Convention de Londres du 19 juin 2008 · en vigueur depuis le 18 décembre 2009

Convention fiscale France / Royaume-Uni : ce qu'elle change depuis le Brexit et la fin du régime non-dom

La convention de 2008 dit quel État impose chaque revenu entre la France et le Royaume-Uni et comment la double imposition est évitée. Le Brexit ne l'a pas modifiée, mais la réforme britannique du 6 avril 2025 a supprimé la remittance basis à laquelle son article 29 répondait, et les règles européennes ne jouent plus que par l'effet des accords de sortie.

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Comment la convention fiscale France / Royaume-Uni évite-t-elle la double imposition ?

La convention signée à Londres le 19 juin 2008, applicable depuis 2010, fixe d'abord l'État de résidence (article 4), puis attribue à chaque État le droit d'imposer chaque catégorie de revenu. Les intérêts, les redevances, les pensions privées et la plupart des plus-values sur titres ne sont imposables que dans l'État de résidence ; les revenus et plus-values immobiliers le sont aussi dans l'État où se trouve l'immeuble.

Pour un résident de France, les revenus britanniques sont compris dans la base de l'impôt français, qui accorde un crédit d'impôt (article 24). Pour les dividendes, les plus-values immobilières, les jetons de présence et les revenus d'artistes notamment, ce crédit est égal à l'impôt britannique payé, dans la limite de l'impôt français ; pour les autres revenus, il est égal à l'impôt français correspondant, si bien que le revenu britannique ne compte que pour le taux.

Convention fiscale France / Royaume-Uni du 19 juin 2008, articles 4, 6, 11 à 14, 18 et 24, version consolidée avec la convention multilatérale publiée sur impots.gouv.fr.

— En bref
Texte
Convention du 19 juin 2008 et son protocole, en vigueur le 18 décembre 2009, modifiée par la convention multilatérale BEPS
Impôts visés
Impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, CSG et CRDS ; income tax, corporation tax et capital gains tax
Méthode
Crédit d'impôt imputé sur l'impôt français
Point de vigilance
Article 29 : avantages limités pour les personnes imposées au Royaume-Uni sur les seules sommes rapatriées
— La convention, article par article

Les règles qui reviennent dans nos dossiers

  • Résidence (article 4). Est résidente d'un État la personne qui y est assujettie à l'impôt en raison de son domicile, de sa résidence ou d'un critère analogue, à l'exclusion de celle qui n'y est imposée que sur ses revenus de source locale. En cas de double résidence, la personne est rattachée, dans l'ordre, à l'État de son foyer d'habitation permanent, puis à celui du centre de ses intérêts vitaux, de son séjour habituel et de sa nationalité ; à défaut, les deux administrations tranchent d'un commun accord.
  • Impôts couverts (article 2). Côté français, l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les sociétés, la taxe sur les salaires, la CSG et la CRDS ; côté britannique, l'income tax, la corporation tax et la capital gains tax. La convention ne vise ni l'inheritance tax ni les droits de succession, qui relèvent de la convention du 21 juin 1963.
  • Revenus immobiliers (article 6). Imposables dans l'État où l'immeuble est situé, sans exclusivité. Les loyers d'un appartement à Londres perçus par un résident de France sont imposés au Royaume-Uni, puis compris dans le revenu français avec un crédit égal à l'impôt français correspondant : ils ne sont pas imposés deux fois, mais ils comptent pour le taux.
  • Dividendes (article 11). L'État de la société peut prélever au plus 15 % du montant brut ; les dividendes versés à une société soumise à l'impôt sur les sociétés qui détient au moins 10 % du capital sont exonérés à la source. Le Royaume-Uni ne prélève en principe pas de retenue sur les dividendes ordinaires ; la France applique à un résident britannique personne physique sa retenue de droit interne de 12,8 %, inférieure au plafond conventionnel.
  • Intérêts et redevances (articles 12 et 13). Imposables dans le seul État de résidence du bénéficiaire effectif, sauf rattachement à un établissement stable dans l'autre État.
  • Plus-values (article 14). Les gains sur un immeuble, sur des actions, autres que celles négociées régulièrement sur un marché réglementé, tirant directement ou indirectement la majeure partie de leur valeur d'immeubles, ou sur des droits dans un partnership ou un trust à prépondérance immobilière, sont imposables dans l'État de l'immeuble. Les autres gains, notamment sur valeurs mobilières, ne sont imposables que dans l'État de résidence du cédant. Le paragraphe 6 réserve toutefois à chaque État le droit d'imposer, dans les limites de son droit interne, les gains d'une personne qui a été son résident au cours de l'année de la cession ou à un moment quelconque des six années fiscales précédentes : l'État qui n'impose qu'à ce titre élimine alors lui-même la double imposition (article 24, paragraphe 4).
  • Salaires (article 15). Imposables dans l'État où l'emploi est physiquement exercé, sauf mission réunissant trois conditions cumulatives : présence n'excédant pas 183 jours au cours de toute période de douze mois consécutifs, employeur non résident de l'État d'activité, rémunération non supportée par un établissement stable dans cet État. Les fonctions de gérance ou de direction exercées dans une société soumise à l'impôt français sur les sociétés suivent ce régime ; les jetons de présence sont imposables dans l'État de la société (article 16).
  • Cotisations de retraite (article 25, paragraphe 6). Un salarié venu travailler en France qui cotisait à un régime de retraite britannique fiscalement reconnu avant son arrivée peut, sous conditions, continuer à déduire ses cotisations en France.
  • Clause anti-abus et échange de renseignements (CML, article 27). Un avantage conventionnel est refusé lorsque son obtention était l'un des objets principaux d'un montage. Les deux administrations échangent les renseignements utiles, y compris ceux détenus par les banques et les fiduciaires.
— Devant le juge

