Binationaux franco-américains
Imposés par la France en tant que résidents et par les États-Unis en tant que citoyens : c'est la situation où la convention est la plus technique.
La convention répartit entre la France et les États-Unis le droit d'imposer chaque revenu et organise un crédit d'impôt pour éviter la double imposition. Mais les États-Unis imposent leurs citoyens où qu'ils vivent : pour un binational ou une US person installée en France, la convention ne joue pas comme pour un expatrié ordinaire.
La convention du 31 août 1994, modifiée en 2004 et 2009, détermine d'abord l'État de résidence de la personne (article 4), puis attribue à chaque État le droit d'imposer chaque catégorie de revenu. Pour un résident de France, les revenus de source américaine imposables aux États-Unis sont aussi déclarés en France, qui accorde un crédit d'impôt (article 24).
Les États-Unis gardent le droit d'imposer leurs citoyens où qu'ils vivent (article 29, paragraphe 2), sous réserve des avantages que le paragraphe 3 préserve, dont l'élimination de la double imposition de l'article 24. Un Américain installé en France relève donc, le plus souvent, des deux administrations. La convention organise alors des crédits croisés : la France accorde en règle générale un crédit égal à l'impôt français sur les revenus de source américaine imposables aux États-Unis, un crédit égal à l'impôt américain sur les dividendes, intérêts, redevances et quelques autres revenus, et étend le premier crédit, pour le citoyen américain, à une liste de revenus définie au b du paragraphe 1 ; les États-Unis accordent de leur côté un crédit pour l'impôt français payé après ces crédits. L'extension propre au citoyen américain suppose qu'il justifie avoir rempli ses obligations fiscales fédérales.
Convention fiscale France / États-Unis du 31 août 1994, articles 4, 24 et 29, version consolidée publiée sur impots.gouv.fr.
Une convention se lit avec les décisions qui l'ont appliquée. Celles-ci reviennent dans les dossiers du cabinet, de la résidence au crédit d'impôt.
L'article 29, paragraphe 2, permet aux États-Unis d'imposer leurs résidents et leurs citoyens comme si la convention n'existait pas, sauf pour une liste d'avantages qu'il préserve, parmi lesquels les règles sur les pensions de l'article 18, paragraphe 1, et l'élimination de la double imposition de l'article 24. Il permet aussi d'imposer, pendant dix ans, les anciens citoyens et anciens résidents de longue durée sur leurs revenus de source américaine, selon le droit interne américain.
Pour éviter que le citoyen américain résident de France ne paie deux fois, l'article 24 organise un mécanisme croisé. La France accorde un crédit égal à l'impôt français sur certains revenus de source américaine limitativement définis : dividendes, intérêts et redevances payés par certains débiteurs américains (collectivités publiques, sociétés cotées faisant l'objet de transactions régulières, sociétés à l'actionnariat dispersé, résidents américains dont les revenus sont pour l'essentiel de source américaine), gains tirés de la cession des biens produisant ces revenus, gains sur les marchés américains d'options et de contrats à terme, pensions alimentaires et rentes viagères. Les États-Unis accordent ensuite un crédit pour l'impôt français effectivement supporté, dans les limites et selon les règles de source prévues par la convention.
Ce crédit français n'est acquis que si l'intéressé prouve qu'il a satisfait à ses obligations relatives à l'impôt fédéral américain. Pour une US person qui n'a jamais déposé de déclaration américaine, la régularisation précède donc l'application de la convention.
Une convention fiscale n'efface pas l'impôt : elle répartit le droit d'imposer et organise un crédit. Ses avantages se réclament, se documentent et se déclarent. Une retenue à la source trop élevée aux États-Unis, un crédit d'impôt non revendiqué en France ou une résidence mal établie suffisent à créer une double imposition que le texte devait éviter.
La relation franco-américaine a en outre une singularité : les États-Unis imposent leurs citoyens et les titulaires de la carte verte sur leurs revenus mondiaux, où qu'ils résident. La convention en tient compte par des règles propres aux citoyens américains résidents de France, qui ne se comprennent qu'en lisant ensemble ses articles 24 et 29.
Imposés par la France en tant que résidents et par les États-Unis en tant que citoyens : c'est la situation où la convention est la plus technique.
Résidents fiscaux français dès leur installation, ils restent dans le champ de l'impôt américain.
Revenus et biens restés en France, départ et éventuelle exit tax, retour en France.
Pensions américaines perçues en France, pensions françaises perçues aux États-Unis : la convention fixe un seul État d'imposition.
Dividendes, intérêts et plus-values entre les deux pays, immobilier détenu de part et d'autre.
Rémunérations, plans d'actions américains, cotisations à des régimes de retraite de l'autre État.
En France, sur vos revenus mondiaux, en tant que résident. Les États-Unis vous imposent aussi en tant que citoyen. La convention évite la double imposition par des crédits d'impôt croisés : la France renonce à imposer certains revenus de source américaine, et les États-Unis accordent un crédit pour l'impôt français effectivement payé, dans les limites prévues. Vous déposez donc deux déclarations, coordonnées.
Selon l'article 18 de la convention, une pension versée par un régime de retraite constitué aux États-Unis à un résident de France n'est imposable qu'aux États-Unis, y compris lorsqu'elle est versée en capital. La France la retient pour déterminer le taux applicable à vos autres revenus, avec un crédit égal à l'impôt français correspondant. Le traitement exact dépend de la documentation du plan et de la nature des sommes retirées.
Pour un résident de France qui n'est pas citoyen américain, les États-Unis peuvent en principe prélever au plus 15 % à la source (des règles propres s'appliquent à certains fonds, notamment immobiliers), et la France accorde un crédit égal à cet impôt américain, dans la limite de l'impôt français. Encore faut-il que le taux réduit ait été appliqué par l'établissement américain, ce qui suppose les formulaires adéquats.
Pas nécessairement. La France ne considère un titulaire de la carte verte comme résident des États-Unis au sens de la convention que s'il y séjourne à titre principal, ou s'il y serait résident plutôt que d'un État tiers. Si vous vivez en France, vous êtes résident de France pour la convention, même si les États-Unis continuent de vous imposer.
Non : les successions et donations relèvent d'une autre convention, celle du 24 novembre 1978. Nous la détaillons sur notre page succession franco-américaine.
Non. Le cabinet traite le volet français et l'application de la convention, et travaille avec le préparateur américain du client, ou en recommande un, pour que les deux déclarations soient cohérentes.
L'atlas des conventions fiscales : texte, articles et avenants, avec le pays présélectionné.
Voir la page SuccessionLe tableau des conventions successorales de la France, pays par pays : territorialité, crédits d'impôt, holdings.
Voir la page Guide401(k), IRA, Roth, Social Security, assurance-vie et PEA : qui impose, selon la convention.
Voir la page PôleLe volet français d'une situation entre la France et les États-Unis.
Voir la page GuideObligations déclaratives, FATCA et comptes bancaires.
Voir la page GuideLa convention de 1978, le domicile du défunt et le conjoint survivant.
Voir la pagePremier échange confidentiel. Le cabinet analyse le volet français et l'application de la convention, en lien avec votre conseil américain.
© BENSAID Avocats, Les informations figurant sur ce site ne constituent pas un avis juridique. Source : convention fiscale entre la France et les États-Unis du 31 août 1994, version consolidée par les avenants du 8 décembre 2004 et du 13 janvier 2009, publiée sur impots.gouv.fr.
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