonné à 12 500 € par œuvre (CPI, art. L. 122-8, L. 123-7, R. 122-5 et R. 122-6).
Vendre une œuvre : les pages du pôle
Avocat fiscaliste du marché de l'art
Vendre, transmettre, céder par dation : les trois pôles du cabinet.
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Résident fiscal français, œuvre en Suisse : déclarations et preuves.
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Fonctionnement, avantages et risques pour un résident français.
Voir la page CollectionneurCollectionneur qui achète et revend
Quand les reventes deviennent une activité : impôt sur le revenu et TVA.
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Le régime des maisons de ventes, galeries et marchands.
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Certificats, autorisations de sortie, TVA à l'importation.
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Succession, donation, démembrement d'une collection.
Voir la page ArtistesSuccessions d'artistes : 5 erreurs
Atelier, droit de suite, droit moral.
Voir la pageUne collection ou une œuvre importante à vendre ?
Premier échange confidentiel. Le cabinet compare les propositions des maisons de ventes, négocie le mandat et arrête le régime fiscal avant la vente, à Paris ou à l'étranger.
Sources
- Code général des impôts : art. 150 UA, 150 VA, 150 VB, 150 VC, 150 VG, 150 VI à 150 VM, 200 B, 764 et 1600-0 I (Légifrance, versions en vigueur au 5 octobre 2026 ; l'article 150 VM est modifié au 1er janvier 2027 pour les seules modalités déclaratives des intermédiaires assujettis)
- Code de la sécurité sociale : art. L. 136-7 et L. 136-8 (taux des prélèvements sociaux sur les plus-values de biens meubles)
- BOI-RPPM-PVBMC-20-10 (31 décembre 2018), BOI-RPPM-PVBMC-20-20 (1er avril 2014) et BOI-RPPM-PVBMC-10 (1er avril 2014)
- Code de commerce : art. L. 321-5, L. 321-9, L. 321-11, L. 321-12, L. 321-13 et L. 321-14 (ventes volontaires de meubles aux enchères publiques)
- Code de la propriété intellectuelle : art. L. 122-8, L. 123-7, R. 122-5 et R. 122-6 (droit de suite)
- Code du patrimoine : art. L. 111-2, L. 121-1 et L. 123-1 (certificat d'exportation, trésors nationaux, préemption)
Cette note présente l'état du droit à sa date de publication et ne constitue pas un avis juridique. Chaque situation appelle un examen particulier.
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