Cinq décisions sur la résidence, la remittance basis et le crédit d'impôt

Une convention se lit avec les décisions qui l'ont appliquée. Les quatre premières ont été rendues sous la convention de 1968, dont l'article 3, paragraphe 1, a une rédaction proche de l'article 4, paragraphe 1, de celle de 2008 ; la dernière porte sur la convention de 2008.

  • Remittance basis et résidence. Un contribuable placé sous la remittance basis, qui n'avait pas rapatrié ses dividendes de source française, reste résident du Royaume-Uni : le Conseil d'État y voit un report d'imposition, non une exonération, et lui reconnaît le taux conventionnel de retenue à la source, tout en lui refusant la restitution de l'avoir fiscal, faute de dividendes compris dans la base de l'impôt britannique (CE, 27 juillet 2012, n°s 337656 et 337810).
  • L'attestation de l'administration britannique. La cour qui juge qu'un contribuable n'était pas résident du Royaume-Uni sans discuter l'attestation de l'Inland Revenue le disant résident fiscal mais non domicilié dénature les pièces du dossier (CE, 7 mai 2014, n° 360845).
  • Résidence en France malgré un emploi à Londres. Des époux qui louent un appartement à Londres et occupent un appartement à Paris ont un foyer d'habitation permanent dans chaque État ; leur centre des intérêts vitaux est en France, où se trouvent leur patrimoine, l'activité de l'épouse et l'essentiel des revenus, même si le mari préside une société à Londres (CE, 11 décembre 2009, n° 300733).
  • Pension de source française et résidence britannique. Un médecin salarié en Grande-Bretagne, qui y loue un logement et que les services fiscaux britanniques attestent résident fiscal, est résident du Royaume-Uni : sa qualité de résident fait obstacle à l'imposition en France de ses pensions de source française (CAA Lyon, 20 octobre 2011, n° 10LY01157).
  • Crédit d'impôt de l'article 24. Le crédit égal à l'impôt français correspondant (article 24, paragraphe 3, a, i) est ouvert aux revenus compris dans la base de l'impôt britannique, sans que l'intéressé en soit exonéré à raison de son statut ou de son activité et sans exigence d'un impôt britannique effectivement payé ; les contributions sociales françaises comptent parmi les impôts qui ouvrent droit au crédit (CE, avis, 12 février 2020, n° 435907).
— Non-dom, remittance basis et réforme de 2025

