Dirigeants expatriés
Président, directeur général ou administrateur d'une société française installé à Hong Kong : jours travaillés en France et jetons de présence.
L'accord de 2010 couvre les impôts sur le revenu et sur la fortune. Il plafonne à 10 % les retenues françaises sur les dividendes, intérêts et redevances, mais il réserve à la France les participations de 25 % dans des sociétés françaises, les immeubles et l'IFI. Les successions restent hors de tout accord.
Signé à Paris le 21 octobre 2010 et entré en vigueur le 1er décembre 2011, l'accord s'applique en France aux revenus de 2012 et des années suivantes ; la convention multilatérale de l'OCDE le complète. Il désigne l'État de résidence (article 4 et protocole), puis répartit les revenus : salaire imposé là où le travail est accompli, retenue française plafonnée à 10 % sur les dividendes, intérêts et redevances, immeubles et sociétés à prépondérance immobilière imposables en France, comme la cession d'une participation d'au moins 25 % dans une société française, retraites imposables dans l'État d'où elles proviennent.
Pour un résident de France, les revenus imposables à Hong Kong sont pris en compte en France avec un crédit d'impôt (article 22) : égal à l'impôt français pour les salaires imposés à Hong Kong, égal à l'impôt payé à Hong Kong, dans la limite de l'impôt français, pour les dividendes, intérêts, redevances, plus-values immobilières et jetons de présence. L'accord vise aussi la fortune : l'IFI d'un résident de Hong Kong porte sur ses immeubles français. Il ne vise pas les successions.
Accord fiscal France / Hong Kong du 21 octobre 2010 et protocole, articles 2, 4, 10 à 13, 17, 21 et 22, et version consolidée avec la convention multilatérale publiée sur impots.gouv.fr ; BOI-INT-CVB-HKG.
La résidence (article 4 et protocole, point 5). Est résidente de Hong Kong la personne physique qui y a sa résidence habituelle, ou qui y séjourne plus de 180 jours au cours d'une année d'imposition, ou plus de 300 jours sur deux années d'imposition consécutives dont l'année considérée ; une société l'est si elle y est constituée ou si elle y est normalement dirigée ou contrôlée. Le principe de territorialité de l'impôt hongkongais n'empêche pas d'être résident. En cas de double résidence, priment le foyer d'habitation permanent, puis le centre des intérêts vitaux, puis le séjour habituel, puis la nationalité française ou le droit de séjour à Hong Kong ; à défaut, les deux administrations tranchent d'un commun accord.
Le départ doit être réel. La France reste l'État de domicile tant qu'un critère de l'article 4 B du CGI y est rempli : foyer ou séjour principal, activité professionnelle principale, centre des intérêts économiques. Les dirigeants d'entreprises dont le siège est en France et dont le chiffre d'affaires dépasse 250 millions d'euros sont présumés y exercer leur activité principale.
Le salaire (article 14). Il est imposable dans l'État où le travail est physiquement accompli. Le dirigeant résident de Hong Kong rémunéré par une société française n'est imposable en France que sur la fraction correspondant à ses jours de travail en France, avec la retenue de l'article 182 A du CGI (12 % puis 20 %, selon les seuils annuels de 17 275 et 50 112 euros en vigueur en 2026), libératoire pour la fraction du salaire qui n'excède pas la limite d'application du taux minimum de 20 % (article 197 B), et imputée au-delà sur l'impôt calculé selon l'article 197 A. L'exception des 183 jours suppose notamment que l'employeur ne soit pas résident de l'État d'exercice et que la rémunération soit imposable dans l'État de résidence selon sa législation.
Les jetons de présence (article 15). Les rétributions perçues en qualité de membre du conseil d'administration ou de surveillance d'une société française sont imposables en France, où elles supportent une retenue de 12,8 % pour une personne physique (articles 117 bis, 119 bis et 187 du CGI) ; elles ouvrent droit à un crédit d'impôt dans l'autre État. La rémunération de fonctions de direction relève en principe de l'article 14.
L'accord de 2010 vise le revenu et la fortune, pas les successions ni les donations, et aucune autre convention ne lie la France et Hong Kong en cette matière. Hong Kong a supprimé ses droits de succession en 2006 : il n'y a donc, en règle générale, aucun impôt local à imputer, et la France applique pleinement l'article 750 ter du CGI.
