Expatrié qui garde son logement
Un Français installé à l'étranger loue ou conserve sa résidence en France : revenus fonciers, puis, à la vente, exonération possible de la résidence principale transférée dans le délai légal.
Loyers, vente, impôt sur la fortune immobilière, parts de société : un bien situé en France reste imposable en France, quel que soit le lieu de résidence du propriétaire. Le cabinet organise la détention, la déclaration et la sortie, avec le représentant fiscal lorsque la vente l'exige.
Trois, selon l'événement. Les loyers sont imposés en France comme revenus fonciers, au taux minimum de 20 % puis 30 % sauf si le taux moyen est plus favorable (CGI, art. 197 A). La vente donne lieu à un prélèvement de 19 % sur la plus-value pour une personne physique, acquitté lors de l'enregistrement de l'acte sous la responsabilité d'un représentant fiscal accrédité, sauf pour les cédants établis dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen sous conditions d'assistance administrative (CGI, art. 244 bis A). La détention est soumise à l'impôt sur la fortune immobilière au-delà du seuil légal. Les prélèvements sociaux s'y ajoutent, à un taux qui dépend de l'affiliation à la sécurité sociale.
Les conventions fiscales peuvent déplacer le droit d'imposer. Pour l'immobilier, elles laissent en principe l'imposition à l'État de situation du bien : la France.
CGI, art. 197 A et 244 bis A ; CGI, art. 150 U et 150 VC.
Le principe. Sous réserve des conventions internationales, les plus-values réalisées par les non-résidents lors de la cession de biens immobiliers ou de droits portant sur ces biens sont soumises à un prélèvement (CGI, art. 244 bis A, I). Pour les personnes physiques, ainsi que pour les associés personnes physiques de sociétés dont les bénéfices sont imposés à leur nom, le taux est de 19 % (III bis). Les personnes morales sont soumises au taux de l'impôt sur les sociétés, sur une plus-value calculée sans abattement de durée de détention mais avec une réduction du prix d'acquisition de 2 % par année entière pour les immeubles bâtis (III) ; celles de l'Union européenne ou de l'EEE qui remplissent les conditions d'assistance relèvent des règles d'assiette et de taux de l'impôt sur les sociétés applicables aux sociétés françaises.
Le calcul. Pour un contribuable à l'impôt sur le revenu, la plus-value se détermine comme pour un résident : prix de cession diminué des frais, prix d'acquisition majoré des frais et travaux, abattement pour durée de détention (CGI, art. 244 bis A, II, renvoyant aux articles 150 U, 150 UB et 150 V à 150 VE). L'exonération de l'impôt sur le revenu est acquise après vingt-deux ans de détention et celle des prélèvements sociaux après trente ans (CGI, art. 150 VC).
Le paiement et le représentant fiscal. L'impôt est acquitté lors de l'enregistrement de l'acte ou, à défaut d'enregistrement, dans le mois suivant la cession, sous la responsabilité d'un représentant établi en France et accrédité par l'administration (CGI, art. 244 bis A, IV). L'obligation de désigner un représentant ne s'applique pas lorsque le cédant est domicilié, établi ou constitué dans un État membre de l'Union européenne ou de l'EEE ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative et une convention d'assistance au recouvrement (IV bis). Pour une société de personnes, l'appréciation se fait associé par associé.
Les exonérations. Le non-résident, ressortissant d'un État de l'Union européenne ou de l'EEE ayant conclu une convention d'assistance administrative, qui a été fiscalement domicilié en France de manière continue pendant au moins deux ans à un moment quelconque avant la vente, est exonéré dans la limite d'une résidence et de 150 000 € de plus-value nette imposable, si la vente a lieu au plus tard le 31 décembre de la dixième année suivant son départ, ou sans condition de délai s'il a la libre disposition du bien depuis au moins le 1er janvier de l'année précédant la cession (CGI, art. 150 U, II, 2°). Le propriétaire qui quitte la France peut en outre vendre sa résidence principale en France sans prélèvement s'il part vers un État membre de l'Union européenne, ou vers un État qui a conclu avec la France les conventions d'assistance administrative et de recouvrement exigées et n'est pas un État ou territoire non coopératif, vend au plus tard le 31 décembre de l'année suivant son départ et n'a pas mis le bien à la disposition de tiers entre-temps (CGI, art. 244 bis A, I, 1). Le texte interdit le cumul de ces deux exonérations dans les deux sens (CGI, art. 244 bis A, I, 1 et II, 1°). Le seuil de 15 000 € de prix de cession exonère aussi les petites cessions (CGI, art. 150 U, II, 6°).
