Famille italienne installée en France
Défunt domicilié en France, biens de famille restés en Italie : maison, terrains, parts de société.
Entre la France et l'Italie, une convention propre aux successions et aux donations répartit le droit de taxer chaque bien. Sa règle la plus singulière concerne les titres et les créances : ils sont taxables là où la société émettrice ou le débiteur est domicilié, et non seulement dans l'État du défunt.
La convention du 20 décembre 1990, en vigueur pour les successions ouvertes et les donations faites depuis le 1er avril 1995, s'applique lorsque le défunt ou le donateur était domicilié en France ou en Italie. L'État du domicile taxe selon son droit interne, souvent sur l'ensemble des biens. L'autre État peut aussi taxer les immeubles situés sur son territoire, les biens d'un établissement stable, et les valeurs mobilières et créances qui y sont situées (articles 5 à 8).
L'État du domicile déduit alors de son impôt l'impôt payé dans l'autre État sur ces biens, dans la limite de la part de son propre impôt qui leur correspond (article 11). Les autres biens, meubles, objets d'art ou bijoux par exemple, ne sont taxables que dans l'État du domicile (article 9).
Convention France / Italie du 20 décembre 1990 en matière d'impôts sur les successions et les donations, articles 1er, 5 à 9 et 11, texte publié sur impots.gouv.fr.
Une personne est domiciliée dans un État lorsque sa succession y est taxée en raison de son domicile, de sa résidence ou d'un critère analogue. Si elle l'est dans les deux, elle est rattachée, dans l'ordre, au foyer d'habitation permanent, au centre des intérêts vitaux, au séjour habituel, puis à la nationalité (article 4).
Pour les successions, et non pour les donations, le protocole ajoute une règle propre à cette convention. Une personne qui, au moment de son décès, était regardée comme domiciliée dans chacun des deux États, avait la nationalité de l'un sans avoir celle de l'autre, avait l'intention manifeste de conserver son domicile dans l'État de sa nationalité, et n'a été domiciliée dans l'autre État que moins de cinq ans au total au cours des sept ans précédant son décès, est réputée domiciliée dans le seul État de sa nationalité. Un Italien installé en France depuis quatre ans peut ainsi relever de la seule Italie, à condition de pouvoir démontrer cette intention.
La convention ne joue que si le défunt était domicilié en France ou en Italie. S'il vivait dans un État tiers, elle ne s'applique pas : sous réserve d'une autre convention applicable, un héritier domicilié en France au jour de la transmission peut alors être taxé en France sur les biens reçus selon l'article 750 ter, 3° du CGI, s'il y a eu son domicile fiscal pendant au moins six ans au cours des dix années précédant celle de la transmission.
Entre la France et l'Italie, les litiges successoraux portent sur la preuve du domicile. Les retraites et la résidence en matière d'impôt sur le revenu relèvent de la convention de 1989, qui a ses propres décisions.
Les deux États taxent souvent la même succession : l'État du domicile selon son droit, en général sur tout le patrimoine, l'autre sur ce qui est situé chez lui. La convention ne fait disparaître aucune de ces taxations ; elle oblige l'État du domicile à déduire l'impôt payé ailleurs, et seulement pour les biens qu'elle permet à l'autre État de taxer.
Cette convention s'écarte du modèle courant sur un point décisif. Les actions, obligations et créances sont taxables dans l'État où la société émettrice ou le débiteur est domicilié. Un portefeuille d'actions de sociétés domiciliées en Italie, détenu par un défunt domicilié en France, peut donc être taxé en Italie, puis en France avec un crédit plafonné, même s'il est logé dans une banque française. L'ordre de grandeur des droits dans chaque pays, et la question du crédit, se préparent avant le décès, pas après.
Défunt domicilié en France, biens de famille restés en Italie : maison, terrains, parts de société.
Appartement à Paris, villa sur la Côte d'Azur, parfois détenus par une SCI.
Actions et obligations italiennes ou françaises, détenues de l'autre côté de la frontière.
La convention vise aussi les donations : la transmission de son vivant obéit aux mêmes règles de répartition.
Enfants vivant en France, en Italie ou ailleurs : le domicile de l'héritier peut faire entrer en jeu le droit français.
L'Italie peut taxer la maison, située sur son territoire (article 5). La France, État du domicile, taxe l'ensemble de la succession, maison comprise, et déduit l'impôt italien payé sur la maison, dans la limite de la part de l'impôt français qui correspond à ce bien (article 11).
Oui. L'article 8 rend les valeurs mobilières émises par une société domiciliée en France taxables en France, peu importe où elles sont déposées ou cotées ; si la société est à prépondérance immobilière française, c'est l'article 5 qui s'applique, avec le même résultat. L'Italie, État du domicile, taxe aussi selon son droit et déduit l'impôt français payé, dans la limite de la part de son propre impôt correspondant à ces titres.
Oui, à l'égard de la France, lorsque l'actif de la société est principalement constitué d'immeubles situés en France (article 5, paragraphe 3). Ses parts sont taxables en France comme le serait l'immeuble lui-même.
Oui, aux donations faites par une personne domiciliée en France ou en Italie au moment de la donation, avec les mêmes règles de répartition et de crédit que pour les successions. Seule la règle du protocole sur le domicile temporaire est propre aux successions.
Il relève de la convention du 5 octobre 1989, que nous détaillons sur notre page convention fiscale France / Italie.
Oui. Le cabinet traite le volet fiscal français et l'application de la convention, et se coordonne avec le notaire ou le conseil italien de la famille pour que les deux déclarations de succession soient cohérentes.
L'atlas des conventions fiscales : texte, articles et avenants, avec le pays présélectionné.
Voir la page SuccessionLe tableau des conventions successorales de la France, pays par pays : territorialité, crédits d'impôt, holdings.
Voir la page PôleVue d'ensemble des situations entre la France et l'Italie.
Voir la page GuideImpôt sur le revenu : résidence, pensions, dividendes, crédit d'impôt.
Voir la page GuideL'impôt substitutif des nouveaux résidents, et ce qu'il change côté français.
Voir la page GuideObligations déclaratives d'un ressortissant italien résident de France.
Voir la pagePremier échange confidentiel. Le cabinet analyse le volet français et l'application de la convention, en lien avec le notaire italien.
© BENSAID Avocats, Les informations figurant sur ce site ne constituent pas un avis juridique. Source : convention entre la France et l'Italie du 20 décembre 1990 en matière d'impôts sur les successions et les donations, et son protocole, publiés sur impots.gouv.fr.
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