L'article 29 a été écrit pour un régime britannique qui a disparu le 6 avril 2025

Jusqu'au 5 avril 2025. Un résident britannique non domicilié pouvait opter pour la remittance basis : ses revenus et gains étrangers n'étaient imposés au Royaume-Uni qu'en cas de rapatriement. Le Conseil d'État a jugé que cette option ne lui fait pas perdre la qualité de résident au sens de la convention, le Conseil d'État y voyant non une exonération mais une imposition différée au rapatriement (CE, 27 juillet 2012, n°s 337656 et 337810, rendu sous la convention de 1968). Pour éviter une double exonération, l'article 29 limite l'avantage conventionnel accordé par la France à la part du revenu effectivement imposée au Royaume-Uni. Cette limite ne s'applique ni aux bénéfices d'entreprise (article 7) ni aux dividendes (article 11) ; elle vise notamment les intérêts, les redevances, les plus-values sur titres et les pensions de source française.

Depuis le 6 avril 2025. La remittance basis est abolie : tout résident britannique est imposé, en principe, sur ses revenus et gains mondiaux au fur et à mesure qu'ils naissent. Les nouveaux arrivants qui n'ont pas été résidents britanniques pendant au moins dix années fiscales consécutives peuvent, pendant leurs quatre premières années de résidence, demander que leurs revenus et gains étrangers éligibles soient exonérés au Royaume-Uni, qu'ils soient rapatriés ou non ; la demande fait perdre l'abattement personnel d'income tax et l'abattement annuel de capital gains tax. Les revenus et gains nés avant le 6 avril 2025 sous la remittance basis restent imposables s'ils sont rapatriés ; un dispositif temporaire permet de les désigner à un taux de 12 % pour 2025-2026 et 2026-2027, puis de 15 % pour 2027-2028.

La convention après la réforme. La convention n'a pas été modifiée. L'article 29 continue de jouer pour les sommes nées sous la remittance basis. L'articulation de la nouvelle exonération des quatre ans avec la convention, qu'il s'agisse de la définition du résident à l'article 4 ou de l'esprit de l'article 29, n'a pas été commentée par l'administration française à notre connaissance. Le texte de l'article 29 vise une imposition limitée aux sommes transférées, ce que la nouvelle exonération n'est pas, mais la question reste ouverte pour un revenu français exonéré au Royaume-Uni à ce titre. En pratique, l'établissement payeur français peut exiger une attestation de l'administration britannique, et la restitution d'une retenue prélevée au taux de droit interne se demande dans le délai de réclamation propre aux retenues à la source, à vérifier au cas par cas.

L'ancien ISF et l'IFI. L'article 29, paragraphe 3, exonérait d'ISF pendant cinq ans les biens situés hors de France d'un ressortissant britannique devenu résident de France. L'ISF a été remplacé en 2018 par l'impôt sur la fortune immobilière, dont l'article 964 du CGI prévoit lui-même, pour toute personne qui n'a pas été domiciliée en France au cours des cinq années civiles précédentes, une imposition limitée aux seuls actifs immobiliers français jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant son installation.