Les droits sur des sociétés. Le prélèvement vise aussi la cession de parts ou d'actions de sociétés non cotées dont l'actif est, à la clôture des trois exercices précédents, principalement constitué directement ou indirectement d'immeubles ou de droits immobiliers situés en France (CGI, art. 244 bis A, I, 3, h). Une société étrangère qui détient un immeuble en France est donc dans le champ.
Le prélèvement se discute devant le juge sur le prix et sur la manière dont l'administration le recouvre. Ces deux décisions fixent des repères.
Un non-résident n'est imposable en France que sur ses revenus de source française. L'immobilier en est le premier exemple : loyers d'un bien situé en France, plus-value de sa vente, parts de sociétés qui le détiennent. Le non-résident ne choisit ni le lieu ni le calendrier de ces impositions, mais il choisit la manière de détenir le bien, le moment de la vente et la façon de la préparer.
Ce que le cabinet vérifie d'abord : la date et le prix d'acquisition, les frais et travaux justifiables, la durée de détention, la qualité de ressortissant européen du vendeur, ses années de résidence en France, et le mode de détention (en direct, par une société civile immobilière, par une société étrangère). De ces éléments dépendent l'exonération éventuelle, le représentant fiscal et la liquidation de l'impôt à l'acte.
Un Français installé à l'étranger loue ou conserve sa résidence en France : revenus fonciers, puis, à la vente, exonération possible de la résidence principale transférée dans le délai légal.
Achat en direct ou par société, location meublée ou nue, vente après quelques années : le calcul de la plus-value et le représentant fiscal se préparent à l'achat.
Ancien résident de France depuis au moins deux ans : exonération de 150 000 € de plus-value sur un logement, sous conditions de délai ou de libre disposition.
Un immeuble reçu en succession et vendu : la valeur déclarée devient le prix d'acquisition ; le prélèvement se calcule sur l'écart avec le prix de vente.
SCI française à l'impôt sur le revenu, ou société étrangère : le prélèvement et les autres taxes se déterminent au niveau des associés ou de la société selon le cas.
Oui, en principe : l'impôt est acquitté à l'acte sous la responsabilité d'un représentant établi en France et accrédité (CGI, art. 244 bis A, IV). L'obligation ne s'applique pas lorsque le cédant est domicilié, établi ou constitué dans un État de l'Union européenne ou de l'EEE lié à la France par les conventions d'assistance administrative et de recouvrement exigées par le texte (IV bis).
19 % pour une personne physique, en plus des prélèvements sociaux, après abattement pour durée de détention (CGI, art. 244 bis A, III bis, et art. 150 VC). Une personne morale est soumise à un taux lié à l'impôt sur les sociétés.
Dans deux cas : lorsqu'il vend la résidence principale qu'il occupait au moment de son départ dans le délai et aux conditions de l'article 244 bis A, I, 1 ; ou, s'il est ressortissant de l'Union européenne ou de l'EEE et a été domicilié en France deux ans de façon continue à un moment quelconque avant la vente, dans la limite de 150 000 € de plus-value nette et d'un logement (CGI, art. 150 U, II, 2°). Le texte interdit de cumuler les deux.
Ils sont imposés au moins au taux de 20 %, puis de 30 % au-delà de la limite de la deuxième tranche du barème, sauf si le contribuable justifie d'un taux moyen inférieur sur l'ensemble de ses revenus (CGI, art. 197 A).
Oui si la valeur nette taxable des biens et droits immobiliers situés en France dépasse 1,3 M€ au 1er janvier. Les parts de sociétés se prennent en compte à proportion de la valeur de l'immobilier français qu'elles détiennent.
Pour les revenus et plus-values d'un immeuble, les conventions laissent en principe l'imposition à l'État où il est situé. Elles jouent surtout sur l'élimination de la double imposition dans le pays de résidence. Le texte exact se lit dans l'atlas du cabinet.
Résidence fiscale, revenus imposables, conventions : la vue d'ensemble.
Voir la page DéclarationLa déclaration annuelle, le taux minimum et le taux moyen.
Voir la page PôleDomiciliation fiscale, représentation, conventions, expatriation.
Voir la page Plus-valuesLe calcul de la plus-value et ses exonérations pour un résident.
Voir la page SociétésÉtablissement stable, TVA, retenues et obligations déclaratives.
Voir la page OutilLes conventions de la France article par article, pays par pays.
Voir la pagePremier échange confidentiel avec Jonathan Bensaid, avocat aux barreaux de Paris et de Genève, qui accompagne les propriétaires non-résidents.
© BENSAID Avocats. Les informations figurant sur ce site ne constituent pas un avis juridique. Sources : CGI, art. 150 U, 150 VC, 197 A, 244 bis A, 964 et suivants, 990 D et suivants ; Conseil d'État, 24 février 2026, n° 496482 ; CAA de Paris, 29 mai 2026, n° 25PA01835. État du droit au 6 octobre 2026.
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