Défunt domicilié en France (1°) : tous les biens, situés en France ou à l'étranger, y compris un appartement ou un portefeuille à Hong Kong. Défunt domicilié à Hong Kong (2°) : les seuls biens français, notion large qui comprend les immeubles détenus directement ou par des sociétés contrôlées à plus de 50 % par le défunt et sa famille, les titres de sociétés françaises, les actions de sociétés étrangères non cotées à prépondérance immobilière française et les créances sur des débiteurs établis en France. Héritier domicilié en France (3°) depuis au moins six des dix années précédentes : tout ce qu'il reçoit, quel que soit le domicile du défunt.
Les droits se calculent au barème de l'article 777 du CGI (de 5 % à 45 % en ligne directe), après un abattement de 100 000 euros par parent et par enfant (article 779), les donations des quinze dernières années étant rapportées (article 784). Un impôt étranger éventuel ne s'impute que dans les cas du 1° et du 3°, sur les seuls biens situés hors de France (article 784 A).
Assurance-vie. Pour les primes versées avant 70 ans, le prélèvement de l'article 990 I s'applique si l'assuré est domicilié en France au décès, ou si le bénéficiaire l'est au décès et l'a été au moins six des dix années précédentes : abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 euros de part taxable et 31,25 % au-delà. Les primes versées après 70 ans relèvent des droits de succession, après un abattement global de 30 500 euros (article 757 B). Voir notre page assurance-vie et transmission internationale.
Loi civile. Un juge français applique le règlement européen sur les successions (loi de la dernière résidence habituelle, sauf choix de la loi nationale) ; Hong Kong applique ses propres règles de conflit de lois. Des testaments cohérents dans les deux juridictions évitent les blocages. Nous organisons ces transmissions dans le cadre de notre planification successorale.
L'accord du 21 octobre 2010 est récent, et ses décisions portent surtout sur la résidence des Français partis à Hong Kong.
Cas 1, dividendes d'une société française. Un résident de Hong Kong perçoit 100 000 euros de dividendes. La retenue de droit interne de 12,8 % est ramenée à 10 % : 10 000 euros au lieu de 12 800 euros. Si les titres sont détenus par une société de Hong Kong, le taux interne de 25 % est ramené à 10 %, soit 10 000 euros au lieu de 25 000 euros, à condition qu'elle soit le bénéficiaire effectif, qu'elle ne relève pas d'un régime offshore exclu par le protocole et que l'avantage ne soit pas l'un des objets principaux du montage.
Cas 2, cession d'une participation de 30 %. Un fondateur installé à Hong Kong depuis trois ans vend 30 % d'une SAS française et réalise une plus-value de 2 000 000 euros. La participation dépasse 25 % : l'accord laisse la France imposer (article 13, paragraphe 3) et le droit interne applique le prélèvement libératoire de 12,8 % de l'article 244 bis B, soit 256 000 euros, avec une restitution possible, sur réclamation, de la part qui excède l'impôt calculé au barème selon l'article 197 A. Avec 20 % du capital, détenus en famille depuis toujours, seul Hong Kong aurait le droit d'imposer.
Cas 3, IFI d'un appartement parisien. Un résident de Hong Kong détient un appartement à Paris d'une valeur nette de 2 000 000 euros, et aucun autre bien immobilier en France. L'IFI est dû : 0,50 % de 800 000 à 1 300 000 euros, soit 2 500 euros, puis 0,70 % jusqu'à 2 000 000 euros, soit 4 900 euros. Total : 7 400 euros par an. Ses placements financiers ne sont pas taxables.
Cas 4, succession d'un père installé à Hong Kong. Un père domicilié à Hong Kong laisse un appartement parisien de 1 500 000 euros et un portefeuille à Hong Kong à ses deux enfants, eux aussi installés à Hong Kong depuis plus de dix ans. La France ne taxe que l'appartement (article 750 ter, 2°) : 650 000 euros taxables par enfant après abattement, soit 137 962 euros de droits chacun et 275 924 euros au total. Le portefeuille de Hong Kong n'est pas taxable en France ; il le serait si l'un des enfants était domicilié en France depuis au moins six des dix dernières années.
Hong Kong n'impose que les revenus qui y trouvent leur source, et ne taxe ni les dividendes, ni les plus-values de cession de titres, ni les successions. L'accord de 2010 en tire les conséquences : il réduit les retenues françaises à 10 %, mais il permet à la France d'imposer la cession d'une participation d'au moins 25 % dans une société française, les retraites de source française et, faute d'impôt à Hong Kong, certains éléments de fortune. Il refuse en outre ses avantages au résident qui exerce dans une zone franche ou bénéficie d'un régime fiscal extraterritorial (protocole, point 1).