— Retraites : la règle et son exception

La pension suit la résidence, sauf si elle est publique

  • Pensions privées et de sécurité sociale (article 18). Les pensions versées au titre d'un emploi antérieur ne sont imposables que dans l'État de résidence du bénéficiaire. À la différence d'autres conventions, l'article 18 ne réserve pas les pensions de sécurité sociale à l'État qui les verse. La pension d'État britannique et une pension professionnelle d'un employeur privé perçues par un résident de France ne sont donc imposables qu'en France ; à l'inverse, une retraite du régime général et une retraite Agirc-Arrco versées à un résident du Royaume-Uni n'y sont imposables qu'au Royaume-Uni. Pour obtenir l'exonération de l'impôt britannique prélevé à la source, le résident de France dépose auprès de HMRC le formulaire France-Individual, visé par son service des impôts.
  • Pensions publiques (article 19, paragraphe 2). Les pensions versées par un État ou une collectivité au titre de services rendus à cet État ne sont imposables que dans cet État, sauf si le bénéficiaire réside dans l'autre État et en a la nationalité sans avoir celle de l'État payeur. Une pension de fonctionnaire britannique versée à un Britannique résident de France est imposée au seul Royaume-Uni ; elle est néanmoins comprise dans le revenu français, avec un crédit égal à l'impôt français correspondant, et compte pour le taux. Versée à un résident de France qui n'a que la nationalité française, elle n'est imposable qu'en France.
  • Pensions de guerre et d'invalidité (article 19, paragraphe 4). Les pensions françaises visées à l'article 81, 4° du CGI sont exonérées au Royaume-Uni si elles le sont en France ; une liste fermée de pensions militaires, de prestations postérieures au service et de pensions pour blessure ou invalidité britanniques est exonérée en France si elle l'est au Royaume-Uni, quelle que soit la nationalité du pensionné.
  • Exemple chiffré. Un résident de France perçoit 30 000 € de retraite française et l'équivalent de 20 000 € de pension de fonctionnaire britannique. Si l'impôt français calculé sur 50 000 € s'élève à 5 000 €, le crédit afférent à la pension britannique est de 2 000 € (5 000 × 20 000 / 50 000) et l'impôt français effectivement dû est de 3 000 €. La pension britannique n'est pas imposée deux fois, mais elle a porté le taux de la retraite française de celui applicable à 30 000 € à celui applicable à 50 000 €.
— Immobilier et Brexit : deux cas chiffrés

Le même immeuble, deux impositions et un crédit

Un résident britannique vend un appartement en France. La France impose la plus-value (article 14, paragraphe 1) par un prélèvement de 19 % (article 244 bis A du CGI), après les abattements pour durée de détention, et le Royaume-Uni, État de résidence, élimine la double imposition. Le Royaume-Uni étant hors de l'Union européenne, la désignation d'un représentant fiscal accrédité est en principe requise, sauf dispense, notamment lorsque le prix n'excède pas 150 000 €. S'y ajoutent les prélèvements sociaux. Depuis le Brexit, l'exonération de CSG et de CRDS ne découle plus du règlement européen de coordination ; elle est maintenue par l'accord de retrait et l'accord de commerce et de coopération pour les personnes affiliées à la sécurité sociale britannique, ressortissantes ou résidentes régulières de France, du Royaume-Uni ou d'un État de l'Union, et non affiliées à un régime obligatoire français. Elles ne paient alors que le prélèvement de solidarité de 7,5 % ; à défaut, le taux est de 17,2 %, celui qui reste applicable aux plus-values immobilières.

Exemple chiffré. Plus-value brute de 60 000 € sur un bien détenu dix ans. Abattement pour l'impôt : 5 × 6 % = 30 %, soit une base de 42 000 € et un impôt de 7 980 €. Abattement pour les prélèvements sociaux : 5 × 1,65 % = 8,25 %, soit une base de 55 050 € : 4 128,75 € au taux de 7,5 %, 9 468,60 € au taux de 17,2 %. Les conditions d'affiliation représentent ici 5 339,85 € ; un résident britannique qui a acquitté 17,2 % à tort peut en demander la restitution dans le délai de réclamation.

Un résident de France vend un bien au Royaume-Uni. Les non-résidents sont imposables à la capital gains tax sur les logements britanniques depuis le 6 avril 2015, et sur tous les autres biens immobiliers ainsi que les cessions indirectes depuis le 6 avril 2019 ; la cession se déclare à HMRC dans les 60 jours, même sans impôt dû. La France impose aussi la plus-value selon les règles des plus-values immobilières, et accorde un crédit égal à l'impôt britannique, dans la limite de l'impôt français correspondant (article 24, paragraphe 3).

