Salariés de l'Arc jurassien et de Bâle
Résidents du Doubs, du Haut-Rhin ou du Territoire de Belfort employés à Neuchâtel, dans le Jura ou à Bâle : régime de l'accord de 1983.
Tout dépend du canton de votre employeur. Dans huit cantons, l'accord de 1983 réserve l'imposition du salaire à l'État de résidence. À Genève, qui n'a pas adhéré à cet accord, le salaire est imposé en Suisse à la source et la France en tient compte pour le taux. Le télétravail, plafonné à 40 % depuis 2023, s'ajoute à ces deux régimes sans les confondre.
S'il travaille dans l'un des cantons de Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel ou Jura et rentre en règle générale chaque jour en France, son salaire n'est imposable qu'en France, en application de l'accord du 11 avril 1983 ; la France verse en contrepartie à la Suisse 4,5 % de la masse des rémunérations brutes de ces frontaliers. Il doit remettre chaque année à son employeur une attestation de résidence fiscale française pour éviter la retenue à la source suisse.
S'il travaille dans le canton de Genève, l'accord ne s'applique pas : le salaire est imposable en Suisse, où il est retenu à la source, selon l'article 17 de la convention de 1966. Il est aussi déclaré en France, qui accorde un crédit égal à l'impôt français correspondant : le salaire n'est pas imposé deux fois, mais il augmente le taux appliqué aux autres revenus du foyer.
Accord franco-suisse du 11 avril 1983 relatif à l'imposition des rémunérations des travailleurs frontaliers, articles 1 à 3 ; convention du 9 septembre 1966 modifiée, articles 17 et 25, textes publiés sur impots.gouv.fr.
Hors de l'accord de 1983. Le canton de Genève n'a pas adhéré à l'accord. Le salaire d'un résident de France employé à Genève relève donc de l'article 17 de la convention : il est imposable en Suisse, où l'employeur retient l'impôt à la source. La condition de retour quotidien et le plafond de 45 nuitées ne jouent pas ici.
Une prise en compte en France. Le salaire genevois entre dans le revenu imposable français. La France accorde un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant à ce salaire (article 25, A, 1, a), à condition qu'il ait été soumis à l'impôt suisse, ce que l'administration vérifie sur le certificat de salaire ou l'attestation de retenue. Concrètement, le salaire genevois n'est pas imposé une seconde fois, mais il fait monter le taux appliqué aux autres revenus du foyer, par exemple les revenus fonciers ou le salaire d'un conjoint qui travaille en France.
Les jours travaillés en France. Les jours de travail physiquement accomplis en France pour l'employeur genevois relèvent en principe de l'imposition française. Le télétravail obéit désormais à une règle propre, exposée ci-dessous ; les missions ponctuelles en France ou dans un pays tiers se décomptent avec lui.
On parle des « frontaliers » comme d'une seule catégorie. Fiscalement, il y en a deux. Le frontalier de l'accord de 1983 est imposé dans son seul État de résidence, à condition de rentrer en règle générale chaque jour chez lui et de produire son attestation à temps. Le frontalier qui travaille à Genève relève du droit commun de la convention : il est imposé en Suisse, et la France ne fait qu'intégrer son salaire au calcul de son taux.
Les erreurs coûteuses viennent rarement de la règle elle-même. Elles viennent d'une attestation remise en retard, d'un studio loué près du lieu de travail, de jours de mission ou de télétravail mal décomptés, ou d'une déclaration française qui oublie le salaire genevois. Chacune peut faire perdre le régime d'une année entière ou créer une double imposition.
Résidents du Doubs, du Haut-Rhin ou du Territoire de Belfort employés à Neuchâtel, dans le Jura ou à Bâle : régime de l'accord de 1983.
Résidents de l'Ain ou de la Haute-Savoie employés à Lausanne, Nyon ou dans le Chablais : même accord, mêmes conditions de retour quotidien.
Impôt à la source suisse, déclaration en France et prise en compte pour le taux : le régime le plus mal compris.
Un ou deux jours par semaine depuis la France : sans effet jusqu'à 40 %, mais avec un décompte précis des missions.
Nuitées hors du domicile, missions dans un pays tiers : un plafond annuel à surveiller pour conserver le statut.
Salaires publics, jetons de présence et rémunérations d'artistes échappent à l'accord frontalier.
En France seulement, si vous remplissez les conditions de l'accord de 1983 : employeur établi dans le canton de Vaud, retour en règle générale quotidien à votre domicile, au plus 45 nuitées par an hors de chez vous, et attestation de résidence remise à votre employeur avant le 1er janvier. Votre employeur ne retient alors pas d'impôt à la source.
Parce que la France, État de résidence, intègre ce salaire à votre revenu imposable puis l'efface par un crédit égal à l'impôt français correspondant. Le salaire genevois n'est donc pas imposé deux fois, mais il compte pour le taux appliqué à vos autres revenus et à ceux de votre foyer. L'oublier expose à un rappel avec pénalités.
Votre employeur suisse est tenu de retenir l'impôt à la source, alors que la France vous impose en qualité de frontalier. Le Conseil d'État a précisé que ce retard ne transfère pas à la Suisse le droit d'imposer (avis du 29 novembre 2021, n° 456995) : si vous remplissez les conditions de fond, vous restez imposable en France seulement et devez solliciter la correction ou la restitution de la retenue auprès de l'administration fiscale du canton, selon ses modalités et délais. La procédure amiable de la convention reste un recours en cas de blocage.
Deux jours sur cinq représentent 40 % du temps de travail, soit exactement la limite admise par l'accord amiable du 22 décembre 2022. Au-delà, ou si s'y ajoutent des missions en France excédant les limites prévues, le régime frontalier peut être perdu pour l'année. Un décompte précis, jour par jour, s'impose.
La disposition exclusive d'un logement dans l'État de travail fait présumer que vous n'êtes pas frontalier. La présomption est simple : vous pouvez prouver que vous rentrez en règle générale chez vous et que vos nuitées hors du domicile ne dépassent pas 45 par an. Gardez les justificatifs.
Les cotisations ordinaires de prévoyance professionnelle retenues par l'employeur suisse sont déductibles, de même que les cotisations obligatoires de sécurité sociale suisses. Les rachats ne le sont que pour leur part légalement obligatoire, sur attestation de la caisse et dans une limite fixée par l'annexe 2047-SUISSE. Le troisième pilier et le capital versé au départ demandent une analyse propre ; nous l'abordons sur notre page convention fiscale France / Suisse.
L'atlas des conventions fiscales : texte, articles et avenants, avec le pays présélectionné.
Voir la page PôleLe pôle franco-suisse du cabinet et ses cas pratiques.
Voir la page GuideRésidence, dividendes, plus-values, retraites et crédit d'impôt.
Voir la page GuideLes critères du droit interne et des conventions.
Voir la pagePremier échange confidentiel. Le cabinet, présent à Paris et à Genève, vérifie votre régime, vos attestations et votre déclaration française, et vous assiste en cas de contrôle.
© BENSAID Avocats, Les informations figurant sur ce site ne constituent pas un avis juridique. Source : accord entre la France et la Suisse du 11 avril 1983 relatif à l'imposition des rémunérations des travailleurs frontaliers et échange de lettres des 25 avril et 8 juin 1984 ; convention du 9 septembre 1966 modifiée ; avenant du 27 juin 2023 ; accords amiables des 22 décembre 2022, 30 juin 2023 et 29 avril 2026, publiés sur impots.gouv.fr.
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