L'accord vise aussi l'impôt sur la fortune. L'IFI d'un résident de Hong Kong reste dû sur ses immeubles français et ses sociétés à prépondérance immobilière française. Les successions, elles, ne relèvent d'aucun accord : la France applique seule l'article 750 ter du CGI, et Hong Kong ne perçoit plus de droits de succession. Attention enfin à ne pas confondre : la convention conclue avec la Chine ne s'applique pas à Hong Kong (BOI-INT-CVB-CHN, § 110).
Président, directeur général ou administrateur d'une société française installé à Hong Kong : jours travaillés en France et jetons de présence.
Cession d'une participation d'au moins 25 % dans une société française : imposable en France malgré le départ.
Dividendes de filiales françaises à 10 %, sous réserve de la substance, du régime offshore et de la clause anti-abus.
Loyers, plus-values et IFI restent français, y compris par l'intermédiaire de sociétés.
Retraites françaises imposables en France même après une installation à Hong Kong ; pensions publiques réservées à la France.
Succession taxée en France sans convention ni impôt local à imputer.
Oui, sur les revenus que l'accord laisse à la France : loyers et plus-values d'immeubles français, salaire des jours travaillés en France, jetons de présence, retraites de source française, retenue de 10 % sur les dividendes, plus-value de cession d'une participation d'au moins 25 % dans une société française. Il dépose alors une déclaration de non-résident et reste soumis à l'IFI sur ses immeubles français au-delà de 1,3 million d'euros.
10 % au plus, pour une personne physique comme pour une société, au lieu de 12,8 % ou 25 % en droit interne, sur justification de la résidence du bénéficiaire effectif. Une société de Hong Kong doit en outre avoir une réelle substance et ne pas relever d'un régime offshore. Voir notre page retenue à la source sur les dividendes.
Oui si vous détenez, seul ou avec des personnes apparentées, au moins 25 % des bénéfices de la société : la France applique alors un prélèvement de 12,8 % sur la plus-value (article 244 bis B du CGI). En deçà, et si la société n'est pas à prépondérance immobilière française, seul Hong Kong peut imposer, et il n'impose pas ces gains. L'exit tax éventuellement constatée au départ suit ses propres règles.
L'accord vise l'impôt de solidarité sur la fortune et les impôts analogues qui l'ont remplacé ; l'administration demande d'examiner au cas par cas son application à l'IFI. En pratique, il laisse de toute façon à la France les immeubles français et les sociétés à prépondérance immobilière française : un résident de Hong Kong est imposable à l'IFI sur ces biens lorsque leur valeur nette dépasse 1,3 million d'euros.
Oui. L'accord laisse les pensions privées à l'État d'où elles proviennent (article 17) : votre retraite française supporte la retenue à la source de l'article 182 A du CGI, imputée sur l'impôt dû en France. Une pension de fonctionnaire n'est imposable qu'en France. Hong Kong accorde, le cas échéant, un crédit pour l'impôt français.
La France taxe ses biens français, et la totalité de ce que vous recevez si vous êtes domicilié en France depuis au moins six des dix années précédant le décès. Aucune convention ne limite cette imposition, et Hong Kong ne perçoit plus de droits de succession depuis 2006 : il n'y a pas d'impôt étranger à imputer. L'abattement est de 100 000 euros par enfant.
Non. La convention conclue avec la République populaire de Chine ne s'applique ni à Hong Kong ni à Macao (BOI-INT-CVB-CHN, § 110). Les résidents de Hong Kong relèvent exclusivement de l'accord du 21 octobre 2010, qui a ses propres taux et sa propre règle sur les participations de 25 %.
L'atlas des conventions fiscales : texte, protocole et version consolidée, avec le territoire présélectionné.
Voir la page GuideL'article 167 bis du CGI au départ de France : seuils, sursis et dégrèvement.
Voir la page AnalyseL'immobilier français détenu par des sociétés étrangères reste dans l'assiette.
Voir la page GuideTaux, formulaires et restitution pour les non-résidents.
Voir la page GuideLa convention de 2015 : dirigeants, dividendes, plus-values et succession sans convention.
Voir la page PôleObligations françaises des contribuables établis hors de France.
Voir la pagePremier échange confidentiel. Le cabinet analyse le volet français, l'application de l'accord et la transmission, en lien avec votre conseil à Hong Kong.
© BENSAID Avocats, Les informations figurant sur ce site ne constituent pas un avis juridique. Source : accord entre la France et la Région administrative spéciale de Hong Kong du 21 octobre 2010 et son protocole, et version consolidée avec la convention multilatérale publiée sur impots.gouv.fr ; BOI-INT-CVB-HKG ; code général des impôts.
Aucun créneau ne vous convient ? Décrivez-nous votre situation, le cabinet vous rappelle.