— Le crédit d'impôt et la procédure amiable

Le crédit d'impôt d'un résident de France

  • Deux calculs distincts (article 24, paragraphe 3). Pour les dividendes, les plus-values immobilières et assimilées, les gains imposés au titre de l'ancienne résidence, les jetons de présence, les revenus d'artistes et de sportifs, les rémunérations du transport international, ainsi que les bénéfices et plus-values d'établissement stable soumis à l'impôt sur les sociétés, le crédit est égal à l'impôt britannique effectivement supporté à titre définitif, dans la limite de l'impôt français correspondant. Pour les autres revenus, le crédit est égal à l'impôt français correspondant.
  • Un revenu entrant dans la base britannique. Le crédit égal à l'impôt français suppose que le résident de France soit soumis à l'impôt du Royaume-Uni à raison du revenu en cause (article 24, paragraphe 3, a, i). Il faut conserver la preuve du traitement britannique, qui n'a pas à aboutir à un impôt effectivement payé selon le Conseil d'État, pourvu que le contribuable n'en soit pas exonéré à raison de son statut ou de son activité (avis du 12 février 2020, n° 435907).
  • Le taux applicable aux autres revenus. Lorsque l'impôt est progressif, l'impôt français correspondant se calcule en appliquant au revenu britannique le rapport entre l'impôt dû sur le revenu global et ce revenu global.
  • Procédure amiable (article 26). Le contribuable qui estime subir une imposition non conforme à la convention peut saisir l'autorité compétente de l'un ou l'autre État, dans les trois ans de la première notification de la mesure ou dans les six ans suivant la fin de l'année d'imposition concernée. Si les deux administrations ne s'accordent pas dans les deux ans, les questions non résolues sont soumises à arbitrage à sa demande, sauf si un tribunal de l'un des États a déjà statué sur ces questions.
  • Échange de renseignements (article 27). Il couvre les impôts de toute nature et ne peut être refusé au motif que l'information est détenue par une banque. Un compte, un trust ou une société britannique non déclarés en France ne sont pas à l'abri.
— Ce qu'il faut comprendre

La convention de 2008 s'applique aujourd'hui à un cadre britannique et européen refait

La convention de 2008 a remplacé celle de 1968 et suit pour l'essentiel le modèle de l'OCDE : imposition des intérêts, des redevances et des pensions privées dans le seul État de résidence, retenue plafonnée sur les dividendes, crédit d'impôt pour éliminer la double imposition. Elle a été complétée par la convention multilatérale BEPS, entrée en vigueur pour la France le 1er janvier 2019, qui ajoute une clause anti-abus générale et ouvre la procédure amiable auprès de l'un ou l'autre État.

Depuis le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni est un État tiers : les régimes français réservés à l'Union européenne ne s'appliquent plus, sauf maintien prévu par les accords de sortie. Depuis le 6 avril 2025, le Royaume-Uni a abandonné le domicile comme critère d'imposition. L'article 29 de la convention, écrit pour la remittance basis, s'applique désormais à un régime qui n'existe plus que pour le passé.

— Qui est concerné

Six situations où la convention décide du résultat

Britanniques installés en France

Retraités en Dordogne, en Provence ou à Paris, qui perçoivent une pension d'État ou une pension professionnelle britannique.

Français partis à Londres

Salariés, dirigeants et entrepreneurs, parfois éligibles au régime britannique des quatre ans pour les nouveaux arrivants.

Propriétaires d'un bien de l'autre côté de la Manche

Loyers et plus-values imposables dans l'État de l'immeuble, puis dans l'État de résidence avec un crédit d'impôt.

Salariés en télétravail ou en mission

Salaire imposable là où le travail est physiquement exercé, sauf mission de courte durée remplissant trois conditions.

Anciens non-dom

Revenus et gains antérieurs au 6 avril 2025 non rapatriés, dispositif temporaire de rapatriement, articulation avec l'article 29.

Actionnaires et investisseurs

Dividendes, intérêts, sociétés à prépondérance immobilière, trusts et partnerships.

— Schéma

Qui impose la pension, en un coup d'œil

Les trois catégories de pensions que rencontre un résident de France ou du Royaume-Uni, et l'État qui impose chacune.

Schéma des retraites entre la France et le Royaume-Uni : une pension privée et une pension de sécurité sociale, y compris la pension d'État britannique, ne sont imposables que dans l'État de résidence (article 18) ; une pension publique n'est imposable que dans l'État qui la verse, sauf double condition de résidence et de nationalité (article 19, paragraphe 2), et compte alors pour le taux en France avec un crédit égal à l'impôt français correspondant (article 24).
Retraites entre la France et le Royaume-Uni : les articles 18 et 19 de la convention de 2008 distinguent la pension privée ou de sécurité sociale, imposée dans l'État de résidence, et la pension publique, imposée par l'État qui la verse. Un résident de France qui perçoit une pension publique britannique la voit prise en compte pour le taux, avec un crédit égal à l'impôt français correspondant.
— Questions fréquentes

Ce que l'on nous demande sur la convention franco-britannique

Existe-t-il une seule convention fiscale franco-britannique ?

Non. La convention du 19 juin 2008, modifiée par la convention multilatérale BEPS, couvre l'impôt sur le revenu et les gains en capital. Les successions relèvent d'une autre convention, celle du 21 juin 1963, que nous détaillons sur notre page succession franco-britannique. Aucune convention ne couvre les donations.

Je vis en France et je perçois la pension d'État britannique : où suis-je imposé ?

En France seulement. L'article 18 réserve les pensions versées au titre d'un emploi antérieur, y compris les pensions de sécurité sociale, à l'État de résidence. Si HMRC prélève un impôt, le formulaire France-Individual permet d'en obtenir l'arrêt ou le remboursement. Seule une pension publique, d'ancien fonctionnaire par exemple, suit une autre règle (article 19).

Je télétravaille depuis la France pour un employeur britannique : qui impose mon salaire ?

La France, pour les jours travaillés en France, puisque vous y résidez et y exercez votre activité. Les jours travaillés physiquement au Royaume-Uni y sont imposables, l'exception des 183 jours ne jouant pas lorsque l'employeur est britannique ; la France les compte alors pour le taux, avec un crédit égal à l'impôt français correspondant. Il n'existe pas d'accord franco-britannique propre au télétravail, et les cotisations sociales obéissent à d'autres règles.

J'étais non-dom au Royaume-Uni : la convention me protège-t-elle encore ?

Elle continue de s'appliquer, mais l'article 29 limite l'avantage accordé par la France sur les intérêts, redevances, plus-values et pensions de source française à la part imposée au Royaume-Uni. Pour les années jusqu'au 5 avril 2025, la question était celle du rapatriement ; depuis, la remittance basis est abolie et l'exonération des quatre ans pour les nouveaux arrivants pose une question que l'administration française n'a pas encore tranchée. Une analyse année par année s'impose.

Résident britannique, je loue un appartement en France : comment suis-je imposé ?

Les loyers sont imposables en France (article 6), au barème avec le taux minimum prévu pour les non-résidents par l'article 197 A du CGI, sauf si le taux moyen calculé sur vos revenus mondiaux est plus favorable. Les prélèvements sociaux sont de 7,5 % si vous remplissez les conditions d'affiliation à la sécurité sociale britannique, de 17,2 % sinon. Le Royaume-Uni impose aussi ces loyers et accorde un crédit pour l'impôt français.

Je quitte la France pour Londres : la France peut-elle encore imposer mes plus-values ?

Elle le peut dans deux cas. L'exit tax de l'article 167 bis du CGI s'applique au départ aux plus-values latentes de titres si vous avez été domicilié en France au moins six des dix années précédentes et si vos titres dépassent 800 000 € ou représentent au moins 50 % des bénéfices d'une société ; le sursis de paiement est automatique ou subordonné à une demande assortie de garanties selon que l'État d'accueil remplit les conditions d'assistance au recouvrement posées par ce texte, le Royaume-Uni figure sur la liste publiée par l'administration pour les transferts de 2024, liste à vérifier pour l'année du départ. Par ailleurs, l'article 14, paragraphe 6, de la convention préserve le droit de la France d'imposer, dans les limites de son droit interne, certains gains d'une personne qui y a été résidente au cours des six années fiscales précédant la cession. Nous détaillons l'exit tax sur notre page exit tax.

Cité par

Une situation entre la France et le Royaume-Uni à sécuriser ?

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